Dilexi Te : La cause des pauvres, clef du Royaume

Publié le 21 Oct 2025
pauvre dilexi te
> L’Essentiel de Thibaud Collin
Avec sa première exhortation apostolique Dilexi Te, Léon XIV s’inscrit dans la continuité du magistère social de l’Église, prolongeant le travail inachevé de François. Contre une vision mondaine qui réduit la foi à l’assistance sociale, il rappelle que la charité envers les pauvres appartient au cœur même de la vie chrétienne et manifeste le règne du Christ dans le monde.

  La première exhortation apostolique de Léon XIV, Dilexi te, est un texte écrit à « deux mains » puisque le Pape assume ainsi un texte auquel le pape François travaillait quand il est mort. De même que la première encyclique du défunt pape, Lumen Fidei, était un texte largement rédigé par son prédécesseur Benoît XVI. Ainsi les papes se suivent mais la charge de confirmer ses frères dans la foi confiée à saint Pierre par Notre-Seigneur demeure. 

Des idéologies mondaines

Quelques esprits chagrins ont déjà accusé ce texte de réduire la foi à un supplément d’âme de l’assistance sociale et de se désintéresser de la vie théologale. À se demander s’ils l’ont vraiment lu ! Reprenant la doctrine sociale de l’Église qui est un secteur de la doctrine morale, elle-même intrinsèquement liée à la foi, Léon XIV affirme dès le début de son exhortation (qui ainsi porte bien son nom) :

« Même les chrétiens, en de nombreuses occasions, se laissent contaminer par des attitudes marquées par des idéologies mondaines ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses. Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé, comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du cœur brûlant de la mission ecclésiale, me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine. Il n’est pas possible d’oublier les pauvres si nous ne voulons pas sortir du courant vivant de l’Église qui jaillit de l’Évangile et féconde chaque moment de l’histoire. » (n. 15) 

Ainsi dans la continuité de l’enseignement des Papes et des Pères de l’Église, il s’agit d’abord de méditer sur la dimension christologique de la pauvreté :

« L’histoire vétérotestamentaire de la prédilection de Dieu pour les pauvres et du désir divin d’écouter leur cri trouve en Jésus de Nazareth sa pleine réalisation. Dans son…

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Thibaud Collin

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