La vierge des douleurs implore ses enfants (2/3)

Publié le 08 Oct 2023
Vierge des douleurs larmes

À la Salette, la vierge a exprimé sa souffrance par les larmes.

Sous de nombreux vocables évoquant ce qu’elle ressentit devant les souffrances de son Fils, la Vierge des Douleurs a donné lieu à de nombreuses représentations, œuvres musicales, picturales, statues, sanctuaires, à travers les siècles et dans le monde entier.

  « Stabat Mater dolorosa, juxta crucem lacrymosa dum pendebat Filius. » « Elle se tenait debout, la Mère douloureuse, en pleurs près de la croix où pendait le Fils », dit l’hymne mariale de Jacopone de Todi, écrite en un Moyen Âge finissant où la dévotion à la Passion et à la Mère des Douleurs emplit les cœurs. C’est le temps où se répand le culte de Notre-Dame des Sept Douleurs, de Notre-Dame de Pitié ou de Compassion, de Notre-Dame du Spasme. Les larmes de Marie, versées aussi bien sur les souffrances de son Fils que sur celles de l’humanité coupable, si elles doivent inciter les pécheurs à « pleurer avec elle » leurs fautes, dans un acte de repentir vrai, sont aussi jugées puissantes sur le cœur de Dieu dont elles peuvent éteindre le feu de la colère. N’est-ce pas leur signification à La Salette, le 19 septembre 1846, seule mariophanie où coulent les larmes de « Celle qui pleure sur la montagne », comme la nommera Léon Bloy ?  

Rue du Bac et Pontmain

En effet, si, en 1830, Catherine Labouré, lors de la première apparition de la rue du Bac, souligne combien la Sainte Vierge semblait attristée en lui annonçant la révolution de Juillet puis les événements de la Commune en 1871, le martyre du clergé parisien et de l’archevêque, elle ne fait pas état de larmes de la Vierge, pas plus que les voyants de Pontmain, le 17 janvier 1871, qui évoquent seulement l’expression d’indicible douleur de Notre-Dame contemplant le crucifix sanglant et vivant qu’elle tient entre ses mains. Mais, sur la montagne dauphinoise, Marie pleure à chaudes larmes, au point que Maximin Giraud, le jeune voyant, pense avoir affaire à une « pauvre femme battue par un méchant fils ». Elle a pleuré sur le châtiment que nous méritent nos fautes et le sang de son Fils vainement répandu pour tant d’âmes qui se perdent. Et Bloy d’oser cette formule : « les larmes de Marie sont le sang même du Christ ».  

Associée à la Passion

C’est ainsi que la Mère des Douleurs est associée à la Passion du Fils. Est-ce une coïncidence si la statue de la chapelle…

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Anne Bernet

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