> Spécial venue du Pape en France
La visite de Léon XIV en France a finalement dépassé tous les pronostics. Si les catholiques ont bien été au rendez-vous, nombre d’incroyants n’ont pas été insensibles à cet homme en blanc venu à la rencontre de tous depuis Rome. Le Pape n’est pas une rock star ni un acteur célèbre pas plus qu’il n’est un politicien, bien qu’il gouverne l’un des plus petits États au monde. Léon XIV n’avait pas non plus pour lui d’être jeune ni de parler sans accent dans la langue de Molière. Pourtant, il a été vu et entendu, et par certains compris.
Dans l’éditorial que nous avions consacré à cette venue, nous disions que ce voyage apostolique prendrait tout son sens si Léon XIV venait pour nous confirmer dans la foi. Dans son homélie, lors de la messe place de la Concorde à Paris, le samedi 26 septembre, il a souligné clairement qu’il était précisément en France dans ce dessein. « Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam. » L’Église est celle du Christ et le successeur de Pierre, « serviteur des serviteurs de Dieu » n’en est (ce qui n’est pas rien quand même !) que le vicaire dont la charge première consiste bien à transmettre la foi catholique et à nous confirmer en celle-ci.
L’un des effets de ce voyage, peu souligné jusqu’ici, tient au fait que Léon XIV s’est naturellement imposé comme ce vicaire du Christ, rompant ainsi, indirectement et sans le dire, avec cette construction hasardeuse d’une Église synodale (qui n’a rien à voir avec le synode des Orientaux) dans laquelle l’autorité et la responsabilité sont diluées, anonymisées derrière les décisions des majorités qui se dégagent au gré des pressions des plus engagés.
Tranquillement, Léon XIV a démontré par les faits que le « peuple de Dieu » aspirait à une incarnation (ce qui est quand même le minimum dans la religion de l’Incarnation) de l’autorité, plutôt qu’à sa dilution, et que cette autorité était celle d’un père plutôt que celle des normes édictées par des commissions (fussent-elles religieuses) sans visage et sans âme.
On comprendra dès lors que certains de ces enfants ne cessent de faire monter vers ce Père leur demande de continuer à vivre selon des traditions pleinement catholiques, l’uniformité ne devant pas être confondue avec l’unité.
Quels seront les effets de cette visite apostolique une fois l’enthousiasme passé, la vie quotidienne ayant repris ses droits et les difficultés leur souveraineté ? Si l’on juge un arbre à ses fruits, il faudra du temps pour percevoir exactement la portée véritable de ce voyage, lequel a cependant déjà conforté les catholiques français et à travers eux l’ensemble des Français dans l’espérance. Une graine a été plantée en terre, à l’entretien de laquelle chacun doit pouvoir contribuer en vue de la vraie finalité, la vie éternelle.
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