Jésus, l’envoyé du Père pour annoncer la Bonne Nouvelle

Publié le 25 Jan 2023

Depuis début janvier, le Pape traite un nouveau thème lors de ses catéchèses du mercredi : le thème très important de la passion pour l’évangélisation et du zèle apostolique du croyant. Lors de sa première catéchèse sur ce sujet, le Pape avait commenté l’appel de saint Matthieu, épisode évangélique qui lui est particulièrement cher, puisque c’est du commentaire de cet épisode par saint Bède qu’il a tiré sa devise : Miserando atque eligendo. Lors de l’Audience générale du 18 janvier dernier, il se penche sur le modèle suprême de l’annonce de l’Évangile : Jésus lui-même, « plénitude et médiateur de la Révélation » selon le dernier Concile ; messager et message de l’Évangile selon la très belle expression de saint Jean de la Croix.

Le prologue de l’Évangile selon saint Jean, lu à la messe du jour de Noël, nous dit que Jésus est le Verbe de Dieu, sa Parole, ce qui implique une relation : avec son Père bien sûr dans sa génération éternelle, mais aussi avec l’humanité, en raison même de l’Incarnation qui est la Bonne Nouvelle. Les Évangiles détaillent à plusieurs reprises cette double relation, spécialement quand ils parlent de la prière de Jésus. Jésus ne prend ses décisions, comme le choix de ses Apôtres, qu’après avoir prié son Père, car c’est aux affaires du Père qu’il est venu se consacrer, comme il le dit à sa Mère lors du recouvrement au Temple.

Proclamer de ville en ville, surtout aux plus démunis, la joyeuse annonce de l’accomplissement des promesses et de l’Alliance proposées par Dieu : telle est la mission pour laquelle Jésus se déclare envoyé par le Père. Ce n’est pas qu’il lance là un message sensationnel. Non, Jésus n’agit jamais comme le diable pour époustoufler par un sensationnel malsain et inutile. En réalité son message rédempteur est vraiment extraordinaire : Jésus est venu nous sauver ; mais pour lancer ce message, il se mêle humblement à la foule qu’il est venu servir et pour laquelle il donnera sa vie. Et nous voyons se dessiner nettement dans la vie de Jésus ces deux contacts : contact avec son Père céleste par la prière, et contact avec tous les gens rencontrés qui découle du premier contact. Mais Jésus ne force jamais ; il respecte la liberté. Il y aura toujours deux groupes : ceux qui croiront et ceux qui ne croiront pas. C’est ainsi que Jésus se présente d’abord comme le Bon Pasteur. Son Cœur est éminemment pastoral, car il est à la fois divin et humain. Son Cœur est essentiellement don et miséricorde. Toute pastorale n’a de sens que si elle imite celle du Christ et donc si elle part d’abord de Dieu pour parvenir ensuite aux hommes. Or, il faut le reconnaître, durant de longues années on a trop souvent perdu la dimension divine de la pastorale qui permet de se pencher sur les faibles, les exclus et les marginalisés. C’est pourquoi le cœur de tout vrai pasteur est un cœur qui souffre : souffrance de voir Jésus non annoncé, maltraité dans ses frères. Tout pasteur doit savoir prendre des risques pour aller chercher la brebis perdue. Faisons donc notre examen de conscience. Avons-nous vraiment, comme le demandait saint Paul, les mêmes sentiments que Jésus ? J’ajouterai : avons-nous aussi ceux de Marie, qui nous dit dans l’épisode de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

Le Pape parle aussi du prosélytisme. Si l’on entend par ce mot l’évangélisation par la force et la menace, alors oui, le prosélytisme n’est pas chrétien. Mais si l’on entend par ce mot la simple proposition du message, alors dans ce cas, il faut évangéliser. Saint Paul est net, à la suite du Seigneur : « Malheur à moi si je n’évangélise pas. » Du reste, l’Islam n’est-il pas prosélyte au sens mauvais du terme ? Mais cela reste entre nous, car c’est incorrect que de le dire.

Un moine de Triors

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLéon XIV

Voyage du Pape en Amérique du Sud : insuffler un nouvel élan missionnaire

Léon XIV s’est envolé ce 6 novembre pour l’Uruguay, première étape de son voyage de douze jours en Amérique du Sud, qui doit se poursuivre par l’Argentine puis le Pérou, sa deuxième patrie, qu’il a servie pendant plus de vingt ans. Comme en France, les billets ont été épuisés rapidement, et des milliers voire des millions de fidèles sont attendus à chaque étape.

+

voyage du pape Amérique du Sud
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (3/3) : Une voix venue de l’Orient

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | Né au cœur de l’Orient chrétien, le chant byzantin traverse près de deux millénaires d’histoire. Il plonge ses racines dans les premières traditions de l’Église et s’est façonné au fil des siècles entre Jérusalem, Antioche et Constantinople. Johnny El Kassis, chantre à l'église Saint-Julien-le-Pauvre, à Paris, que dessert la communauté catholique grecque-melkite, nous évoque ce trésor transmis jusqu’à aujourd’hui.

+

liturgie byzantine chant orient
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (2/3) : (Re)découvrir le rite byzantin

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | La chapelle consacrée aux chrétiens d’Orient dans Notre-Dame de Paris rénovée poussera-t-elle les catholiques latins à découvrir les rites, trop souvent incompris ou ignorés, des Églises catholiques orientales ? Ces rites trouvent tous leur origine, comme notre rite latin traditionnel, dans l’héritage directement reçu des apôtres, notamment le rite byzantin.

+

rite byzantin liturgie
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (1/3) : Ce que je dois au rite byzantin

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | À 21 ans, le père Louis-Marie de Blignières, fondateur par la suite de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, assistait pour la première fois à un office religieux selon le rite byzantin, dans l'une des plus anciennes églises parisiennes. Plus d'un demi-siècle après, il mesure combien cette rencontre presque fortuite a nourri sa spiritualité et sa compréhension de la complémentarité entre l'Orient et l’Occident. Un précieux témoignage liturgique.

+

liturgie byzantine
À la uneÉgliseLéon XIV

Léon XIV : « L’histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine »

Commentaire du Pape | Du 19 au 21 octobre 2026, le Dicastère pour la Cause des Saints organisait un congrès international sur « La sainteté dans l’Histoire ». Dans son discours de clôture, Léon XIV a affirmé que « l'histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine ». Il a aussi insisté sur  la nécessité d'une rigueur historique stricte dans les processus de canonisation.

+

saint dicastère Léon XIV pape