Pour l’angélus du 13 septembre, Léon XIV a prononcé une allocution sur l’importance infinie du pardon comme l’avait exprimé Jésus dans les Évangiles et comme ont pu l’expérimenter les saints avant nous.
Une fois encore, le Pape a beaucoup parlé cette semaine. Il a reçu les nouveaux évêques le jeudi 10, auxquels il a donné de judicieux conseils, puis des bénédictines le samedi 12, à qui il a rappelé les raisons pour lesquelles Paul VI avait proclamé saint Benoît patron de l’Europe. Le jour de la Croix glorieuse, le 14, il visitait la Bibliothèque dont il rappelait l’importance et en profitait pour faire l’éloge du magistère culturel de Léon XIII.
Le 16, il recevait les membres du Dicastère pour la Cause des Saints, et évoquait le XXIᵉ siècle comme le siècle des martyrs, insistant sur le témoignage de la foi qui peut aller jusqu’au sacrifice ultime. Le même jour, il poursuivait son enseignement sur Gaudium et Spes, en en commentant le deuxième chapitre consacré à la communauté humaine. Nous commenterons quant à nous les paroles du Pape pour l’Angélus, en raison du thème capital choisi : le pardon, si mal compris de nos jours et pourtant absolument nécessaire pour rentrer dans le Royaume des Cieux.
Soixante-dix fois sept fois
Le pardon demeure une valeur fondamentale de la vie chrétienne. Jésus l’a enseigné et en a témoigné jusqu’à la Croix, lorsqu’il pria le Père pour ses persécuteurs. Saint Étienne l’imita en reprenant ses paroles. Dans le passage du jour, saint Pierre interroge Jésus sur ce thème : Combien de fois devrai-je pardonner ? Jusqu’à sept fois ? N’oublions pas que dans la Bible le chiffre 7 marque la plénitude. Pardonner sept fois signifie pardonner avec grande générosité. Mais la réponse de Jésus va plus loin : Jusqu’à soixante-dix fois sept fois, c’est-à-dire au-delà de toute limite, sans mesure.
Pour mieux clarifier sa pensée, Jésus raconte la parabole d’un serviteur qui avait, envers son maître, une dette si grande qu’elle était pratiquement irrécouvrable. Ayant obtenu l’annulation de cette dette par pure miséricorde, il ne fit cependant pas preuve de la même clémence envers l’un de ses compagnons. Aussi fut-il réprimandé et sévèrement puni. Par ces paroles, Jésus nous rappelle que le don et le pardon sont les fondements de notre existence.
La gratuité
Tout nous est donné par Dieu par pur amour, et aucun d’entre nous ne peut se dire parfait dans sa réponse à tant de bonté. La gratuité, qui est la source de notre vie même, est la meilleure règle pour notre vie en communauté. Nous en faisons l’expérience chaque jour. Le pardon est indispensable et, s’il fait défaut, on ne peut vivre en paix. Tôt ou tard, dans les cœurs et entre les personnes, naissent des conflits, des accusations, des rancunes, des vengeances qui détruisent les relations, divisent les familles, déclenchent des guerres.
Seul le pardon libère et ramène la lumière, même là où la pauvreté matérielle et morale de l’homme, l’espace d’un instant, a assombri l’horizon et rendu le chemin incertain. Le pardon, tel un vent bienfaisant, dissipe même les nuages les plus épais, jusqu’à faire réapparaître le soleil.
Saint Pierre lui-même en a fait l’expérience, après avoir renié et abandonné Jésus pendant la Passion. Au bord du lac, Jésus ressuscité lui posa une seule question : Simon, m’aimes-tu ? Cette charité, qui oublie et guérit, marquera pour le premier des Apôtres la confirmation de sa mission. L’histoire de l’Église nous offre de beaux exemples de pardon : saint Jean Gualbert, Madame Goretti et tant d’autres.
Un acte héroïque
Mais à propos du pardon j’ajouterai quelques précisions au texte du Pape. Le pardon n’est jamais facile, il est même souvent héroïque. Pour être capable de pardonner, il faudra se souvenir que seule l’humilité de la vérité peuvent nous obtenir le courage du pardon. D’autre part, saint Jean-Paul II précisait souvent que pardonner n’est pas oublier. Il est nécessaire de pardonner, mais on ne pourra jamais demander à quelqu’un qui a été gravement offensé (et Dieu sait si aujourd’hui on pourrait citer des exemples) d’oublier l’acte pernicieux dont il fut victime.
Que Marie, Mère de Miséricorde, nous aide à pardonner toujours, même lorsqu’il est difficile de faire le premier pas, et à répandre, avec courage et constance, la lumière sereine et apaisante de l’amour qui triomphe de la haine et désarme toute rancœur.
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