Croix et yaourts « à la grecque » : l’Europe en ébullition contre la grande distribution

Publié le 14 Sep 2017
Croix et yaourts « à la grecque » :  l’Europe en ébullition contre la grande distribution L'Homme Nouveau

Partie de Belgique fin août, la polémique concernant la disparition de croix sur des images utilisées pour des produits vendus par la chaine Lidl a vite traversé les frontières, en trouvant des échos en France, en Angleterre et en Allemagne. Mais Lidl est loin d’être seul en cause. C’est une majorité de chaînes de la grande distribution qui pratique ce gommage systématique des croix sur les produits vendus par leurs soins. Une christianophobie ordinaire sur laquelle nous avons enquêté.

Le 6 mars dernier, L’Observatoire de la Christianophobie, un blogue signalant depuis mai 2010 les actes antichrétiens perpétrés en France et dans le monde, publiait un courriel reçu de l’un de ses lecteurs :

« Je suis un Franco-Grec. Je suis tombé sur un produit importé par la société Chirag dont l’emballage m’a scandalisé. Il s’agit de yogourt grec de marque “Lynos” qu’on trouve chez Carrefour et dans d’autres grandes surfaces en pots plastiques. L’importateur a choisi d’y faire figurer la fameuse église qu’on voit sur toutes les cartes postales de Santorin, mais a pris soin de supprimer les deux croix, celle du clocher et du celle du dôme. Évidemment chacun a le droit d’illustrer les produits qu’il vend avec les images qui lui plaisent, mais je trouve cela particulièrement indécent quand dans le même moment, les fanatiques islamistes font subir exactement la même chose, mais pour de vrai, aux églises de nos frères d’Orient. (…) Celui qui ne veut pas montrer nos églises sur les produits qu’il importe de Grèce, à l’embarras du choix : il y a des ruines antiques, des plages, des paysages naturels, des animaux sauvages, des voiliers de plaisance, des baigneuses à moitié nues, tout ce que les publicitaires adorent associer à leurs marchandises. Si le choix s’est porté sur cette église pourquoi la tronquer de ses croix ? ».

L’image en question était celle de l’église orthodoxe de l’Anastasis (Résurrection) située dans le village d’Oia sur l’île de Santorin. Ce commentaire du lecteur allait, de proche en proche, provoquer une montée en puissance de la vague d’indignation qui n’allait pas tarder à s’enfler…

Yogourt : une hécatombe de croix 

Vous connaissez tous la fameuse réplique cinématographique : « Un barbu, c’est un barbu ; deux barbus, c’est des barbouzes »… Pris d’une curiosité de bon aloi, le blogue précité publiait, deux jours plus tard, le résultat d’un sondage aléatoire sous le titre : « Yogourt : une hécatombe de croix ». Il montrait, en effet, que d’autres marques et enseignes avaient suivi l’exemple de « Lynos » et supprimé les croix de l’Anastasis : Nestlé, Danone ou encore Walmart au Canada…

yahourts

Six mois plus tard, l’affaire rebondissait avec la publication par RTL Belgique, le 29 août, du commentaire d’un de ses lecteurs « scandalisé » par la disparition des croix de l’Anastasis sur tous les produits « grecs » de l’enseigne Lidl Belgique pour sa marque « Eridanous » : yaourt mais aussi moussaka, pistaches, feta… Contacté par RTL le 31 août, Lidl entrait dans des justifications qui n’en étaient pas, mais présentait ses « excuses aux personnes qui ont pu être choquées ».

En Angleterre et en Allemagne aussi

Nouveau rebondissement le 2 septembre : l’affaire Lidl franchit la Manche ! Le site Premier Christian Media traite du mécontentement de nombreux clients britannique de l’enseigne pour la suppression des croix de l’Anastasis, signale, en passant, le mécontentement des clients allemands pour le même motif, et reçoit, lui aussi, les plates excuses de Lidl avec la promesse « que ces retours de nos clients seront pris en compte lorsque nous concevrons les nouveaux emballages ».

Revenant à la charge le 6 septembre, L’Observatoire de la Christianophobie informe ses lecteurs de nouvelles trouvailles : les yaourts « à la grecque » des marques Délisse (magasins Leclerc) et Pâturages (Intermarché) ont également « gommé » les croix de l’Anastasis

La dénonciation de ce scandale est désormais reprise par la « grande » presse : La Vie (7 septembre), HuffPost (groupe Le Monde, le 10 septembre) ou encore l’AFP (10 septembre) pour ne citer qu’eux.

Comme quoi, il ne faut jamais rien lâcher : Stat crux dum volvitur orbis…

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