> DOSSIER n° 1859 : « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique »
Dans l’ombre et la lumière du règne de saint Louis, deux figures féminines s’imposent : Blanche de Castille, mère dévouée et reine de fer, et Marguerite de Provence, reine pieuse et épouse fidèle. À travers leurs influences respectives, se lit l’équilibre singulier d’une royauté en acte, structurée par la foi chrétienne.
De toutes les femmes qui ont entouré Louis IX, c’est sa mère Blanche de Castille (1188-1252) qui a marqué les esprits. La princesse espagnole est restée dans les mémoires comme modèle de femme de pouvoir et de piété. Son contemporain, le chroniqueur anglais Matthieu Paris, évoque « la majestueuse reine Blanche, femme par son sexe, mais homme par sa fermeté et qui méritait d’être comparée à Sémiramis ». D’autres dames ont cependant entouré le saint roi tout au long de sa vie ; à toutes il s’est montré très attaché, qu’il se soit agi de son épouse Marguerite de Provence ou encore de ses filles.
Une reine sur la scène politique
Avant la mort de son époux Louis VIII, fils de Philippe Auguste, en 1226, les sources sont très discrètes à propos de la reine Blanche de Castille qui ne dispose visiblement que de très peu de pouvoir. Cependant elle s’affirme comme une éducatrice exigeante qui fournit à son fils Louis les meilleurs précepteurs afin qu’il reçoive un enseignement religieux et moral digne de celui d’un grand roi chrétien. Veuve et mère d’un roi trop jeune pour régner, Blanche est projetée sur la scène politique où elle s’illustre avec tact et habileté pendant de longues années. À deux reprises, elle exerce un pouvoir longtemps assimilé à une régence, à tort puisque ce titre n’est jamais employé au XIIIe siècle, encore moins pour qualifier un gouvernement exercé par une femme. En novembre 1226, le roi Louis VIII agonisant confie la tutelle ainsi que la garde du royaume et de ses enfants à son épouse Blanche, qui bénéficie…







