> Spécial venue du Pape en France
Léon XIV met ses pas dans ceux de Jean-Paul II et Benoît XVI dont le chroniqueur religieux François Foucart a pu commenter les voyages.
À Rome pour l’élection de Jean-Paul II, j’en garde un souvenir insolite. Dès que l’on annonça le nom du Pape, je demandai au jeune confrère qui travaillait avec moi de dénicher un Français dans l’immense foule pour avoir son avis. « Wojtyła ?, répondit le Français, avec un nom pareil, ça doit être un Africain. » Très vite, j’ai obtenu de Mgr Martin, un Français, préfet de la Maison pontificale, d’avoir place dans un petit cortège suivant le nouveau Pape dans Saint-Pierre. Interdiction formelle de l’interroger ! Il s’agissait de recueillir au bout d’une perche la voix du Pontife répondant aux fidèles qui l’acclamaient et se précipitaient pour le toucher, être bénis et embrasser ses mains. Je l’ai d’ailleurs vu revenir dans ses appartements les manches de sa soutane blanche couvertes de rouge à lèvres. Une fois dans le petit cortège et malgré l’interdiction, je remontai jusqu’au Pape avec mon technicien, micro en main. Sourire de Jean-Paul II, mais pas du tout des gardes ! Et un dialogue forcément court et banal, mais en français, son premier ! « J’ai beaucoup d’affection pour la France, tant de saints ! Un tel passé. Si je pense venir en France ? Oui, si je suis invité. J’aimerais aller à Paris, à Lourdes, à Lisieux, à Ars. Avec ferveur, je bénis votre pays. » Le plus étonnant peut-être, mais si sympathique, c’est que Mgr Martin, dont j’avais largement ignoré les consignes, me fit un grand sourire. Et le fait est que Jean-Paul II a accompli ce qu’il m’avait dit. Il est venu, de nombreuses fois ! Et comme il l’avait souhaité, à Paris, Lisieux, Lourdes… Il est aussi le seul pape à s’être rendu dans notre beau département de La Réunion. Là-bas, contrairement aux usages habituels du protocole, les volontaires chargés de la quête ont continué leur parcours jusqu’au carré VIP et se sont présentés devant le Premier ministre de l’époque, Michel Rocard. Pris de court au moment où la corbeille s’est tendue vers lui, il s’est retourné vers le rang derrière lui où se trouvaient les journalistes et je lui ai discrètement glissé un billet. À chacun de ses voyages en France, cet athlète de Dieu déplaçait les foules, telle une rock…






