La pause liturgique : Kyrie 10, Alme Pater (Fêtes de la Sainte Vierge)

Publié le 22 Mar 2025
agnus dei sanctus rex génitor kyrie gloria

Messe Alme Pater 

 

­Commentaire musical

Kyrie 10 Partition kyrie

 

Voici le modèle du Kyrie 9. Il serait d’origine catalane et remonte au moins, dans les manuscrits, au XIe siècle. C’est un 1er mode, et il suit le même schéma que le précédent : aba, cdc, ede’.

Les finales de chaque invocation s’achèvent toutes de façon syllabique, sur les trois dernières syllabes de eléison, avec un épisème sur l’accent, mais selon deux versions différentes : on a six fois la formule Fa-Ré-Ré, et trois fois la formule Sol-La-La.

Le premier Kyrie part du Ré, touche le Fa, atteint le La, en deux intervalles de tierce, puis redescend par degrés conjoints jusqu’au Ré, autour duquel la mélodie module entre le Mi et le Do, vers la cadence finale déjà mentionnée de eléison. Cette première invocation est donc toute contenue à l’intérieure de la quinte Ré-La du 1er mode. Elle privilégie les cordes Ré, surtout, Fa, dans une moindre mesure, et La comme sommet, juste en passant.

Le second Kyrie part du La grave, remonte jusqu’au Ré pour retrouver la formule finale de eléison du Kyrie précédent.

Le troisième Kyrie reproduit à l’identique la mélodie du premier, avec une légère insistance. Le balancement entre ces deux Kyrie plus aigus et le second, au milieu plus grave, a quelque chose de très berceur, de très doux et en même temps oriente l’intensité vers la suite.

Le premier Christe, à la différence du premier du Kyrie 9, ne touche pas le Sib, ce qui lui donne une fermeté que n’a pas sa copie, qui elle est plus douce. Ici, c’est vraiment le La qui domine, puisqu’il est entendu cinq fois sur les neuf notes de la vocalise. L’accent au levé de Christe lui donne d’emblée un bel élan, mais mesuré. On va en léger crescendo vers la formule Sol-La-La de eléison.

Le second Christe part du La, lui aussi, mais au posé et sur un pressus ferme. Deux beaux mouvements ternaires reconduisent la mélodie jusqu’au Ré grave, à partir duquel on retrouve la formule des trois premiers Kyrie, sur eléison.

Le troisième Christe, reproduit à l’identique la mélodie du premier, en crescendo toutefois, et en tension vers la suite.

Le Kyrie suivant attaque directement sur le Do aigu et joue à deux reprises entre le Do et le Ré. L’accent de Kyrie est pris au posé, il est chanté de manière très ferme, et en plein élan. Après le dernier Ré, un bel intervalle plongeant de quarte Ré-La, ramène la mélodie dans la configuration des premier et troisième Christe, sur eléison.

L’avant dernier Kyrie nous fait retrouver la formule du second Christe, plus calme, plus doux, mais toujours très ferme.

Quant au dernier Kyrie, il repart du Do aigu, reproduit la mélodie de la septième invocation, la redouble en crescendo, puis redescend de façon très belle, très large, très paisible, du Ré au La, sur un climacus développé qui fait entendre toutes les notes de la quinte, avant de reprendre pour finir la formule entendue cinq fois déjà, de l’eléison du tout début.

Dom Gajard recommande de suivre les contours de la mélodie, d’intensifier les montées, de détendre dans les descentes. Ce beau Kyrie marial contient dans ses neumes et sa ligne mélodique une alternance émouvante de supplication, de confiance, d’humilité, le tout enveloppé dans la paix du 1er mode.

 

>> à lire également : Des lectures spirituelles pour le Carême

 

Un moine de Triors

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