La mouvance néo-droitiste vient de publier, sous la plume de l’un de ses sympathisants actifs, un panorama de son histoire depuis sa fondation, au lendemain de la guerre d’Algérie, jusqu’à nos jours et de son influence sur le monde actuel. Convergences et incompatibilités avec le catholicisme apparaissent bien.
La Nouvelle Droite est un de ces marronniers dont la presse de gauche est friande lorsque la maîtrise du discours politique et métapolitique semble lui échapper. Contre ces phantasmes, François Dambelin s’est attaché à dresser un copieux panorama historique de 60 années d’histoire de ce courant de pensée. L’auteur, né en 1967, n’est ni historien de métier ni journaliste, mais un sympathisant actif et engagé de la mouvance néo-droitiste. Comme beaucoup, il a fait connaissance avec la Nouvelle Droite à l’occasion de la campagne de presse qui, durant l’été 1979, dénonça la présence de nombreux éléments néo-droitistes dans les équipes du tout nouveau Figaro-Magazine, alors dirigé par Louis Pauwels.
Un fruit de la guerre d’Algérie
Tout avait commencé au lendemain de la guerre d’Algérie autour de personnalités profondément marquées par cette trahison des élites politiques, militaires et religieuses. Le mouvement Europe-Action, puis la Fédération des Étudiants nationalistes, tous les deux successivement dirigés par Dominique Venner, donneront naissance en 1968 au GRECE (Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation européenne) dont Alain de Benoist prendra la tête, en compagnie de Jean-Claude Valla, Pierre Vial et l’Italien Giorgio Locchi. Pour ces hommes, il s’agit de mener un combat métapolitique car : « Une transformation politique forte consacre une évolution déjà intervenue dans les mœurs et dans les esprits » (Petit Lexique du partisan européen). Ce combat est mené par des intellectuels d’envergure : Alain de Benoist, Guillaume Faye, des journalistes de talent : Michel Marmin, Jean-Claude Valla et des organisateurs efficaces : Philippe Milliau, Jean-Yves Le Gallou. Le corpus intellectuel ne variera guère au cours du temps : antichristianisme revendiqué, refus de toute forme d’universalisme, attachement à un passé indo-européen plus ou moins mythifié, rejet de l’égalitarisme et de la démocratie, culte nietzschéen de la force et de la nature, promotion du paganisme, particulièrement en sa dimension vitaliste illustrée par le concept de « santé érotique », etc. Tout ce corpus est magnifié par un serment, prêté en août 1979 à Delphes, par une trentaine de membres fondateurs :
« Nous Hellènes, Italiens, Belges et Français rassemblés aujourd’hui sous le signe d’Apollon et parlant au nom de tous…







