> Spécial venue du Pape en France
Le vendredi 25 septembre, 80 000 jeunes catholiques de 17 à 35 ans étaient réunis au Stade de France à Saint-Denis (93) autour de Léon XIV. Une soirée historique durant laquelle chacun a pu prier, chanter et surtout écouter le Saint-Père, dans une ambiance extrêmement joyeuse.
Comment expliquer ce qui s’est passé vendredi 25 septembre au soir au Stade de France, à quelques kilomètres de la capitale française ? 80 000 jeunes de 17 à 35 ans ont prié Dieu et l’ont loué, ont chanté, parfois même dansé, écouté et applaudi le Saint-Père, le sourire aux lèvres et les yeux humides. Cela est visible sur les vidéos et retransmissions de la soirée, mais sur place la joie et l’émotion, la prière et l’action de grâces y étaient palpables.
Catholique pratiquant mais peu adepte des grands rassemblements de cette envergure, Thibault s’est rendu à la veillée sur les insistances de sa femme, et ce malgré des placements séparés. Il en est ressorti avec un grand sourire, reconnaissant d’y avoir été presque forcé : « J’avais les larmes aux yeux pendant toute la veillée. » Il a été extrêmement « touché par la ferveur des 80 000 jeunes, ainsi que les différents témoignages. Les chants aussi ont largement participé à l’émotion de cette soirée. »
Un projet magistral
La configuration du stade, gigantesque mais clos, permettait à tous de véritablement suivre la veillée mais aussi aux organisateurs de maîtriser la foule et ainsi faire passer de la liesse au recueillement, autour du Pape.

© diocèse de Nanterre
Avant qu’il ne soit rempli de milliers de jeunes, de prêtres, d’accompagnants, d’artistes et de bénévoles de tous les milieux et de toutes les régions, le stade avait été aménagé afin de se prêter au mieux à cette veillée hors normes : anneau et allées de déambulation, grande croix taillée par SOS Calvaires, cathèdre en chêne massif réalisée dans les ateliers des Apprentis d’Auteuil de Sannois, statue de Notre-Dame de France, reliquaire pour la Sainte Tunique, etc. Chacun des artisans et des bénévoles y a mis de ses talents, en amont, en coulisse ou sur scène.
Un chœur hors norme
Les heures précédant la veillée, alors que les figurants répétaient une dernière fois, un chœur exceptionnel se préparait en effet à porter l’événement par ses 2 500 voix, sous la formidable baguette d’Alexis Duffaure, maître de chapelle de la cathédrale de Bordeaux.
Présents depuis 9 h le vendredi matin, les choristes et instrumentistes ont vécu une journée intense durant laquelle la hâte alternait avec la fatigue mais l’entrain est vite revenu quand les premiers inscrits ont pénétré dans le stade. Les choristes ont chanté durant toute la veillée pour accompagner le temps de louange, invoquer l’Esprit Saint, célébrer l’arrivée du Pape dans le stade par un « Tu es Petrus » retentissant, prier les saints de France par une longue litanie, et enfin chanter les complies avec le psaume 90 en alternance et un puissant Salve Regina grégorien a cappella.

© diocèse de Nanterre
Le chœur a aussi accompagné, comme une bande-son, le spectacle en dix tableaux sur les vertus associées aux grands saints de France, signé Jean-Baptiste Darantière. La diversité était au rendez-vous : chants populaires, pièces classiques, compositions contemporaines, grégorien…
Il avait été monté pour l’occasion, au cours de l’été, par l’association « Ecclesia Cantic », habituée à organiser des rassemblements à l’échelle nationale pour les étudiants et jeunes professionnels autour du chant et de la liturgie.
À aucun moment, les trois ensembles (grand chœur, chœur pilote et orchestre) n’ont pu effectuer de répétition générale et collective pour s’accorder et filer l’entièreté de la veillée. Il n’empêche que le résultat fut grandiose car chacun y a mis du talent et du cœur, comme Marie-Sixtine, qui s’était inscrite au chœur pour vivre pleinement la veillée. Elle désirait être véritablement « actrice » : « Je ne voulais pas venir juste pour pouvoir dire ensuite “j’y étais”. Je voulais être là pour chanter pour Dieu mais avec le Pape » ; et surtout mieux vivre la veillée : « J’ai pensé aux JMJ, où l’on n’était qu’un parmi tant d’autres, j’avais eu du mal à être recueillie. »
Chanter pour Dieu procure toujours une joie profonde mais accompagner autant de jeunes gens, en présence du Pape, cela revêt une dimension supplémentaire. Pauline, figurante dans le spectacle sur les saints, a eu des « frissons » en entendant les chants : « C’était d’une beauté et d’une puissance magnifique ! »
Autour du Pape
Si certains ont pu être déçus un premier temps de ne pas bénéficier d’un temps d’adoration, comme ce fut le cas en Espagne, ou étonnés d’avoir affaire notamment à un spectacle, nous avons finalement assisté à moment de joie authentique, de complicité si particulière, à l’édification d’un lien entre le Pape et les jeunes catholiques de France. Léon XIV semblait serein, heureux d’être là.
Son premier mot, prononcé spontanément et avec le sourire, en introduction de son premier discours, fut un « merci » sincère puis : « Merci à Dieu, merci à vous, merci pour votre courage » – alors même qu’il est celui qui a reçu et accepté la lourde charge de Souverain Pontife – « merci pour votre présence, merci pour votre foi » – alors qu’il est celui qui s’est déplacé jusqu’à nous moins d’un an et demi après son élection.

© diocèse de Nanterre
Il était comme l’invité de ces jeunes, réellement présent au milieu d’eux – et pour eux – par son sourire, ses paroles, ses saluts, son émotion. Il a par ailleurs pris le temps de déambuler à pied, en fin de veillée, alors même que le temps imparti était dépassé depuis longtemps. « Il est désormais vraiment notre Pape, confie Mayeulle, et nous serons plus à même de l’écouter, de le lire et de prier pour lui. »
Chacun a pu vivre l’instant présent, goûter la joie d’une foi authentique et d’un élan spirituel et missionnaire qui, espérons-le, n’est pas près de s’essouffler.
Mayeulle poursuit : « Après avoir constaté l’enthousiasme des jeunes Espagnols lors du voyage apostolique de Léon XIV chez eux en juin, il nous tardait de vivre une veillée d’une intensité similaire en compagnie de notre Saint-Père. À notre tour, nous avons démontré au monde la beauté et la diversité de la jeunesse catholique de France. Cette veillée historique restera longtemps dans les mémoires comme un moment de proximité avec le Pape, d’unité et de ferveur. »
Laissons-lui le mot de la fin : « à notre tour de vous dire : merci Très Saint-Père. »
Si Malo, 16 ans, était encore trop jeune pour assister à la veillée, il a cependant eu la chance de vivre la messe de la Concorde de l’intérieur. Choisi par sa paroisse pour faire partie du tirage au sort des enfants de chœur, il a reçu l’annonce de sa sélection en août avec beaucoup de joie et de fierté. Les jeunes choisis n’ayant pas de rôle au service de l’autel ou du Pape, Malo, comme d’autres jeunes, a pu se sentir frustré mais il ajoute aussitôt qu’il était là avant tout pour « prier et montrer l’exemple » : « C’est un engagement qui nous oblige à plus nous concentrer et à plus suivre durant la messe. »
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