> C’est logique ! de François-Marie Portes
Les lycéens expriment un vrai mal-être et les pouvoirs publics leur répondent sur le même thème. Personne ne revient sur ce qu’est l’école et sur ce qu’elle doit donner. C’est bien pourquoi la colère naît et accouche de la haine, faute que soit jamais posée la question fondamentale du bien qui est poursuivi.
On attend volontiers du logicien qu’il relève les fautes de raisonnement du mouvement lycéen. Il y en a, mais ce sont des paralogismes plutôt que des sophismes : on s’y trompe de bonne foi et non dans le but de tromper les autres. Prenons « Parcoursup nous angoisse, donc il faut supprimer Parcoursup ». Une plateforme répartit la rareté des places dans les formations demandées ; elle ne la crée pas. La supprimer sans dire par quoi la remplacer revient à casser le thermomètre pour faire tomber la fièvre, et l’on oublie qu’avant elle, certaines filières départageaient les candidats par tirage au sort.

La demande de retrait de Parcoursup sans chercher par quoi le remplacer ne réglera aucun problème. (CC BY-SA, Wyslijp16)
Trois maux divers
Quant à la « convergence » du 17 octobre, elle additionne la vie chère, les classes surchargées et un algorithme d’affectation, trois maux qui n’ont ni la même cause ni le même remède. On allonge ainsi le cortège sans rendre l’argument plus fort. Le spectateur, adulte, commet pourtant un paralogisme plus répandu, lorsqu’il conclut que des raisons mauvaises rendent vaine la plainte. Aristote savait qu’on peut atteindre une conclusion vraie à partir de prémisses fausses ; on tient alors le fait, sans sa raison. Nos lycéens perçoivent qu’il y a un mal mais ne savent pas en dire la cause.
Des moyens sans finalité
Ces plaintes ‒ on les entend d’ailleurs chaque jour à la tribune et sur les plateaux ‒ ont un trait commun, plus instructif que leur liste : toutes portent sur des moyens ou sur des affects. Les lycéens réclament plus de professeurs, des effectifs réduits, des bâtiments rénovés, la fin de Parcoursup et leur argument principal est le stress. Le gouvernement leur a répondu dans la même langue, en promettant de reprendre dans le budget 2027 des propositions recueillies par une consultation en ligne. Personne, ni dans les cortèges ni à Matignon, n’a demandé à…






