Augustin ou l’heureuse inquiétude

Publié le 20 Août 2026
saint augustin

Philippe de Champaigne, c. 1645.

Photo PereMichel copie augustinPour approcher le monument qu’est saint Augustin – philosophe, théologien et pasteur – les pères Michel et Emmanuel-Marie, avec Nicolas Diat, proposent une lecture à trois voix. Une manière vivante de le rendre accessible et de montrer combien l’évêque d’Hippone parle toujours au cœur de l’homme contemporain. Entretien avec le père Michel, des chanoines réguliers de la Mère de Dieu, prieur à Pau.

 

| Saint Augustin a joué le rôle d’un passeur entre deux mondes. Desquels s’agit-il ?

Il s’agit d’abord du monde de l’Antiquité romaine. L’Empire romain, celui qui a conquis toute la Méditerranée, absorbé la richesse de la pensée grecque et bâti une organisation politique et administrative que l’on croyait éternelle, est pourtant en train de se défaire. Augustin, fils de citoyen romain dans cette riche province d’Afrique du Nord et donc héritier de ce monde, va avoir le génie non seulement de déceler cette autodestruction mais aussi d’en comprendre la cause profonde : l’absence du fondement ultime, à savoir le Christ, dont la Révélation vient transfigurer toute chose. Mais son attitude ne sera pas celle d’un rejet. Au contraire, il relit et retraduit la civilisation antique dans un langage chrétien qui assume tout ce qui est vrai et bon en elle. C’est ce travail qui s’exprime dans la première partie de La Cité de Dieu. Prenons l’exemple de la rhétorique : pour un Romain, elle est un outil de pouvoir, au service de celui qui en use, alors que le Christ nous enseigne que les mots doivent être au service de la Vérité, au risque de n’être qu’une illusion. C’est ainsi qu’Augustin retraduit l’ensemble de l’héritage romain à partir de cette pierre angulaire qu’est le Christ, posant les bases de tous les fondamentaux de l’Occident chrétien. Au point qu’au temps de saint Thomas d’Aquin, près de neuf siècles plus tard, faire de la théologie consistait largement à commenter l’évêque d’Hippone !  

| Que doit saint Augustin à sa mère, sainte Monique ?

L’histoire de saint Augustin est indissociable de celle de sa mère. Qui est-elle ? Les hagiographes en ont fait d’elle une sainte avant l’heure, tandis que certains freudiens ont cru voir en elle une mère abusive, voire ambitieuse… Monique est avant tout une femme profondément chrétienne qui va accompagner Augustin et lui faire découvrir que ce bonheur qu’il cherche au dehors, est en réalité à l’intérieur de lui, en ce Dieu…

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Marie Piloquet 

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