Léon XIV : « La relation entre foi et culture trouve son fondement principal dans l’Incarnation »

Publié le 04 Nov 2026
pape rosaire chapelet paix Léon XIV

Pour ses audiences, le Pape examine actuellement Gaudium et Spes. © Yannick Boschat / Diocèse de Paris

Depuis janvier 2026, Léon XIV propose une catéchèse sur les documents du concile Vatican II lors de ses audiences générales. Après Dei Verbum, Lumen gentium et Sacrosanctum Concilium, il se penche depuis septembre sur Gaudium et Spes. Le 28 octobre, il abordait « Le rapport entre la foi et la culture (GS, 53-62) ».

 

Poursuivant son étude des documents conciliaires, Léon XIV analyse depuis quelques semaines la constitution pastorale Gaudium et Spes. Lors de la dernière audience, il a parlé de la culture et de ses rapports avec la foi chrétienne, en commentant le deuxième chapitre de la deuxième partie de la Constitution. Depuis l’affaire Galilée, l’Église n’a cessé de s’intéresser aux rapports entre foi et raison, entre foi et culture.

Parmi les grandes interventions pontificales en ce domaine, on doit signaler l’encyclique Humani generis de Pie XII ; les allocutions de Paul VI aux dates du 2 septembre 1970 sur foi et raison et du 14 septembre 1974 sur saint Thomas d’Aquin ; le discours à l’Unesco du 2 juin 1980 et l’encyclique Fides et Ratio de Jean-Paul II ; et bien sûr l’allocution de Benoît XVI à l’université de Ratisbonne, le 12 septembre 2006, qui présentait saint Augustin comme modèle valable encore aujourd’hui dans le rapport entre foi et raison. Foi et raison ne doivent pas se séparer mais aller de pair.

L’Église catholique a toujours eu à cœur d’accompagner la prédication de l’Évangile par la création d’écoles de tout type, visant à favoriser la formation humaine, culturelle et spirituelle de chacun. Les universités médiévales sont nées du cœur de l’Église, contribuant au développement de la civilisation occidentale. Parallèlement, le progrès de la culture et des connaissances soulève des interrogations toujours nouvelles et plus profondes, stimulant les croyants à rendre compte de leur foi. En tant qu’expressions de la dimension spirituelle de l’être humain, les différentes manifestations de la culture contribuent à ouvrir les esprits aux questions éternelles sur le sens du monde et de l’existence humaine, préparant ainsi à accueillir l’Évangile du Christ.

La relation entre foi et culture trouve son fondement principal dans l’Incarnation. La foi est appelée à devenir culture, c’est-à-dire à rejoindre la personne dans son milieu de vie. Elle peut s’incarner dans n’importe quelle culture, car elle ne s’identifie de manière spécifique à aucune d’entre elles. Elle les habite en les façonnant de l’intérieur selon la forme du Christ, c’est-à-dire par la charité, le service et la reconnaissance filiale de la paternité de Dieu. Ainsi, l’Église saisit, dans les différentes cultures, ce qu’il y a de bon, de beau et de vrai, afin d’incarner et de transmettre le message de l’Évangile.

La mission Catholique presidee par le Reverend Pere a Tokyo au milieu dune famille japonaise btv1b90466255 léon xiv

Missionnaires et famille japonaise à Tokyo.

L’Église promeut la culture car celle-ci constitue un bien en soi. La communauté internationale doit faire en sorte que chacun puisse accéder aux biens culturels fondamentaux, en surmontant l’analphabétisme et le manque d’instruction. Tous ceux qui sont capables d’accéder aux études supérieures doivent être mis en condition de pouvoir le faire réellement. Et le Concile de souligner la nécessité d’orienter l’éducation vers une certaine unité du savoir, bien que l’évolution des conditions de vie puisse la rendre plus difficile.

Chrétiens dans le monde

Les chrétiens sont les premiers à devoir s’employer à réaliser cette unité du savoir, en commençant par eux-mêmes. Bien qu’ils aient reçu, par la Révélation, des réponses aux grandes interrogations de l’existence, ils ne sont pas pour autant dispensés d’une patiente formation intellectuelle et culturelle. Au contraire, leurs connaissances humaines et scientifiques doivent aller de pair avec les contenus de leur foi, qui devront être continuellement approfondis.

La constitution Gaudium et Spes nous recommande de ne pas vivre la foi dans un esprit d’opposition ou d’hostilité à l’égard du monde, de la culture et de ses expressions humaines ; elle nous exhorte, au contraire, en ces termes :

« Que les croyants vivent donc en très étroite union avec les autres hommes de leur temps et qu’ils s’efforcent de comprendre à fond leurs façons de penser et de sentir, telles qu’elles s’expriment par la culture. »

Parvenir à une synthèse mûre et responsable entre foi et culture est, en effet, une condition nécessaire à la persévérance dans la vocation chrétienne, mais aussi une exigence indispensable pour témoigner de la foi devant le monde et la communiquer aux autres de manière crédible.

 

>> à lire également : Il faut retrouver l’élan missionnaire et catholique de l’école… catholique | Entretien avec François-Xavier Clément

 

Un moine de Triors

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