Fatima, l’innocence aide la pénitence

Publié le 13 Mai 2017
Fatima, l’innocence aide la pénitence L'Homme Nouveau

À Fatima, l’ange a appris aux enfants innocents la prière adressée à la Très Sainte Trinité, l’adorant, offrant la Présence réelle de Jésus dans tous les tabernacles, pour réparer les outrages et l’indifférence que subit celle-ci : l’innocence vient aider la pénitence. L’année centenaire 1917-2017 ravive le sens de cette réparation, proposée maintenant à nous tous, pénitents plus ou moins conscients de ces outrages et indifférences.

Dans cette prière, affleure la grande théologie de la Rédemption. Dieu s’est incarné pour nous racheter et réparer le dommage existentiel du péché originel qui a coupé les enfants d’Adam de leur vocation à l’intimité avec leur Créateur. Dieu seul pouvait combler le fossé, désormais infranchissable par la créature blessée. Il a envoyé son Fils, Dieu né de Dieu, Jésus prenant chair par Marie.

L’application des fruits de cette rédemption-réparation se fait désormais dans la sainte Église, c’est-à-dire par les sacrements et par les grâces invisibles que Dieu fait passer du Cœur de son Fils dans celui de sa Mère Immaculée et dans celui de la Mère Église. Mais hélas, le fidèle attiédit son rapport avec la source qui le sauve. Aussi, à Fatima, l’ange, puis Notre Dame, viennent demander que nous réparions cette insouciance à l’égard du salut : l’homme boude celui-ci pour s’occuper de niaiseries, en comparaison de l’Unique chose Nécessaire (Cf. Lc 10, 42).

Au matin de Pâques

Innocence et pénitence, cela fait penser au petit matin de Pâques : dans la plus stricte intimité à laquelle l’évangéliste n’a pas accès, Jésus apparaît à sa Mère Immaculée, secret magnifique fait pour la seule cour céleste. En revanche, il met le gros plan sur l’apparition à la Madeleine (Jn 20, 11-18), avec un luxe de détails digne du Cantique des cantiques : dans son beau secret, l’innocence de Marie plaide pour la pénitente.

Cela fait penser à une belle page de la sainte de Lisieux, voulant faire démentir l’adage qui est pourtant dans l’Évangile : « Celui à qui on remet moins, aime moins » (Lc 7, 47). Ce qui se vérifie du pharisien « réglo » avec la Loi ne vaut pas pour l’Immaculée qui sait à quel prix elle a été rachetée avant tout le monde. La petite Thérèse se blottit dans cette logique d’où elle sait pouvoir rayonner alors sur les périphéries les plus blessées (Cf. Ms A 38v° et 39 r° ; Ms C 36 r° & v°).

Bossuet la rejoint dans un discours sur saint François de Paule qui, au XVe siècle, eut un itinéraire aussi simplement rectiligne que celui de la petite sainte de la fin du XIXe siècle. Là, l’évêque de Meaux fait démentir une autre phrase de l’Évangile, à savoir la réponse du Père du prodigue à son frère aîné envieux du festin offert au rescapé des débauches : « Mon fils, toi, tu es toujours avec moi » (Lc 15, 31). L’innocence n’est pas envieuse du mal non commis, elle ne rechigne jamais, fière au contraire de ne connaître que l’intimité avec l’auteur de tout bien.

Une tendresse sans réserve

En quoi consiste son privilège, se demande alors l’orateur. Il est malaisé de l’entendre, car la tendresse extraordinaire de Dieu pour les pécheurs convertis oblige de croire qu’Il n’use avec eux d’aucune réserve ; Il semble bien les préférer aux justes en délaissant ceux-ci pour aller chercher la brebis égarée. « Et toutefois, chrétiens, poursuit Bossuet, il ne nous est pas permis de douter que ce Dieu, qui est juste dans toutes ses œuvres, ne sache bien garder la prérogative qui est due naturellement à l’innocence ». Et il renvoie au « grand saint Thomas, qui, faisant la comparaison de l’état du juste qui persévère et du pécheur qui se convertit, dit qu’il faut considérer en l’un ce qu’il a, et en l’autre d’où il est sorti : Dieu conserve au juste un plus grand don, et il retire le pécheur d’un plus grand mal : et partant, le juste est sans doute plus avantagé, si l’on a égard à son mérite ; mais le pécheur semble plus favorisé, si l’on regarde son indignité. D’où il s’ensuit que l’état du juste est toujours absolument le meilleur ; et par conséquent il faut croire que ces mouvements de tendresse que ressent la bonté divine pour les pécheurs convertis, qui sont sa nouvelle conquête, n’ôtent pas la prérogative d’une estime particulière aux justes… Ce chaste amateur de la sainteté et de l’innocence (citation d’une belle prière du Carême) trouve je ne sais quel attrait particulier dans ces âmes qui n’ont jamais rejeté sa grâce, ni affligé son esprit » (II Panégyrique de saint François de Paule, deuxième point).

À Fatima, Dieu nous donne Lui-même son avis là-dessus ; aimons recourir aux enfants nouveaux saints, sans oublier leur Reine et la nôtre.

Ce contenu pourrait vous intéresser

Église

Maria Alvarado : une laïque à la tête de la communication du Saint-Siège

Jamais une femme non religieuse n’aura eu une telle responsabilité au Vatican. La nomination de Maria Montserrat Alvarado, jeune Mexicano-Américaine et présidente d’EWTN News, pour diriger la communication au Vatican marque l’ouverture d’une ère nouvelle, tournée non plus vers l’Europe, où la foi décline, mais davantage vers les Amériques.

+

maria Alvarado EWTN vatican communication
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Agnus Dei 16 (Féries per annum)

Voici un Agnus Dei très ancien, daté du Xᵉ siècle, et représenté par de nombreuses sources manuscrites en provenance de toute l’Europe. Sa mélodie du 1er mode est très simple et alterne avec discrétion les courts passages syllabiques et de sobres formules neumatiques.

+

alléluia corps Agnus Dei
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Sanctus 16 (semaine du temps ordinaire)

Le Sanctus 16 est un des plus simples de toute la série. Il est daté du XIIIᵉ siècle et serait probablement d’origine anglo-saxonne. Il se présente comme une légère amplification d’une déclamation, et son caractère assez syllabique le range parmi les Sanctus les plus faciles à mémoriser et donc à chanter pour une foule. Il s’agit d’un 2ᵉ mode à l'ambitus assez restreint.

+

SANCTUS