Ascension : Le Seigneur monte au son de la trompette

Publié le 13 Mai 2026
ascension

John Singleton Copley, L'Ascension, 1775.

> L’Esprit de la liturgie
L’Ascension du Christ est un motif de joie, la nature humaine trouvant sa place auprès de Dieu, mais c’est aussi le gage d’un don plus grand encore, celui du Saint-Esprit dès maintenant.
Supplément : Les hymnes de l’Ascension dans la liturgie latine.

  À l’Ascension, nous célébrons « le jour très saint où [le] Fils unique [du Père] a placé à la droite de [s]a gloire notre fragile humanité unie en lui à sa divinité » (communicantes de la fête). Cette montée au ciel est qualifiée d’admirable par les litanies des saints et de glorieuse par le canon de la messe (Unde et memores). Et le psaume par excellence de l’Ascension chante : « Dieu s’élève parmi les acclamations ; le Seigneur monte au son de la trompette » (Ps 46, 6 ; offertoire de la messe). La montée au ciel de Jésus a rempli les apôtres de joie (cf. Lc 24, 52) et saint Léon le Grand († 461) explique : « D’abord effrayés de la mort sur la Croix et fort hésitants dans leur foi à la Résurrection, ils furent à ce point affermis par l’évidence de la vérité qu’à la vue du Seigneur s’en allant dans les hauteurs du ciel, non seulement ils n’ont pas éprouvé de tristesse, mais ils ont même été remplis de joie » (BR 1961, 2e nocturne).

Les anges tremblent…

Et c’est certes un motif de grande joie que de voir « la nature humaine monter plus haut en dignité que toutes les créatures célestes » (ibid.). De ce fait, « les Anges tremblent en voyant le rôle nouveau d’une chair mortelle : la chair blâme le péché, la chair justifie, la chair règne dans la Personne du Verbe » (hymne Æterne Rex).  Mais cette « chair » est passée par la Passion et en conserve les marques : « Le Fils que la Vierge enfanta, après les crachats, les fouets, la Croix, monte s’asseoir auprès du Père » ; « Comme trophée du grand combat où il terrassa le Prince de ce monde, [le Christ] présente aux regards du Père la gloire de son corps victorieux » (hymne Optatus votis, Xe siècle). Une prose néogallicane encore en usage à Lyon au XXe siècle insiste : « Sans cesse, il montre à son Père les plaies cruelles qu’il a reçues ; ainsi, il nous obtient le gage d’une éternelle réconciliation » (Solemnis hæc). Pour autant, dès le soir de la fête, un cri se fait entendre : « Ô Roi de gloire, Seigneur des armées,…

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Pierre Julien

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