Les demandes de baptême en hausse

Publié le 20 Mar 2024
baptême catéchumène

© Feldbrahi, CC BY-SA 4.0

Le 27 mars dernier, la Conférence des Évêques de France a publié les chiffres officiels concernant les baptêmes en France en 2024. Ils étaient plus de 7 100 adultes et 5 000 adolescents à recevoir le baptême dans la nuit de Pâques.

 

Avant que la Conférence des Évêques de France ne les communique, nous savions d’ores et déjà que les chiffres de baptêmes d’adultes étaient en fortes hausse depuis 2023, ils dépassent désormais ceux d’avant covid. Ils étaient 4 278 à demander le baptême en 2022 et 5 463 l’année dernière, ils étaient 7 135 cette année, ce qui représente une hausse de 30%. Ces chiffres permettent de contrebalancer la chute drastiques des baptêmes d’enfants et nouveaux-nés depuis les années 2000 en France. À ces adultes, il faut ajouter plus de 5 000 collégiens et lycéens, soit plus de 12 000 nouveaux baptisés sur la seule année 2024.

Des jeunes en quête de Dieu

Le Service National de la Catéchèse et du Catéchuménat (SNCC) estime que cela pourrait être dû au confinement, durant lequel les jeunes, insatisfaits de la vie matérielle et éprouvant un besoin de transcendance, se sont posés et ont pris le temps de réfléchir aux questions existentielles sur la vie et la mort. 

Le 18 février, premier dimanche de Carême, les évêques de France ont procédé à « l’appel décisif » des catéchumènes de leurs diocèses. Ces derniers constatent le rajeunissement de ces futurs baptisés, dont la moyenne d’âge est passée de 40 à 30 ans en seulement 10 ans. Parmi eux, trois quarts ont moins de 40 ans et plus d’un tiers a entre 18 et 25 ans (36 % en 2024 contre 34 % en 2023), sans oublier quelques doyens de plus de 80 ans !

En 2023, les enquêtes du SNCC ont permis d’établir une sociologie de ces personnes, pour beaucoup des recommençants issus de familles de tradition chrétienne, mais ce chiffre tend à baisser, pour laisser place aux athées. Il y a aussi des croyants d’autres religions, notamment 3% de musulmans. Certains catéchumènes ont toqué aux portes des églises sans avoir aucune connaissance religieuse, mais beaucoup ont commencé à s’interroger par le biais des réseaux sociaux, dont les comptes catholiques leur ont apporté des réponses fondées et pleines de foi. En 2024, l’enquête du SNCC portera sur l’influence du patrimoine religieux dans les conversions d’adultes.

 

La recherche de la transcendance

Dans un monde de plus en plus laïcisé et déchristianisé, un besoin de ritualité se fait ressentir, en attestent les concepts dévoyés de baptême républicains. C’est parfois au cours du cheminement vers le mariage, que des personnes se posent la question du baptême, nécessaire pour au moins un des deux fiancés pour recevoir ce sacrement. D’autres se convertissent dans le cadre de l’armée. Le Diocèse aux Armées accompagnait une centaines de catéchumène l’an dernier.  

À la suite des baptêmes de 2023, Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Arras et président du Conseil pour la catéchèse et le catéchuménat s’exprimait ainsi : « Pour la communauté chrétienne, c’est le lieu d’un émerveillement, et pour notre société, une authentique parole d’espérance. Baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, ces hommes et ces femmes se sont laissé saisir par l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ. »  

Selon le Service national de la catéchèse et du catéchuménat, le plus grand défi de l’Église et des diocèses reste de bien accompagner les nouveaux baptisés dans la durée, bien que certains nous nous semblent véritablement embrasés par le feu du Saint Esprit ! Il s’agit en quelques sortes d’assurer le « service après-vente », comme l’appellent en souriant certains accompagnateurs. 

 

>> à lire également : Notre quinzaine : La vérité, à temps et à contretemps

 

Mayalen de Vergnette

Mayalen de Vergnette

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