Et Dieu créa la femme…

Publié le 12 Août 2023
femme

À l’instar de l’homme, la femme doit répondre à sa nature pour trouver sa véritable place dans la société, comme dans l’Église. Mère avant tout, de toutes les manières qui puissent être, elle se réalise de manière essentielle dans l’accueil et dans l’offrande : une humilité qui n’a d’égale que la puissance qu’elle peut générer… c’est le grand paradoxe du mystère féminin.   « Et Dieu créa la femme ! » Belle à nulle autre pareille, il la fit. Benjamine de la création, elle en était le chef-d’œuvre. Ravissante. Étincelante. Non pas sculptée dans la glaise, comme Adam, son aîné, mais extraite de sa côte : un lieu cordial, une matière vivante. Le siège de l’amour selon une symbolique classique ! C’est dire sa noblesse. Non pas supérieure, mais différente. Peut-être plus intérieure, plus spirituelle… Par sa beauté, la femme attire. Par sa beauté physique, par sa beauté morale. Quand c’est un reflet de son âme, elle éclaire. Et si elle suscite le désir, elle force le respect. Mais quand sa beauté n’est plus qu’une apparence, elle excite les passions et aveugle l’esprit. D’ailleurs, ne dit-on pas que l’amour est aveugle ? « Sentinelle de l’invisible », selon une formule bien frappée de saint Jean-Paul II (1), la femme est douée pour le cœur à cœur. Elle en devine les secrets intimes et détecte les appels de la charité. Sa grâce, c’est d’aimer. Une grâce propre mais non exclusive. C’est son charme, sa force. Quand elle y consent, elle y excelle, elle en rayonne, faisant vibrer les cordes de son cœur avec dextérité, tant dans ses relations privées que sociales. En effet, elle « est nativement adaptée à l’empathie, à cette sympathie avec l’objet qui n’est concevable que chez un sujet, comme l’est seul le sujet féminin, pour qui l’objet n’apparaît pas d’emblée comme extérieur », pointe l’éminent théologien Louis Bouyer (2). En 1995, le saint pape polonais va jusqu’à parler de « génie féminin » dans sa « Lettre aux femmes ». Mais son amour peut devenir narcissique et tyrannique, l’enfermer et la dessécher. Grisée d’ambition et de performances, la femme est capable d’additionner le pouvoir de séduction au pouvoir d’efficience pour s’auto-réaliser et s’imposer, souvent avec brio mais au risque de sa féminité, voire dans le déni de celle-ci. Ce faisant, elle veut disposer de son corps, de son temps, de sa vie, par une hyper-maîtrise qui écarte l’imprévu, en particulier l’annonce d’une naissance. Ivre d’adrénaline, elle devient sourde à…

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Maryvonne Gasse

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