Hymnes du Temps pascal

Publié le 07 Mai 2014
Hymnes du Temps pascal L'Homme Nouveau

Si c’est d’abord dans la nuit pascale, sommet de l’année liturgique, que l’on célèbre la Résurrection du Seigneur, l’Église nous offre de le faire dans un temps que l’on pourrait qualifier de « parfait » puisqu’il dure sept fois sept jours. Durant l’octave elle-même, chaque messe reprend ce verset : « Voici le jour qu’a fait le Seigneur ; passons-le dans l’exultation et une joie débordante » (Ps 117, 24).

En ce temps, la liturgie résonne de mille alléluias, chant d’exultation et d’action de grâces pour la victoire de Jésus sur la mort. Ainsi, dans l’office romain antique, c’est-à-dire tel qu’il était avant la réforme de saint Pie X (1911) – et que l’on retrouve le dimanche dans l’office monastique traditionnel –, il était prévu de reprendre chaque jour de férie les laudes du dimanche in Albis, dont la première antienne est composée de neuf alléluias chantés sur le huitième mode grégorien, traditionnellement qualifié de perfectus, parfait…

Des hymnes éloquentes

Pour la période qui sépare Pâques de l’Ascension, l’ordinaire de l’office comporte des hymnes assez anciennes (Ve-VIe siècle). À l’office de nuit (forme extraordinaire), l’hymne Rex sempiterne Domine retrace l’histoire du Salut. Après l’évocation de l’union éternelle des trois Personnes de la Trinité, l’hymne parle de la Création, de la chute et de la Rédemption : « Par les eaux du baptême, vous (ô Christ) nous avez donné le pardon, alors que nous étions liés par les chaînes de nos forfaits ; vous n’avez pas refusé de porter la Croix pour les hommes, et pour prix de notre Salut, vous avez répandu votre Sang » (trad. Desjardins). Les deux autres hymnes correspondent bien au moment auquel elles sont affectées. À Laudes, au point du jour, l’hymne chante avec lyrisme la sortie du Christ du tombeau : « L’aurore brille de tout son éclat, le Ciel retentit de louanges, le monde exulte d’allégresse, l’enfer qui gémit hurle aussi. Car notre Roi très puissant de la mort a brisé les forces, et, foulant aux pieds les enfers, il libère les malheureux. Lui qui, enfermé sous une pierre et gardé par des soldats, triomphe en noble cortège et surgit victorieux du tombeau. C’en est fait des gémissements et des douleurs de l’enfer, l’Ange resplendissant proclame : “Il est ressuscité, le Seigneur !” » (trad. Le Barroux).

La Pâque des Hébreux

À Vêpres, office du soir, il est question… du dîner. Et c’est l’occasion de revenir à la Pâque des Hébreux : « Conviés au dîner (cenam) de l’Agneau, immaculés, vêtus de blanc, la mer Rouge une fois franchie, chantons le Christ, notre Prince. (…) Protégés, au soir de la Pâque, contre l’Ange exterminateur, nous sommes ainsi affranchis de l’implacable empire de Pharaon. Notre Pâque à nous, c’est le Christ, c’est lui, l’Agneau immolé ; pain azyme de pureté, sa chair nous est offerte » (trad. Le Barroux revue).

Chacune des trois hymnes s’achève, avant la doxologie, par cette prière : « Daignez, Auteur de toutes choses, en cette joie de Pâques, contre tout assaut de la mort défendre votre peuple » (trad. Le Barroux), dont Urbain VIII a modifié ainsi le texte : « Pour être toujours, ô Jésus, la joie pascale de nos âmes, délivrez de la mort cruelle du péché ceux que vous avez fait renaître à la vie » (trad. Labergerie).

C’est une évidence : la résurrection vient après la mort. Ainsi, pour suivre Jésus, tête du Corps qu’est l’Église, la liturgie la fait demander à ses fidèles pendant le Carême : « qu’aidés par (l’)intercession (de la Vierge Marie), nous ressuscitions (resurgamus) de nos péchés » (cf. oraison de l’antienne Ave Regina cælorum).

Les textes latins des hymnes sont ceux du Bréviaire Romain, tels qu’ils étaient avant la réforme d’Urbain VIII (1629-1631). Les Bréviaires de certains Ordres religieux les ont conservés tels quels jusqu’à la réforme issue de Vatican II. La traduction est due au chanoine Desjardins (Toulouse, XXe s.).

A Matines
(Auteur inconnu, Ve-VIe siècle)

Hymnes Temps pascal 1

A Laudes
(Auteur inconnu, mais d’une haute antiquité)

Hymnes temps pascal Laudes

A Vêpres
(Auteur inconnu. D’après un hymnologue, l’auteur serait Nicétas de Rémésiana
[Dacie, actuelle Serbie], mort après 414)

Hymnes temps pascal Vepres

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉglise

Droit canonique (2/4) : La transcendance du droit ecclésial

DOSSIER « Le droit canonique : pour quoi faire ? » | La mission de l'Église est celle que le Christ lui a assignée : annoncer le salut et être l'instrument de sa réalisation. Cette mission tient dans une finalité précise : procurer la salus animarum (le salut des âmes). C'est le sens de l’ultime canon 1752 du Codex Iuris Canonici de 1983, la fin que tout l'ordre juridique canonique doit poursuivre, car le salut des âmes doit toujours être la loi suprême dans l'Église. De ce fait, le droit ecclésial est attaché par nature à la vie de l'Église. Il est un moyen, un secours et une protection.

+

droit canonique église
À la uneÉgliseÉglise de France

Marche de Saint Joseph : « Et qui est mon prochain ? »

Initiatives chrétiennes | Tournée plus spécialement cette année vers les néophytes et catéchumènes, la Marche de Saint Joseph mène les hommes depuis les paroisses ou les écoles parisiennes jusqu'à Saint-Sulpice, en passant par Montmartre. L'occasion pour eux de se rencontrer mais aussi de retrouver sa vocation au don. Entretien avec l’abbé Vincent de Mello, aumônier du pèlerinage.

+

Marche de Saint Joseph
ÉgliseÉglise de France

L’attractivité de la liturgie traditionnelle : conférence avec des convertis

Entretien | Le lundi 3 mars, Ichtus et L’Union Lex Orandi proposent un débat-conférence sur le thème : « L’attractivité de la liturgie traditionnelle – la preuve par l’exemple des convertis et des recommençants ». Philippe Pelissier, auteur de Ils sont entrés dans l'Église… par la voie de la liturgie latine (Presses de la Délivrance, 2025) et organisateur de l’événement, explique les raisons de cette soirée.

+

tradition convertis