Bruno Guillot : Du salafisme à la foi catholique

Publié le 30 Oct 2025
Bruno Guillot

Bruno Guillot. © Anthony Quittot

Comment un adolescent mal dans sa peau a-t-il pu être happé par une idéologie totalement étrangère à sa culture ? C’est ce que dévoile l’ouvrage autobiographique Adieu Souleyman dont le sous-titre, Itinéraire d’un imam salafiste, annonce le contenu. Bruno Guillot veut témoigner de l’étonnante facilité d’entrer dans l’islam, mais de l’extrême difficulté d’en sortir. Entretien.

 

| Que s’est-il passé aux alentours de vos 15 ans ?

Français habitant la Belgique, je suis en rupture d’affection paternelle et sympathise dans un parc avec de jeunes Marocains. Invité chez eux, je découvre une famille aimante, chaleureuse, tout de suite accueillante. L’ambiance me parait magique : les odeurs, la saveur de ce premier tagine, la gentillesse dont on m’entoure. Bientôt, les deux grands frères me montrent leur attachement à leur religion, par la prière et l’enseignement d’un de leurs théologiens. Ils me montrent des vidéos. C’est un monde qui m’est totalement étranger car ma famille de tradition catholique ne pratique pas du tout. On m’invite un jour à la mosquée. Là encore, le mélange de parfums, la mélodie des vers coraniques et les rites préparatoires à la prière m’enchantent. Tout est régulier, précis. Saisi par l’humilité de ces croyants, j’imite leurs attitudes et reçois même la traduction des prêches sur le Dieu unique et son messager Mohamed. Ces affirmations claires me rassurent comme des certitudes qui manquent cruellement dans ma vie. Je veux devenir musulman. Il me suffit alors de prononcer les deux affirmations selon lesquelles Dieu est le plus grand et Mohamed son prophète, pour être reconnu comme tel !  

| Que changez-vous alors dans votre vie ?

Je cache mon Coran en caractères latin, pour pouvoir prier dans ma chambre. Si mon père découvre assez vite mon changement d’attitude, sa colère n’a aucune prise sur moi puisque je ne ressens plus d’empathie pour lui. Bientôt, j’annonce à mes parents qu’à 18 ans, je partirai habiter un pays musulman pour apprendre l’arabe. De fait, j’avais constaté des divergences notables entre les différences interprétations de sourates et voulais étudier à la source, pour comprendre. Je commence par épouser la sœur radicalisée d’un ami du quartier, pour ne pas me retrouver seul dans ma nouvelle vie. Il n’y a aucun désir de violence en moi mais je partage la certitude de mes nouveaux frères que l’islam est la seule vraie religion, juifs et chrétiens étant des mécréants. Nous vivons donc en Égypte

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Sabine Perouze

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