Notre quinzaine : Notre espérance est dans l’Église

Publié le 05 Fév 2021
Notre quinzaine : Notre espérance est dans l’Église L'Homme Nouveau

Le 22 février prochain, l’Église célébrera la Chaire de saint Pierre qui a cette particularité d’être avant tout la fête d’une mission avant d’être celle d’une personne. Plus exactement, cette fête unit d’une manière très particulière et inséparable, la personne et la mission.

Mais quelle est-elle exactement cette mission ? Elle consiste pour saint Pierre et ses successeurs à enseigner l’intégralité de la vérité catholique, à la transmettre et à conserver l’unité du troupeau dans cette adhésion à la vérité révélée. Elle a évidemment pour corollaire, en ce qui nous concerne, de l’aimer et d’y adhérer en retour, non avec un esprit mondain de conformisme social, mais avec un véritable sens surnaturel.

Avec son éloquence magistrale, le gallican Bossuet soulignait déjà qu’il ne fallait pas, à l’instar des hérétiques, séparer Pierre de ses successeurs : « qu’on ne dise donc point, qu’on ne pense point que ce ministère de saint Pierre finit avec lui : ce qui doit servir de soutien à une Église éternelle, ne peut jamais avoir de fin. Pierre vivra dans ses successeurs, Pierre parlera toujours dans la chaire : c’est ce que disent les Pères ; c’est ce que confirment six cent trente évêques, au concile de Chalcédoine. » Depuis, le concile Vatican I a également proclamé solennellement le dogme de l’infaillibilité pontificale.

Catholique et romain

Pour marquer à notre manière cette belle fête de la Chaire de saint Pierre, nous publions dans ce numéro un long texte du cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. À travers le sujet difficile qu’il aborde – avons-nous aujourd’hui deux papes au sein de l’Église catholique ? – il n’entend évidemment pas rallumer de vaines polémiques, mais donner la clarté théologique de la vérité catholique concernant justement saint Pierre et ses successeurs. En effet, comme il le souligne, « il ne fait aucun doute que l’évêque de Rome est le successeur de Pierre, conformément à la volonté du Christ et que c’est à lui que le Christ a conféré “le pouvoir des clefs” sur toute l’Église investie de son autorité (Mt 16, 18). »

En lisant ce texte, sans doute assez difficile pour certains d’entre nous, nous trouverons ainsi une belle occasion de raviver en nous notre attachement à la sainte Église romaine, « Mère et Maîtresse de toutes les Églises » et de cultiver ainsi cet esprit catholique, dont l’abbé Berto, le fondateur des dominicaines du Saint-Esprit, affirmait qu’il « est un esprit d’analogie et d’intégration » alors que celui « de toutes les sectes est un esprit d’univocité et d’exclusion ».

Une tâche exaltante

La France s’enfonce dans l’hiver démographique. Le nombre des nouveau-nés est au plus bas depuis 1945 selon le dernier bilan démographique publié par l’Insee. À vrai dire, les causes sont nombreuses et de différents ordres : spirituel, moral et politique. Le drame redouble dans la mesure où ces causes, au lieu de se paralyser, se conjuguent entre elles, au point d’accélérer la dégradation.

À un peuple, devenu majoritairement athée ou agnostique, il est, en effet, devenu difficile de croire en l’avenir et donc de donner la vie à de nouveaux êtres. À un peuple, obnubilé par son confort matériel et les facilités de la vie moderne, il est encore plus difficile de prêcher l’effort et le sacrifice. Dans beaucoup de cas, ce discours a même disparu des homélies dominicales et des préparations au mariage. Et que dire d’une politique familiale, complètement absente, combattue et rognée depuis des décennies, transformée en ajustement social, sur fond d’égalitarisme à tout prix et de remise en cause du modèle familial traditionnel ?

Sur ce seul plan politique aussi, les causes sont multiples et se conjuguent malheureusement entre elles. L’atomisation de la société, transformant un peuple en une masse d’individus, trouve ses racines dans la modernité et singulièrement dans les fameuses et auto-proclamées Lumières. Longtemps, la société traditionnelle a résisté tout en perdant peu à peu chacun de ses bastions, jusqu’à la disparition de la notion de famille, ouverte aujourd’hui à toutes les expériences.

Il serait donc en quelque sorte vain de vouloir greffer artificiellement une politique familiale et nataliste sur un système politique fondé sur l’individualisme moderne antifamilial par nature. C’est tout un ordre social et politique qu’il convient de retrouver et de reconstruire. C’est la tâche difficile mais exaltante qui se présente aux nouvelles générations. Si la famille est à sauver et à réhabiliter, elle ne peut suffire. Il faut étendre ce combat à la patrie elle-même, cette famille de familles à retrouver.

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