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S’il n’est plus connu que de quelques initiés, c’est qu’il a été injustement oublié. Henri Charlier (1883-1975) a pourtant eu son heure de gloire comme sculpteur et a ébauché une carrière de peintre. Une exposition lui rend hommage cet été dans la Manche, à l’initiative du centre culturel de l’abbaye de La Lucerne.
« On peut dire sans exagérer que ce sera la plus grande exposition d’œuvres jamais réalisée sur cet artiste. » Du 18 juillet au 16 août, l’abbaye de La Lucerne présentera des œuvres d’Henri Charlier, dont certaines n’ont jamais été exposées au grand public. Cet événement entre dans le cadre du traditionnel « Festival Mission », que l’abbaye organise depuis une dizaine d’années.
Un grand sculpteur
Henri Charlier est une figure assez méconnue aujourd’hui. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Dans son livre L’Art chrétien en France au XXᵉ siècle, publié en 1925, Maurice Brillant disait de lui : « Ne nous y trompons pas : il est un des plus grands sculpteurs de notre époque, et on ne tardera pas à s’en apercevoir. » Pour le père Henri Lapèze-Charlier, moine du Barroux, petit-neveu de l’artiste et auteur de la biographie de référence Henri Charlier, peintre et sculpteur, « Henri Charlier a eu une certaine réputation jusque dans les années 60. Mais, il n’allait pas dans le sens du courant. Tandis que de nombreux artistes préféraient le “jamais vu” et l’absence de forme, Henri Charlier a souhaité conserver l’art figuratif qu’il avait travaillé toute sa vie. Le public a suivi les nouveaux artistes, et a oublié les autres. » Pourtant, Henri Charlier a marqué une époque de l’art chrétien. Au début du XXᵉ siècle, plusieurs grands peintres et sculpteurs cherchèrent à retrouver un art plus inspiré, plus spirituel. Quatre figures illustrent ce mouvement : Paul Gauguin, Vincent Van Gogh, Paul Cézanne et Auguste Rodin.
La réforme des arts
Dans ses recherches, Henri Charlier a découvert ces artistes. Il travaillera même avec Rodin, en tant que fresquiste. Il collaborera également avec Antoine Bourdelle, disciple de Rodin. « Henri Charlier a cherché à compléter la réforme des arts qu’avaient commencée Gauguin, Cézanne, Rodin et Van Gogh, continue le père Henri. Ces artistes recherchaient la couleur et la forme. Il a poursuivi leur œuvre, en l’adaptant à l’art chrétien. » Cette « réforme de l’art », Henri Charlier ne l’a pas simplement réalisée par ses œuvres, il l’a également théorisée par ses écrits. Trois ouvrages concrétisent des années…







