Des condamnés face à la mort

Publié le 21 Nov 2018
Des condamnés face à la mort L'Homme Nouveau

Ils savent qu’ils vont mourir dans peu de temps. C’est le trait commun de tous ces personnages dont François Foucart, ancien chroniqueur judiciaire, a collecté les dernières paroles, les Derniers mots, comme il a titré son dernier livre. 

Face à la mort l’homme se révèle tel qu’il est au plus profond de son être. C’est ce que met en lumière François Foucart dans son livre Derniers mots. De Louis XVI et son magnifique testament à Georges Fesch et son cri vers Dieu, en passant par Landru d’un intérêt faible, nous passons en revue un trombinoscope de condamnés à mort. Beaucoup face à l’inéluctable jugement divin remettent leur âme à Dieu, d’autres font les bravaches. Ici pas de survivants… mais bien souvent de l’espérance.

Si parmi eux une majorité est célèbre, certains noms sont moins connus. Celui d’Hélène Jégago par exemple, une servante bretonne exécutée en 1852 pour avoir eu la désagréable manie d’empoisonner patrons et familles. Elle est aujourd’hui une des plus grandes tueuses en série de France, même si grâce à la prescription d’une majorité des faits, seulement cinq meurtres seront retenus contre elle. Elle était accusée de pas moins de 97 tentatives d’assassinat.

Le livre de François Foucart dénonce les exécutions politiques variants au gré des alternances. Face aux récits de ces mises à mort, le lecteur s’indigne. Que ce soit pour Honoré d’Estienne d’Orves, militaire arrêté à Nantes en 1941 pendant une mission de renseignement, ou pour Robert Brasillach journaliste engagé, jugé pour collaboration lors d’une parodie de procès, les faits incriminés sont liés étroitement à l’époque et la peine démesurée. 

Ce n’est pas en fonction des idées politiques ou des opinions religieuses que l’auteur a choisi sa liste de condamnés, mais c’est à l’aune de ce que pouvait laisser le proscrit à la postérité. Un symbole, une marque d’espérance, d’héroïsme… 

Un personnage, sortant indemne de chaque exécution, est également mis en lumière. C’est le bourreau. Énigmatique, troublant, mystérieux, cet homme dont le métier est de tuer, plus précisément de bien tuer, occupe une place de choix dans le livre de François Foucart. En effet l’auteur s’est entretenu avec un des bourreaux, taiseux habituellement, mais qui souhaitait donner une image plus objective de sa fonction. Une fonction qui demande une part d’empathie et un professionnalisme qui n’a pas de droit à l’erreur. 

Préfacé par Michel de Jaeghere, Derniers mots est un livre qui se pose en témoin. Témoin de tous ces hommes et ces femmes qui eux savaient « le jour et l’heure ». 

Derniers mots,  aux éditions Via Romana, 190 p., 19€

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