DOSSIER n° 1861 : « Des tranchées aux Orphelins d’Auteuil, le sacerdoce du père Brottier »
Difficile de parcourir la vie du père Brottier sans y lire une ligne de conduite magistrale. « Ne soyez pas ces ombres d’hommes qui vont devant eux, au hasard », disait-il à ses enfants d’Auteuil. À la fois humble devant la vie, et confiante dans les desseins de la Providence, cette « âme magnifique », selon les mots du maréchal Joffre, fut gratifiée d’un certain nombre de signes. Entretien avec Marie-Noëlle Dumont, responsable de la valorisation du patrimoine historique et spirituel d’Apprentis d’Auteuil.
| Où se trouve la dépouille du père Brottier ?
On raconte qu’un jour, en montrant l’autel dédié à Notre-Dame dans le transept droit de la chapelle Sainte-Thérèse, au cœur de la Fondation Apprentis d’Auteuil, le père Brottier avait déclaré : « C’est là que je reposerai après ma mort. » C’est bien là qu’il repose aujourd’hui, les reliques de sainte Thérèse de Lisieux lui faisant face dans le transept opposé. Lorsqu’une première reconnaissance du corps a eu lieu, en 1962, on découvrit une dépouille intacte, alors qu’il n’avait pas été embaumé. Le procès de béatification a commencé dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, vers 1946.
| Pourquoi la figure de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus lui est-elle particulièrement liée ?
Jusqu’en 1919, le Père Brottier ne s’était jamais beaucoup intéressé à cette petite religieuse qui n’était pas encore, à l’époque, canonisée. Il en avait bien sûr entendu parler car, de part et d’autre du front, dans les armées françaises ou allemandes, elle était beaucoup invoquée, mais rien de plus. Seulement, à son retour du front, son évêque, monseigneur Jalabert, lui révèle qu’il l’avait confié personnellement à la carmélite lors de son départ. Daniel comprend alors pourquoi, de manière extra-ordinaire, il a échappé à la mort tant de fois, à Verdun, et se met, au fond de son cœur, à sa disposition. Les deux amis se rendront, ensemble, en pèlerinage de remerciement à Lisieux. Pour l’anecdote, lors de ce passage au carmel, la prieure qui n’était autre que la sœur de Thérèse confiera au père Brottier, lui-même en route pour Rome, un précieux petit paquet dans le cadre du procès en béatification : les manuscrits originaux de la jeune carmélite. Un vrai clin d’œil d’amitié donné du Ciel !
| Y aura-t-il d’autres signes semblables ?
Oui, la petite…







