Le magistère de la fragilité

Publié le 08 Juin 2022
Le magistère de la fragilité L'Homme Nouveau

Dans ses catéchèses sur la vieillesse dont les principales réflexions sont puisées dans la Bible, le Pape aborde maintenant les Psaumes.

Rien de plus naturel, car ceux-ci possèdent une dimension universelle du fait qu’ils touchent l’homme, tout homme. Ils ont été composés par des hommes vivants, placés dans des situations qui sont celles de tout homme : la joie, la souffrance, l’espoir, la maladie, l’injustice, l’oppression des adversaires, l’absence apparente de Dieu, avec cette originalité que, toujours, c’est l’action de grâce envers Dieu qui l’emporte. Le psaume 70 que commente le Pape lors de l’audience du 1er juin,, a été sans doute écrit par David avancé en âge, lors de la révolte d’Absalon, son fils. Ce psaume commence par une action de grâces dans laquelle David rappelle à Dieu les biens, la protection et le secours déjà reçus durant sa vie. Maintenant vieux, il conjure Dieu de ne pas l’abandonner, alors qu’il est en proie à de nombreux ennemis qui en veulent à sa vie. Sûr de son appui, il promet à Dieu, s’il est exaucé, de lui offrir en reconnaissance psaumes et actions de grâces.

C’est donc une très belle prière de personne âgée que commente le Pape. Il nous invite à méditer sur le sort des personnes âgées qui, se souvenant des grâces reçues qui leur onst permis de surmonter peines, fatigues et labeurs de toutes sortes, se trouvent dans leur vieillesse mises à l’épreuve quant aux deux vertus théologales de foi et d’espérance. Le diable est un lâche et il sait les moments de faiblesse des hommes pour les tenter et les pousser au mal. Une personne âgée, en raison de la faiblesse due à l’âge, se trouve particulièrement exposée. Et le plus grave, c’est que cela a des répercussions sociales. Les vieux sont facilement abandonnés, trompés et victimes d’abus injustes, en raison de la culture de déchet imposée par notre société permissive. Il suffirait pour s’en convaincre de penser simplement aux escroqueries sans nombres dont sont victimes les personnes âgées. Sans aller jusqu’à de tels abus causés par des gens sans scrupules, force nous est de reconnaître que les personnes âgées sont souvent, sinon abandonnées complètement, du moins mises à l’écart, ne recevant souvent aucune visite de leurs proches.

Face à de tels excès, la société tout entière doit réagir et rapidement. Elle doit reconnaître avant tout que les personnes âgées ne sont pas un rebut, mais un trésor. Un proverbe africain dit même qu’un vieux qui disparaît, c’est une bibliothèque qui brûle. Il faut réagir, car l’ambivalence de la société actuelle à l’égard de la vieillesse est préméditée et voulue. Elle est le fruit de notre culture de mort et de déchet. Ce qu’a ressenti le vieillard du psaume 70, beaucoup de nos vieux le ressentent aujourd’hui, traqués qu’ils sont par cette société permissive. C’est paradoxal pour une société moderne qui se dit si avancée sur bien des points. Mais c’est dans la logique meurtrière. On ne peut pas tuer des enfants dans le sein de leur mère sans engendrer non seulement des guerres, mais, pire, un véritable eugénisme dont sont victimes les vieux.

Les vieux d’aujourd’hui doivent imiter celui du psaume qui, s’il a vu à un moment sa vieillesse comme une défaite, a réalisé ensuite combien il était bon de se tourner vers Dieu et de lui faire confiance, pour retrouver espérance et foi. C’est dans la prière que les vieux retrouveront confiance en Jésus qui, comme Dieu, n’a jamais rejeté les demandes de ceux qui se confient en lui. Nous aussi avons beaucoup à apprendre des vieux. Ils nous apprennent, par le magistère de la fragilité, qui ne cache pas les faiblesses, mais ouvre l’horizon décisif de la confiance en Dieu. Le don fait aux autres quand on est tout abandonné à Dieu et vrais fils de Marie.

Ce contenu pourrait vous intéresser

A la uneEglise

Communautés : oasis ou citadelles ?

L'Essentiel de Joël Hautebert | Tendance de fond ces dernières années, la société paraissant malade ou repoussante à beaucoup, le communautarisme de tout poil prospère. La parution d’un ouvrage de l’abbé Raffray, qui se veut une réponse aux inquiétudes contemporaines, est l'occasion de faire le point sur ce qui pourrait sembler bien tentant à des chrétiens dégoûtés par le monde dans lequel ils vivent et soucieux de se rassembler pour se garder des maladies de l’âme qu’il véhicule.

+

communauté oasis
EgliseLiturgie

La Pause liturgique : Gloria 6, Rex Génitor, (Mémoires des Saints)

Ce Glória est daté du Xe siècle, et il est utilisé, comme le précédent, pour les fêtes des Saints. Les sources manuscrites de ce Glória, assez peu nombreuses, sont toutes françaises, ce qui semble indiquer son lieu d’origine et de composition. Il emprunte sa mélodie au 8e mode, mais il est tout différent du précédent : tandis que le Glória 5 s’envole à chaque verset vers les hauteurs de la quinte du mode authente, celui-ci se cantonne pour l’essentiel à l’intérieur d’une tierce très modeste, Sol-Si. Bien sûr, il se déploie à l’aigu de temps en temps, mais il est beaucoup plus horizontal que son voisin.

+

gloria grégorien
Eglise

La réparation comme démarche spirituelle

Commentaire du Pape | À l'occasion du 350e anniversaire des apparitions du Sacré Cœur de Paray-le-Monial, le Pape a prononcé quelques mots lors du colloque « Réparer l’irréparable », organisé le 4 mai dernier au Vatican. 

+

réparation France sacré cœur roi
A la uneEgliseMagistèreThéologie

Jean Madiran : lecteur critique de Gustave Thibon

Dossier « Jean Madiran et Gustave Thibon, un compagnonnage intellectuel ? » | Considéré par les lecteurs d’Itinéraires comme un collaborateur régulier de la revue, Gustave Thibon n’y donna en réalité qu’épisodiquement des articles, marquant toujours une certaine réserve par rapport au contenu. Directeur de la revue, Jean Madiran le sollicita à de nombreuses reprises mais s’éloigna de plus en plus du philosophe. Retour sur la rencontre de deux grandes figures qui évoluèrent différemment.

+

gustave thibon jean madiran