> Spécial venue du Pape en France
Durant la veillée des jeunes avec le Pape, environ 300 figurants se sont relayés tout au long de la partie spectacle, dans différents rôles, notamment ceux de saints, de porte bannières et porte reliques. Parmi eux, Pauline, 27 ans et ergothérapeute dans la vie « civile », a bien voulu répondre à nos questions sur l’opportunité de vivre de l’intérieur cette soirée hors-norme.
| Pourquoi avez-vous proposé vos services pour la veillée au stade de France ?
Les papes me semblent toujours lointains et j’ai toujours eu du mal à me sentir proche d’eux. Alors quand j’ai appris la venue de Léon XIV, j’ai pensé que c’était l’occasion d’apprendre à mieux le connaître, et à comprendre pourquoi, en tant que catholique, il m’est important d’écouter et de suivre le successeur de Pierre.
Pour vivre cela, je ne voulais pas simplement suivre un groupe d’amis. Un peu perdue parmi la multitude de propositions (paroisses, chorales, amis…), je suis tombée par hasard sur le lien de recherche de figurants pour la veillée au stade de France. La Providence fait bien les choses : être sur scène dit être au plus proche, mais également répéter, c’est-à-dire prendre le temps d’écouter, de comprendre, de connaître. Je voulais vivre cet accueil du Pape de manière particulière.
| Qu’avez-vous ressenti en apprenant que vous étiez « sélectionnée » ?
Une grande joie, bien sûr ! Pas uniquement la joie de voir le Pape et d’être sur scène, mais surtout la joie de voir à quel point le Christ prends soin de moi. Je ne savais pas avec qui y aller, j’avais même en tête de ne pas me rendre à cette veillée, et voilà que je rejoins un groupe de 400 personnes venues de la France entière pour être aux premières loges. Après cette « sélection », j’ai également senti une paix, celle d’être « au bon endroit au bon moment », alors même que je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer.
| Qu’aviez-vous comme missions ?
J’étais figurante pour le spectacle sur les saints de France puis porte bannière lors de la procession des reliques. (Et hurleur comme 80 000 personnes au moment du tour en papamobile, c’est un rôle partagé que nous avons tous très bien joué je trouve !)

© Dylan Guidez/Diocèse de Paris
| Avez-vous eu une préparation quelconque ?
Très peu de communication en amont, uniquement l’exigence d’être présents sur trois jours : le samedi précédent (la journée entière), le jeudi soir puis le vendredi après-midi jusqu’à la veillée. La présence était obligatoire et toutes les informations importantes ont été communiquées à ces rendez-vous.
| Comment étiez-vous sur le moment ?
À vivre l’instant présent ! J’ai ressenti la joie dans nombre de ses formes, de la joie paisible en attendant notre tour à cette excitation à être au milieu du stade rempli. Puis il y a eu la liesse partagée avec les 80 000 autres jeunes lors de l’arrivée de Léon XIV qui m’a fait complètement oublier le costume de religieuse dans lequel j’étais, et enfin la joie de voir le sourire et l’émotion du Pape qui m’a fait monter les larmes aux yeux lors de ce dernier tableau de la procession de tous les saints.
Pas de stress nécessaire, nous étions bien encadrés : il fallait simplement accepter de se laisser guider et de patienter lorsqu’il fallait.
| Quelle ambiance avez-vous ressentie autour de vous ?
Une grande joie dans l’équipe des figurants bien sûr, qui se traduit de manière différente entre l’euphorie et l’impatience pour certains, la sérénité et la prise de conscience de la chance que nous avons pour les autres. Il y avait aussi une simplicité à être ensemble : inconnus en arrivant, nous échangions comme si nous connaissions notre voisin devenu évêque, martyr ou légionnaire romain depuis quelques minutes. Je pense même que des amitiés ont pu naître de cette expérience. Du côté de l’équipe organisatrice le stress s’est fait sentir le jour j : équipe sérieuse, professionnelle, à courir partout, et ça se comprend !
Une fois dans le stade, c’était impressionnant de ressentir l’excitation générale notamment dès que le saint patron d’un groupe était cité au cours du spectacle. Le summum a, je crois, été l’acclamation de Jeanne d’Arc, les répétitions étaient bien silencieuses et je ne m’attendais pas à une telle ovation par 80 000 personnes lors de la veillée !

© Diocèse de Nanterre
Par ailleurs, la chorale pendant le spectacle était incroyable ! Nous avions une bande son instrumentale pendant les répétitions et je ne pensais pas que ce serait du direct pour les instruments, et avec les voix par dessus… ! Je me suis fais la réflexion pendant la veillée que 2 500 choristes, ce n’était finalement pas de trop pour un stade d’une telle envergure, j’avoue que j’avais des doutes en amont mais une fois sur place c’était d’une beauté et d’une puissance magnifique !
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