Attentat de Nice : l’Église se constitue partie civile

Publié le 11 Fév 2025
attentat de nice
Le procès de l’attentat de la basilique de Nice, survenu en octobre 2020, s’est ouvert ce lundi 10 février. Au cœur de ce drame, l’Église catholique a décidé de se constituer partie civile.

 

L’attentat de Nice

Le 29 octobre 2020, trois fidèles sont sauvagement tuées dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice par un assaillant, Brahim Aouissaoui, jeune clandestin tunisien. Armé d’un couteau de cuisine, il a tenté de décapiter Nadine Vincent, une fidèle de 60 ans, sans y parvenir complètement. Il a ensuite porté 24 coups de couteau à Simone Barreto Silva, une mère de famille franco-brésilienne âgée de 44 ans, qui avait réussi à s’enfuir avant de succomber. Le sacristain Vincent Loquès, 55 ans, père de deux filles, a également été égorgé.

L’Église catholique partie civile

Il s’agit du second attentat djihadiste dans une église en France, en comptant l’assassinat du Père Jacques Hamel en juillet 2016. Mais pour la première fois, l’Église Catholique se constitue partie civile dans un procès d’attentat. Un acte symbolique, qui témoigne de l’engagement de l’Église pour la reconnaissance de l’attaque comme une offensive contre les croyants, dans un lieu de culte.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des Évêques de France, a expliqué cette démarche en des termes clairs. Pour lui, il est évident que le meurtrier, Brahim Aouissaoui, s’est rendu à la basilique avec l’intention précise de commettre un assasinat. Il a souligné que l’accusé avait pris soin de repérer les lieux, y passant à plusieurs reprises avant de commettre son acte. Cela montre une volonté délibérée de cibler des croyants dans un lieu sacré.

L’Église demande ainsi que l’attentat soit qualifié de « terroriste », en raison de la dimension religieuse de l’attaque. Il ne s’agit pas simplement d’un fait divers isolé, mais bien d’un acte qui relève du terrorisme. Mgr de Moulins-Beaufort a ajouté : « Je me suis constitué partie civile aujourd’hui en tant que président de la Conférence des évêques de France […] pour demander que soit retenue la qualification aggravante d’attentat terroriste en raison de la religion ». Un point qui sera déterminant pour la suite du procès.

Le silence de l’accusé

L’accusé a fait valoir qu’il ne se souvenait pas des faits. Il a invoqué une « amnésie irréversible », affirmant qu’il ne voyait pas comment il aurait pu tuer trois personnes. Cette déclaration a soulevé l’indignation dans la salle d’audience, particulièrement du côté du fils d’une des victimes, qui n’a pas pu contenir son émotion. Le président du tribunal a dû intervenir pour maintenir l’ordre.

Du côté de la défense, l’avocat de l’accusé, Me Martin Méchin, a avancé l’hypothèse que cette amnésie pourrait être une conséquence des anesthésies générales subies par Aouissaoui lors de son hospitalisation après son arrestation. Toutefois, cette version ne convainc pas tout le monde, en particulier les parties civiles qui, elles, considèrent que l’accusé refuse tout simplement de collaborer avec l’institution judiciaire, dans le but de minimiser sa responsabilité.

La question de la responsabilité

La question de l’amnésie et de la capacité de discernement de l’accusé occupe une place centrale dans le procès. Les expertises psychiatriques menées sur Brahim Aouissaoui n’ont révélé aucune lésion cérébrale, ce qui soulève de nouvelles interrogations sur sa véritable capacité à répondre de ses actes. Pour Me Soussi, l’attitude de l’accusé n’est qu’une tentative de fuir sa responsabilité criminelle, ce qui renforce la position de l’Église catholique dans son souhait d’une qualification de l’attentat en tant qu’acte terroriste, motivé par la religion.

 

à lire également >> Incendies criminels d’églises : une augmentation de 30 % en 2024

Solène Grange

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

L’ultra gauche, levier politique de l’extrême gauche ?

Depuis les premiers blocages lycéens en septembre jusqu’aux importantes manifestations de ces dernières semaines, l’ultra gauche s’est emparée du mouvement par la violence. Associée à l’extrême gauche, elle s'en distingue pourtant fondamentalement, parson opposition au système, aux institutions et à toute autorité. Malgré son refus de participer à la lutte républicaine menée par l’extrême gauche, ne joue-t-elle pas le jeu de cette dernière ?

+

ultra gauche extrême gauche
À la uneSociétéÉducation

François-Xavier Clément : Il faut retrouver l’élan missionnaire et catholique de l’école… catholique

Entretien | Dans L’Enseignement catholique hors-la-loi ?, un petit ouvrage percutant, François-Xavier Clément, fondateur de Saint-Joseph Éducation et directeur du Centre de formation de l’éducation intégrale, dresse l’historique de la soumission de l’école catholique à l’État et appelle à revenir à l’origine surnaturelle de la mission éducative de l’Église.

+

enseignement catholique éducation école
SociétéBioéthiqueÉducation

La santé, cache-sexe de l’idéologie progressiste

La mainmise de l’État sur tous les domaines de la vie est particulièrement flagrante dans ce qu’il est convenu d’appeler la « santé sexuelle ». Sous le prétexte sanitaire se dissimule une nouvelle « morale » qui risque de condamner à terme toute résistance à une idéologie encourageant les comportements les plus déviants et toute référence à l’Évangile.

+

santé sexuelle gouvernement
Société

Mettre le feu

L’Essentiel de Joël Hautebert | Deux événements de ces derniers jours font ressortir le contraste brutal entre la jeunesse chrétienne et celle des lycéens en colère. Mais quoi d’étonnant pour celui qui sait ce qui enflamme les uns et les autres ? Une feuille de route a été donnée par Léon XIV à ceux qui recherchent la vie éternelle, laquelle ne leur sera offerte qu’au bout d’un engagement spirituel enraciné dans le charnel.

+

feu jeune jeunesse pape manifestations
SociétéLectures

Comment je suis devenu petit !

Carte blanche à Yves Chiron | Anthony Aubé a 42 ans et mesure 1,15 m. Il est atteint d’une pathologie désormais bien identifiée : la DSEC (dysplasie spondylo-épiphysaire congénitale), une des formes de ce que l’on appelait jadis le « nanisme ». Dans Comment je suis devenu petit !, il s’exprime sur ses difficultés de santé, ses défis scolaires et professionnels mais aussi sur le droit à la vie.

+

Anthony Aubé nain petit livre
Société

Avis d’épidémie en année électorale

C’est logique ! de François-Marie Portes | Les débats en vue de l'élection présidentielle abondent. Un peu de logique... et d'humour peuvent aider à appréhender sereinement ces élections et y voir clair dans les divers discours.

+

élection présidentielle électoral épidémie