Pourquoi juin est-il le mois du Sacré Cœur ?

Publié le 01 Juin 2023
Sacré Cœur
Depuis que Clément XIII a institué, le 6 février 1765, la fête du Sacré Cœur, le mois de juin tout entier lui est dédié. Cette solennité a une date qui varie chaque année, en fonction de celle de Pâques, mais la plupart du temps elle est fêtée en juin.

 

Le mois est devenu par extension celui du Sacré Cœur, grâce à la demande d’une élève de Notre-Dame des Oiseaux, couvent des chanoinesses de Saint-Augustin à Paris. En 1860, Angèle de Sainte-Croix, élève dans ce couvent de la rue de Sèvres, sollicite l’archevêque de Paris pour qu’il consacre le mois de juin au Sacré Cœur. Sa demande est acceptée. Désormais, juin est consacré au Cœur de Jésus comme le mois de mai l’est traditionnellement à la Vierge Marie.

Bien que, dès les premiers temps de l’Église, les mystiques contemplent le côté ouvert de Jésus, qui laissa jaillir du sang et de l’eau, la dévotion particulière au Sacré Cœur est plus récente. Elle trouve son origine dans les apparitions de Jésus à sainte Marguerite-Marie Alacoque, à Paray-le-Monial, et la demande qui lui fut faite d’une fête particulière, le premier vendredi après l’octave du Saint-Sacrement, pour honorer le Cœur de Jésus.


Ce dossier pourrait vous intéresser : 350 ans des apparitions du Sacré Cœur
  1. 1673, Révélations pour des temps où l’amour se refroidira
  2. Marguerite-Marie, le Roi, la France et le Sacré Cœur
  3. Les origines scripturaires du culte au Sacré Cœur de Jésus

À la suite des apparitions, l’ordre de la Visitation demande alors une reconnaissance officielle de cette fête, et elle est instituée le 6 février 1765 par le pape Clément XIII. Dès lors, la fête ne cesse de prendre de l’ampleur, jusqu’à être étendue à l’Église universelle par le pape Pie IX en 1856.

La rapide expansion de la dévotion au Sacré Cœur dans une époque encore marquée par « les tristes doctrines et le sombre rigorisme du jansénisme » s’explique, selon Pie XI, par la nécessité de ne pas bannir « tout sentiment d’amour désintéressé de Dieu ou de confiance dans le Rédempteur », ainsi qu’il l’exprime dans son encyclique Quas Primas de 1925, lorsqu’il parle de la nécessité de la fête du Sacré Cœur.

Cette dévotion revêt également un caractère tout particulier, dans la mesure où ce Cœur qui aime par excellence est celui de l’Amour lui-même. Pour la théologie spirituelle, il est tout à la fois véritablement humain et véritablement divin, signe des débordements d’amour de Dieu pour les hommes mais aussi signe de l’humanité du Christ. C’est pourquoi, en ce mois de juin, la récitation des litanies du Sacré-Cœur de Jésus, avec ses nombreuses invocations, permet aux chrétiens de mieux prendre conscience de la richesse théologique de cette réalité de foi.

En cette année 2023, qui marque le jubilé des 350 ans des apparitions du Cœur de Jésus à sainte Marguerite-Marie, il est d’autant plus important de rappeler la richesse de cette dévotion.


Pour vous aux éditions de L’Homme Nouveau :

 

>> À lire également : Pourquoi mai a-t-il été choisi par l’Église pour la dévotion mariale ?

 

Guillemette Gruet

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (3/3) : Une voix venue de l’Orient

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | Né au cœur de l’Orient chrétien, le chant byzantin traverse près de deux millénaires d’histoire. Il plonge ses racines dans les premières traditions de l’Église et s’est façonné au fil des siècles entre Jérusalem, Antioche et Constantinople. Johnny El Kassis, chantre à l'église Saint-Julien-le-Pauvre, à Paris, que dessert la communauté catholique grecque-melkite, nous évoque ce trésor transmis jusqu’à aujourd’hui.

+

liturgie byzantine chant orient
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (2/3) : (Re)découvrir le rite byzantin

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | La chapelle consacrée aux chrétiens d’Orient dans Notre-Dame de Paris rénovée poussera-t-elle les catholiques latins à découvrir les rites, trop souvent incompris ou ignorés, des Églises catholiques orientales ? Ces rites trouvent tous leur origine, comme notre rite latin traditionnel, dans l’héritage directement reçu des apôtres, notamment le rite byzantin.

+

rite byzantin liturgie
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (1/3) : Ce que je dois au rite byzantin

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | À 21 ans, le père Louis-Marie de Blignières, fondateur par la suite de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, assistait pour la première fois à un office religieux selon le rite byzantin, dans l'une des plus anciennes églises parisiennes. Plus d'un demi-siècle après, il mesure combien cette rencontre presque fortuite a nourri sa spiritualité et sa compréhension de la complémentarité entre l'Orient et l’Occident. Un précieux témoignage liturgique.

+

liturgie byzantine
À la uneÉgliseLéon XIV

Léon XIV : « L’histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine »

Commentaire du Pape | Du 19 au 21 octobre 2026, le Dicastère pour la Cause des Saints organisait un congrès international sur « La sainteté dans l’Histoire ». Dans son discours de clôture, Léon XIV a affirmé que « l'histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine ». Il a aussi insisté sur  la nécessité d'une rigueur historique stricte dans les processus de canonisation.

+

saint dicastère Léon XIV pape
À la uneÉgliseSpiritualité

La Toussaint : fête des vivants

Carte blanche à Judith Cabaud | Le 1er novembre, l’Église catholique célèbre la fête de tous les saints – connus ou inconnus. Par extension, le lendemain, le 2, on commémore tous les fidèles défunts. Dans l’Évangile, la mort n’est pas une fin absolue, mais une promesse de vie et de résurrection.

+

Toussaint saint ciel défunt novembre