Le Concile sous le regard de l’Histoire

Publié le 23 Oct 2012
Le Concile sous le regard de l’Histoire L'Homme Nouveau

Dans le cadre de l’Année de la foi, voulue et décrétée par le Pape Benoît XVI, les Éditions de L’Homme Nouveau publient ce mois-ci un neuvième hors-série, consacré au concile Vatican II. Pourquoi un tel sujet ? Les raisons sont multiples mais indiquons-en les deux principales. La première est bien évidemment le souhait de Benoît XVI lui-même d’associer étroitement cette Année de la foi à la mémoire du Second Concile du Vatican, selon l’herméneutique de continuité qu’il a dégagée dans son discours à la Curie du 22 décembre 2005.

La seconde raison est plus directement liée à l’Histoire. Le 11 octobre 1962, le pape Jean XXIII ouvrait solennelle­ment un nouveau Concile œcuménique, réunion qui ne s’était pas vue depuis 1869. Cinquante ans après, c’est non seulement l’heure du bilan et du discernement – œuvre qui appartient par excellence au magistère – mais celui du regard historique sur le Concile et l’après-­Concile. En partie dégagée des passions théologiques qui sont d’un autre ressort, l’Histoire peut aider, de manière auxiliaire et en restant dans son ordre, les chrétiens à porter un jugement plus éclairé sur un évènement qui a suscité et qui suscite encore bien des interprétations opposées.

Ouverture concile

Un exemple parmi d’autres permet d’illustrer cet apport de l’Histoire. Les récents travaux sur la minorité conciliaire – que présente dans ce hors-­série le professeur Luc Perrin, un spécialiste de la question – permettent de réévaluer son apport dans la précision de certains textes et, de ce fait, de mesurer la portée des décisions prises. Tout cela, est-il nécessaire de le préciser, sans préjuger des positions postérieures des acteurs en question. En l’occurrence, l’attitude de Mgr Lefebvre ne fut pas celle de dom Prou, abbé de Solesmes, pourtant tous les deux membres de cette fameuse minorité.

Magistère et Histoire constituent donc comme l’armature de ce nouveau hors-série, organisé en trois parties complémentaires : Histoire, Réception, Herméneutique. Cette dernière partie n’entend pas effacer le débat qui existe aujourd’hui à Rome, dans le monde universitaire et ecclésial, autour de la juste compréhension des textes du concile Vatican II et de leur portée. Nous avons donc opté pour la publication d’extraits d’interventions qui ont eu lieu à Rome, à l’initiative de la jeune congrégation des Franciscains de l’Immaculée, lors d’un colloque sur le concile Vatican II.

Plutôt que d’exposer une thèse que nous partagerions, il s’agit surtout de montrer la nécessité qu’il y a d’une intervention du magistère pour préciser et éclairer les points qui suscitent des débats et des incompréhensions parmi les théologiens. Comme laïcs, ce travail de clarification ne nous appartient pas. Mais il est vrai aussi que nous ne pouvons pas, cinquante ans après l’ouverture du Concile, rester la proie d’interprétations contraires. Saint Paul nous en a avertis dans sa première lettre aux Corinthiens en faisant allusion à ceux qui se réclament de lui, d’Apollos ou de Pierre pour s’opposer les uns aux autres : « Le Christ est-il donc divisé ? Serait-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Ou bien serait-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? » (1 Co 1-13). Une telle question pourrait être reprise en permanence tout comme son invitation à l’unité. Celle-ci ne peut venir que du magistère suprême. C’est donc en toute confiance que nous nous tournons vers lui pour cette œuvre de discernement qui ne peut que servir au renouveau de la foi voulu par le Pape Benoît XVI.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureArt et Patrimoine

Une petite-fille de Velázquez ?

Analyse d’œuvre | L'exposition en cours au musée Jacquemart-André propose au public des chefs-d’œuvre de la peinture baroque espagnole, parmi lesquels un portrait d'enfant dans un style qui tranche avec les ceux qui rendirent si célèbre Velázquez, le maître du Siglo de Oro, auprès des cours européennes.

+

Velázquez
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (4/8) : Blanche & Marguerite, deux reines au chevet du royaume

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Dans l'ombre et la lumière du règne de saint Louis, deux figures féminines s'imposent : Blanche de Castille, mère dévouée et reine de fer, et Marguerite de Provence, reine pieuse et épouse fidèle. À travers leurs influences respectives, se lit l'équilibre singulier d'une royauté en acte, structurée par la foi chrétienne.

+

saint louis blanche de castille marguerite de Provence
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (3/8) : Sous le manteau fleurdelisé du sacre

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | À travers l’exemple du sacre de saint Louis, le médiéviste Patrick Demouy revient sur les origines, le déroulement et la portée symbolique de cette cérémonie à Reims, où le roi devient, par l’onction, l’élu de Dieu et le garant de l’ordre chrétien du royaume. Entretien.

+

sacre de saint louis manteau fleurdelisé
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (2/8) : 6 lieux

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Découvrez 6 lieux emblématiques de la vie et du règne de Louis IX : baptême à Poissy le 25 avril 1214, sacre à Reims le 29 novembre 1226, consécration de la Sainte Chapelle le 26 avril 1248, départ pour la croisade à Aigues-Mortes le 25 août 1248, la justice à Vincennes, son inhumation le 23 mai 1271 à Saint-Denis. Avec des dessins inédits de © Innocent pour L’Homme Nouveau.

+

saint louis ix lieux