Pandémie : un avant-goût de la restriction des libertés fondamentales ?

Publié le 09 Avr 2024
pandémie liberté de culte

La jeunesse a réagi devant les restrictions abusives décrétées par l’État français pendant la pandémie.

Le colloque « Pandémie, Droit et Cultes » s’est tenu à Paris en mars 2022. Ses actes rappellent qu’entre 2020 et 2022, les prérogatives de l’État ont été augmentées de manière extraordinaire au détriment des libertés essentielles, dans un renversement complet de la hiérarchie des biens. Une situation dangereuse qui pourrait bien se reproduire sous des prétextes variés. Entretien avec Guillaume Drago, co-organisateur du colloque et professeur de droit public à l’université de Paris-Panthéon-Assas.

 

Les actes du colloque « Pandémie, Droit et Cultes » reviennent sur la gestion de la crise sanitaire de 2020. Quelles ont été les dérives observées pendant cette période ? 

Nous avons souhaité, les co-organisateurs, le professeur Joël Hautebert, Christophe Eoche-Duval (1), et moi-même, mettre l’accent sur l’analyse de la liberté de culte en cette période de pandémie.  La doctrine classique des états d’exception prévoit un fort encadrement de la législation qui, par nature, déroge aux conditions normales d’application du droit : objet de l’exception nettement délimité, application territoriale limitée au territoire précis où a lieu la situation d’exception, application limitée dans le temps afin de circonscrire les mesures exceptionnelles au but à atteindre, c’est-à-dire mettre fin à la situation d’exception.  Or, dans l’application des deux états d’urgence, pour cause de terrorisme en 2015 et pour cause sanitaire en 2020, nous avons eu tout le contraire : deux ans d’application (2015-2017 et 2020-2022), sur l’ensemble du territoire, sans véritable discernement, et un objet défini de façon extraordinairement large par les textes.  La conséquence est évidemment une restriction majeure des libertés essentielles (aller et venir, liberté de réunion, d’association, de manifestation, de culte…) qui a touché tous les Français sur l’ensemble du territoire. Lorsqu’on limite les réunions du culte à trente personnes et qu’on en limite l’objet (les obsèques en particulier), on porte une atteinte majeure à la liberté de culte.  Restera dans l’histoire cette incroyable acceptation généralisée de ces restrictions majeures à nos libertés fondamentales. Chacun doit aujourd’hui analyser son acceptation docile d’une situation, certes imprévue et dangereuse, mais dont la durée et la généralisation doivent interroger chaque citoyen. L’État en a tiré la conclusion qu’il pouvait continuer à être, selon l’expression de Nietzsche, « le plus froid des monstres froids ».   

Comment la santé est-elle devenue le bien suprême, placé au-dessus des activités religieuses ? Est-ce la seule cause de cette…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marguerite Aubry

Marguerite Aubry

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

L’ultra gauche, levier politique de l’extrême gauche ?

Depuis les premiers blocages lycéens en septembre jusqu’aux importantes manifestations de ces dernières semaines, l’ultra gauche s’est emparée du mouvement par la violence. Associée à l’extrême gauche, elle s'en distingue pourtant fondamentalement, parson opposition au système, aux institutions et à toute autorité. Malgré son refus de participer à la lutte républicaine menée par l’extrême gauche, ne joue-t-elle pas le jeu de cette dernière ?

+

ultra gauche extrême gauche
À la uneSociétéÉducation

François-Xavier Clément : Il faut retrouver l’élan missionnaire et catholique de l’école… catholique

Entretien | Dans L’Enseignement catholique hors-la-loi ?, un petit ouvrage percutant, François-Xavier Clément, fondateur de Saint-Joseph Éducation et directeur du Centre de formation de l’éducation intégrale, dresse l’historique de la soumission de l’école catholique à l’État et appelle à revenir à l’origine surnaturelle de la mission éducative de l’Église.

+

enseignement catholique éducation école
SociétéBioéthiqueÉducation

La santé, cache-sexe de l’idéologie progressiste

La mainmise de l’État sur tous les domaines de la vie est particulièrement flagrante dans ce qu’il est convenu d’appeler la « santé sexuelle ». Sous le prétexte sanitaire se dissimule une nouvelle « morale » qui risque de condamner à terme toute résistance à une idéologie encourageant les comportements les plus déviants et toute référence à l’Évangile.

+

santé sexuelle gouvernement
Société

Mettre le feu

L’Essentiel de Joël Hautebert | Deux événements de ces derniers jours font ressortir le contraste brutal entre la jeunesse chrétienne et celle des lycéens en colère. Mais quoi d’étonnant pour celui qui sait ce qui enflamme les uns et les autres ? Une feuille de route a été donnée par Léon XIV à ceux qui recherchent la vie éternelle, laquelle ne leur sera offerte qu’au bout d’un engagement spirituel enraciné dans le charnel.

+

feu jeune jeunesse pape manifestations
SociétéLectures

Comment je suis devenu petit !

Carte blanche à Yves Chiron | Anthony Aubé a 42 ans et mesure 1,15 m. Il est atteint d’une pathologie désormais bien identifiée : la DSEC (dysplasie spondylo-épiphysaire congénitale), une des formes de ce que l’on appelait jadis le « nanisme ». Dans Comment je suis devenu petit !, il s’exprime sur ses difficultés de santé, ses défis scolaires et professionnels mais aussi sur le droit à la vie.

+

Anthony Aubé nain petit livre
Société

Avis d’épidémie en année électorale

C’est logique ! de François-Marie Portes | Les débats en vue de l'élection présidentielle abondent. Un peu de logique... et d'humour peuvent aider à appréhender sereinement ces élections et y voir clair dans les divers discours.

+

élection présidentielle électoral épidémie