La logique subversive du mimétisme
Peut-on sans dommage parler de « couple » homosexuel ? Les mots que nous utilisons pour exprimer notre avis sur tel ou tel sujet véhiculent des implications dont le sens parfois nous échappe. La plupart des protagonistes du débat actuel ont pris l'habitude de parler de « couple de personnes de même sexe ». Une telle expression contribue de facto à légitimer la revendication homosexuelle puisque l'usage des mêmes mots pour désigner le phénomène semble faire consensus.
Choisir le mot « couple » pour nommer la relation amoureuse entre deux hommes ou entre deux femmes crée un parallélisme avec le couple homme/femme. Si on désigne ces deux types de relation par le même mot, ne serait-ce pas le signe qu'ils sont comparables ? Puisque seul ce qui est comparable peut être comparé, on a ainsi effectué une partie du chemin de légitimation. L'égalité consistant à attribuer les mêmes droits à des personnes étant dans des situations semblables, les traiter différemment est perçue comme discriminatoire. Au nom de la lutte contre les discriminations, il s'agit donc d'attribuer rigoureusement les mêmes droits à tous les couples, d'où la formule du « mariage pour tous ». Il convient d'interroger à la racine ce présupposé lexical afin de décrypter la logique subversive qu'il déploie à notre insu. Ce qui se cache dans cette utilisation du mot « couple » est une volonté de mimétisme au service d'une stratégie de reconnaissance sociale.
Le mot « couple », du latin copula signifiant « lien, liaison » désigne « un homme et une femme réunis » ; on trouve aussi un sens mécanique dont l'origine analogique est évidente : « ensemble de deux forces parallèles égales entre elles, de sens contraire ». Le mot couple dit donc complémentarité des différences. Tout cela connote l'idée d'un agencement...










