Le secret de la confession violé : la nouvelle loi de l’Etat de Washington

Publié le 06 Mai 2025
confession, Washington
Une vive opposition est proclamée face au projet de loi entré en vigueur le 2 mai dernier, qui oblige les prêtres de l’Etat de Washington (États-Unis) à transgresser le droit canonique en révélant ce qui est entendu lors du sacrement de la confession.

 

Le 2 mai dernier, la Législature de l’État de Washington a adopté, sous la signature du gouverneur Bob Ferguson, un projet de loi obligeant les membres du clergé à briser le secret de la confession en cas d’aveu de maltraitances ou abus sur mineur.

Cette loi (SB5375) rend cela possible prévoyant un changement de statut des prêtres qui sont désormais considérés comme des personnes tenues légalement de signaler les abus. En 2023, une première version précisait que la dénonciation ne serait pas rendue obligatoire dans le cadre des confessions.

L’exception a finalement disparu dans le nouveau texte, qui précise même explicitement que les membres du clergé ne bénéficient pas de l’exemption liée aux « communications privilégiées ». Depuis le 2 mai dernier le secret de la confession peut dorénavant être brisé dans l’État. Des projets de loi similaires sont en train d’être proposés également dans les États du Delaware, Vermont et Montana.

Cependant, la réaction du clergé sur place est vive. Mgr Thomas Daly, l’évêque du diocèse de Spokane (Washington), a affirmé que les prêtres de son diocèse ne violeront pas le secret de la confession en rappelant que les « pasteurs, évêques et prêtres » sont « déterminés à préserver le sceau de la confession – même au prix d’aller en prison » et ajoute «  un élément important de la grandeur de l’Amérique est notre engagement constitutionnel envers la liberté religieuse ».

Avant que le projet ne soit définitivement signé, les évêques de Washington avaient demandé un entretien pour exprimer leurs préoccupations. Mais le gouverneur n’a jamais répondu.

Une forte opposition

Cette nouvelle loi engendre évidemment une forte opposition, car elle enfreint le Code de droit canonique qui dispose que  « Le secret sacramentel est inviolable ; c’est pourquoi il est absolument interdit au confesseur de trahir, en quelque manière et pour quelque cause que ce soit, le pénitent » (Canon 983) ou encore « Le confesseur qui viole directement le secret de la confession encourt l’excommunication automatique (latae sententiae), réservée au Siège Apostolique » (Canon 1388).

Ainsi, cette loi crée un dysfonctionnement entre deux juridictions et oblige les prêtres à choisir entre la responsabilité devant l’État ou leur responsabilité devant Dieu.

L’évêque de Spokane souligne évidemment la nécessité de faire attention à ce que ces abus n’aient pas lieux, en précisant d’ailleurs que son diocèse dispose d’un département entier dédié à la protection des enfants, et applique une tolérance zéro concernant les abus sexuel pour mineurs.

Cependant, reconnaître la pérennité de ce projet, revient à outrepasser le Premier amendement de la Constitution des États-Unis qui dispose que : « Le Congrès ne fera aucune loi concernant l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice », mettant ainsi en danger la liberté de la foi catholique.

 

>> à lire également : Pologne : L’archevêque de Poznań refuse d’interdire la confession des enfants

 

Clarisse Desclaux

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLéon XIV

Léon XIV en Algérie (5/5) : Une évangélisation sous le boisseau

DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane » | L'actualité met le radar sur l'Algérie, et permet de rappeler qu'elle fut une terre chrétienne avant d'être musulmane. Si aujourd'hui il est difficile d'y parler de sa foi (toute propagande est punie par la loi), les conversions existent, surtout vers les évangéliques. Entretien avec l’abbé Fabrice Loiseau, fondateur des Missionnaires de la Miséricorde divine (Toulon).

+

Algérie évangélisation
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLéon XIV

Léon XIV en Algérie (3/5) : Nous sommes une Église de passage

DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane » | Dans le cadre de son voyage en Algérie, Léon XIV rencontrera une Église catholique minoritaire mais bien vivante, avec laquelle il commémorera notamment les 30 ans de l’assassinat de Mgr Pierre Claverie. Entretien avec Mgr Davide Carraro, son successeur sur le siège d’Oran depuis 2024, réalisé par l’AED.

+

Algérie église chrétien
À la uneÉgliseLéon XIV

Léon XIV en Algérie (2/5) : L’Afrique antique, terre chrétienne ?

DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane » | On l’a oublié. Mais comme l’affirme une historienne contemporaine dans la célèbre encyclopédie Histoire du Christianisme : « s’est constituée en Afrique au cours du IVᵉ siècle, une chrétienté dont l’importance, l’expansion, la vitalité l’emportent sur toutes les autres en Occident à la même époque ». Retour sur une période trop perdue de vue, au sein de laquelle brille d’un feu particulier saint Augustin.

+

Carthage Afrique antique Algérie
À la uneÉgliseHistoireLéon XIV

Léon XIV en Algérie (1/5) : Entre mémoire et avenir

DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane » | À l’invitation du gouvernement algérien et des évêques du pays, Léon XIV visitera l'Algérie en avril prochain. S’il entend mettre ses pas dans ceux de saint Augustin, dont il se déclare le fils, le Pape veut aussi encourager le petit peuple des chrétiens présents dans l’Algérie d’aujourd’hui.

+

Léon XIV en Algérie