Lors de la récitation de l’Angélus du 12 juillet dernier, Léon XIV a commenté dans son allocution l’évangile de saint Matthieu et particulièrement la parabole du semeur.
À la récitation de l’Angélus de dimanche dernier, le Pape a commenté la parabole du semeur selon le récit de saint Matthieu.
Cette parabole nous décrit la générosité et la confiance avec lesquelles Dieu répand sa Parole dans nos cœurs et sa puissance en nous. Jésus lui-même, le Verbe fait homme qui a donné sa vie pour notre salut, est le grain que le Père continue de semer dans le monde afin que, en mourant, il porte beaucoup de fruit. Il est vrai qu’il rencontre parfois en nous un sol dur et insensible, d’autres fois distrait, semblable au sol battu des sentiers, au terrain caillouteux, aux buissons d’épines.
Mais il y a des moments où il trouve une terre réceptive et féconde, et alors se produisent des miracles d’amour capables de tout changer, comme nous l’avons certainement expérimenté nous aussi dans notre vie. C’est pourquoi le Père ne cesse de semer, car il sait que la puissance de son amour est plus forte que notre faiblesse, sa miséricorde plus grande que notre misère. Mais le semeur ne peut rien sans la graine. Le règne de Dieu en nous s’établit par la coopération de Dieu et nous.
Originairement, librement, libéralement, premièrement, tout vient de Dieu : c’est sa lumière, sa vérité, sa parole ; et sans la tendresse de Dieu qui vient le premier vers nous, il n’y aurait rien, pas même un obscur commencement. Mais une fois que le semeur a semé, tout dépend alors de la semence. Comme l’affirme avec justesse saint Augustin : « Celui qui nous a créés sans nous ne nous sauvera pas sans nous. »
Le semeur sème largement, ne permettant pas que l’infidélité pressentie réduise sa mesure. C’est le procédé de Dieu. De cette semence donnée avec largesse, il se fait quatre parts : une tombe sur la route ou le sentier. La terre est pierreuse, poussiéreuse, on y passe, les oiseaux y viennent, la semence est piétinée, et volée.
Une autre part tombe sur un terrain pierreux, avec peu de terre végétale. Pourtant la semence germe et pousse même plus vite qu’ailleurs. Mais ce n’est qu’un espoir vain : il n’y a pas de racine, c’est à dire pas d’intelligence réfléchie et vraiment attentive. On voudrait, mais faute de sérieux et de profondeur on ne peut pas. Quand le soleil se lève, lorsque vient un peu de tribulation et d’épreuve, comme la jeune pousse n’a pas de racine intelligente, elle se dessèche, se flétrit, tombe.
Une autre portion tombe au milieu des épines. Ici, ce n’est pas la terre qui manque. La terre peut être abondante ; les ronces, les épines, les herbes folles y prospèrent. Mais la sève, la fraîcheur, la rosée, l’humidité, l’air, le soleil, toutes ces conditions de la germination et de la vie sont confisquées par les premières venues qui étouffent l’épi dès sa naissance.
Enfin une part tombe en bonne terre, germant et multipliant en 30, en 60, en 100 le grain de blé qui lui a été confié : le semeur trouvera dans l’abondance de sa récolte, avec le pain de l’année présente, la semence de l’année prochaine.
La générosité de Dieu
Saint Jean Chrysostome, en parlant du grain de la Parole de Dieu, affirme, dans ses Homélies sur l’Évangile de Matthieu :
« Comment peut-on concevoir qu’on sème sur des épines, sur des pierres et dans des chemins ? Cela serait ridicule à l’égard d’une semence matérielle qu’on jette sur la terre ; mais à l’égard de nos âmes et de la parole de Dieu, c’est une chose qui ne peut être que très louable. »
Entre les mains de Dieu, il sera toujours possible que les pierres, même les plus dures se changent en terre fertile, la semence produisant alors. Les chemins les plus battus peuvent n’être plus foulés aux pieds, ni exposés à tous les passants, mais devenir un champ bien préparé et bien cultivé. Les épines peuvent disparaître pour faire place à la semence, afin que le grain croisse et pousse sans que rien ne l’empêche de monter.
La générosité de Dieu à notre égard est pleine de sagesse, sachant discerner en nous la possibilité d’un bien dont nous n’avons parfois même pas conscience. Le Seigneur qui connaît bien les profondeurs de notre cœur ne cesse de croire en nous, en ce que nous sommes et en ce que nous pouvons devenir jour après jour si, avec foi, nous nous abandonnons à Lui.
Ainsi, grâce à la gratuité et à la confiance avec lesquelles le grain est semé, mais aussi à l’humilité et à la disponibilité avec lesquelles il est reçu, les fruits de l’Esprit Saint grandissent en nous et se répandent : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi (Ga 5, 22). Combien notre monde a besoin de ces fruits !
Méditer la Parole
Engageons-nous en ces jours de vacances, à consacrer du temps à l’écoute, à la lecture et à la méditation de la Parole de Dieu, en cultivant, parallèlement au repos et à des loisirs sains, de vrais moments de silence et de prière. Nous reprendrons nos occupations habituelles, renouvelés dans notre corps et dans notre esprit, prêts à annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile et de plus en plus capables de coopérer à la croissance du Royaume de Dieu.
Que Marie, Reine des Apôtres et Étoile de l’évangélisation, nous aide dans cette démarche.
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