Les attributs de l’ange Raphaël (textes)

Publié le 28 Sep 2019
Les attributs de l’ange Raphaël (textes) L'Homme Nouveau

Bréviaire Romain

(de 1921 à 1960)

 

Le 24 octobre

Saint Raphaël, archange

Sermon de saint Bonaventure, évêque

(5° sermon sur les SS. Anges, n° 2.

Texte latin: Opera omnia 9 [1901], 625-626 ; trad. sans nom d’auteur, éd. Desclée de Brouwer, 1924)

Le nom de Raphaël veut dire médecine de Dieu. Et nous devons remarquer qu’on peut être retiré du mal par trois bienfaits que saint Raphaël nous accorde quand il nous guérit. D’abord Raphaël, le médecin [céleste], nous arrache à l’infirmité spirituelle en nous amenant à l’amertume salutaire de la contrition, à laquelle se rapporte ce que Raphaël dit à Tobie: « Dès que tu seras entré dans ta maison, oins ses yeux avec du fiel. » Il le fit et son père recouvra la vue. Pourquoi ne dut-ce point être Raphaël lui-même qui fît cette onction ? Parce qu’un Ange ne donne point la componction; son rôle est d’en montrer la voie. En ce fiel nous voyons donc l’image de l’amertume de la contrition, laquelle rend sains les yeux intérieurs de l’âme; un psaume nous dit : « Il guérit ceux qui sont contrits de cœur » (Ps 146, 3). Cette contrition est un collyre excellent. Au deuxième chapitre du livre des Juges, il est raconté que l’Ange monta auprès de ceux qui versaient des larmes et dit au peuple : « Je vous ai retirés de la terre d’Égypte ; j’ai accompli pour vous tant et tant de choses bonnes, et tout le peuple pleura de telle sorte que ce lieu fut appelé le lieu de ceux qui pleurent » (Jg 2, 1). Mes très chers, les Anges nous parlent tout le long du jour des bienfaits de Dieu et nous les remettent en mémoire: Ils semblent nous dire : « Qui t’a créé ? Qui t’a racheté ? Qu’as-tu fait ? Qui as-tu offensé ? » Or, si nous nous arrêtons à considérer ce qui en est, nous ne trouverons d’autre remède que de pleurer.

Secondement, [saint] Raphaël nous arrache à la servitude du diable quand il fait pénétrer en nous le souvenir de la passion du Christ en figure de laquelle il est dit au sixième chapitre de Tobie : « Si tu mets une parcelle de son cœur sur des charbons ardents, la fumée qui s’en dégagera mettra en fuite la race des démons » (Tob 2, 8). En effet, Raphaël relégua le démon dans un désert de la haute Égypte. Qu’est ceci ? Raphaël n’aurait pu éloigner le démon s’il n’avait mis le cœur sur des charbons ardents ? Est-ce le cœur d’un poisson qui donnait à l’Ange tant de pouvoir ? Nullement. Il serait demeuré sans aucune vertu s’il n’y avait eu ici un mystère. Par ce fait il nous est donné à entendre que rien aujourd’hui ne nous délivre de la servitude du diable comme la passion du Christ, et que cette passion procède de son cœur comme d’une racine, c’est-à-dire qu’elle est le fruit de son amour. Le cœur est en effet la source de toute notre chaleur vitale. Si donc tu mets le Cœur du Christ, c’est-à-dire la passion qu’il a soufferte et dont la racine est la charité, la source son ardeur, si tu mets ce Cœur divin sur des charbons en le rappelant à ta mémoire et que ton âme s’enflamme, aussitôt le démon sera éloigné, de sorte qu’il ne pourra te nuire.

Troisièmement l’Archange Raphaël nous délivre de la peine de nous trouver en opposition avec Dieu, peine que nous encourons en offensant ce Dieu; il nous en délivre quand il nous amène à prier avec instance; et à ceci je rapporte ce que l’Ange Raphaël dit à Tobie au douzième chapitre : « Quand tu priais avec larmes, moi j’ai offert ton oraison au Seigneur » (Tob 12, 12). Les Anges nous réconcilient avec Dieu, dans la mesure où ils le peuvent. Nos accusateurs devant Dieu, ce sont les démons. Quant aux Anges, ils nous excusent, lorsqu’ils offrent nos prières, ces prières qu’ils nous ont porté à faire dévotement. On lit au huitième chapitre de l’Apocalypse : « La fumée des parfums s’éleva de la main de l’Ange en présence du Seigneur » (Ap 8, 4). Ces parfums se consumant suavement sont les prières des Saints. Veux-tu plaire au Dieu que tu as offensé ? Prie dévotement. Ils offrent à Dieu ta prière pour te réconcilier avec lui. Il est dit en saint Luc que le Christ étant tombé en agonie priait plus instamment et qu’un Ange de Dieu lui apparut le fortifiant (cf. Lc 3, 43-44). Tout cela s’est accompli en notre faveur, car le Sauveur n’avait point besoin d’être fortifié par un messager céleste ; mais il en a été ainsi pour montrer que les Anges assistent volontiers ceux qui prient avec piété et volontiers les aident; ils les fortifient et offrent leurs oraisons à Dieu.

XXVIe dimanche du Temps ordinaire

(année C)

Évangile : Lc 16,19-31

Dans la forme extraordinaire, ce passage est lu le jeudi de la 2e semaine de Carême et le Bréviaire romain de 1961 donne un extrait de la 40e homélie de saint Grégoire le Grand. Le texte intégral de cette homélie se trouve ici.

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