Boîte à livres (2/4) : Quelques promenades littéraires pour cet été

Publié le 24 Juin 2026
boite à livres lecture roman

Annie Spratt/Unsplash

> DOSSIER n° 1858 : « La boîte aux livres de votre été »
De Russie en Grande-Bretagne, de la campagne française au désert de Sibérie, Antoine de Lacoste (leslivresdantoine.com) invite à redécouvrir la littérature française et internationale pour un été ludique et formateur.

  Il serait bon de bannir une fois pour toutes l’expression « c’est une bonne lecture de plage », comme si le fait de contempler la mer autorisait à tenir en main un médiocre roman. Ce devrait être le contraire. Il n’y a pas de temps à perdre avec la très pauvre et très abondante production littéraire : on n’a jamais autant écrit et jamais aussi mal. Les bons romans ne manquent pas pourtant, les bons écrivains non plus, mais il faut vouloir traverser le temps et l’espace, et peut-être parfois accepter de se laisser guider. Henri Pourrat le Vernet 1954 LivreUne promenade sur les plages ou dans les campagnes françaises peut être l’occasion de découvrir des auteurs dont on parle peu, mais qui ne vous décevront pas. Jeunes et moins jeunes se délecteront des aventures de Gaspard des Montagnes (1922), d’Henri Pourrat. La tension est forte dès le début du récit lorsqu’Anne-Marie, 14 ans, est attaquée chez elle par des inconnus. Elle vient d’hériter et tout se sait dans les petits villages de l’Auvergne. Grâce à un redoutable couteau et une main imprudemment passée sous la porte, elle sectionne le petit doigt de l’homme. Ce sera sa marque. Anne-Marie est en danger constant mais Gaspard, héros populaire et joyeux, part en campagne contre les malandrins. C’est un roman de la terre, aux rebondissements incessants, merveilleusement écrit. Plus tragiques sont les aventures de don Luis racontées dans Le Flagellant de Séville (1951) de Paul Morand. Ce jeune aristocrate espagnol épris d’idées nouvelles, lecteur de Voltaire, accueille avec joie les troupes bonapartistes en 1809. Sa femme, la belle et pieuse Maria, n’a pas le même point de vue : « Nous chasserons les Français. » Les époux s’aiment mais la guérilla commence et don Luis aura des choix terribles à faire. Les premières pages austères racontant une procession de flagellants le Vendredi saint ne doivent pas inquiéter le lecteur, on ne lâche pas ce roman flamboyant. Paul Morand a trop écrit mais certaines nouvelles méritent le détour : Parfaite de Saligny (1958), Le Bazar de la Charité (1944), et ce petit roman, L’Homme pressé (1942), plus léger,…

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Antoine de Lacoste

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