Réveillon solidaire : un 31 décembre pour les pauvres

Publié le 20 Déc 2022
réveillon

En 2021, de jeunes paroissiens de Saint-Sulpice, à Paris, se sont lancés dans l’organisation d’un réveillon du Nouvel An pour les sans-abri, à la suite du développement de leur activité de maraude. Ne pas laisser les pauvres de la rue sans joie et sans compagnie en cette soirée où tous se réjouissent, tel est leur but. Une deuxième édition promet cette année de toucher de nombreuses personnes. Entretien avec Robert Drouineau, responsable du réveillon.   Comment est venue l’idée d’un réveillon solidaire ? Il y a deux ans, une maraude a été fondée à Saint-Sulpice par des jeunes de la paroisse : la maraude Bienheureuse-Rosalie-Rendu, en souvenir de la sœur de la Charité parisienne du XIXe siècle. En septembre de l’année dernière, le nombre des participants a considérablement augmenté : nous étions une trentaine de jeunes tous les lundis pour rendre service aux sans-abri. C’est à cette époque qu’un bureau de responsables a été monté afin de formaliser l’organisation et l’idée a alors été émise de lancer un réveillon. Comment s’est déroulée cette édition de 2021 ? À cette époque, très peu de réveillons étaient organisés, à cause du Covid, et beaucoup ont été annulés. Nous avons alors eu entre 200 et 250 demandes d’inscription. Pour des raisons matérielles et logistiques, nous avons dû limiter les places à 100. 18 trajets de maraude ont été parcourus. Durant deux heures, les participants ont donc marché à travers les rues de Paris en distribuant des colis aux sans-abri, et en prenant du temps avec eux. Une messe a ensuite été célébrée, suivie d’un dîner et d’une soirée dans les cryptes pendant que le saint sacrement était exposé dans la nef. Les retours de ce réveillon ont été très positifs. La paroisse et les commerçants du quartier avaient été mis à contribution pour la conception des colis. Enfin, par cet événement, la maraude Rosalie-Rendu a gagné en notoriété auprès des paroissiens et des jeunes venus pour le réveillon. Le nombre de maraudeurs durant l’année a alors à nouveau augmenté. Comment allez-vous organiser votre prochain réveillon ? Il sera semblable à celui de l’année dernière. Le rendez-vous est donné à l’église Saint-Sulpice à 19 h 30. Les équipes seront alors constituées pour un départ en maraude à 20 h. Pendant plus de deux heures, les participants marcheront dans Paris pour visiter les sans-abris et réveillonner avec eux. Puis, à 23 heures aura lieu la…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Propos recueillis par Aymeric Rabany

Ce contenu pourrait vous intéresser

A la uneSociétéLectures

L’inégalité, un outil de civilisation ?

Entretien | Juriste et historien, Jean-Louis Harouel s’attaque dans un livre récemment paru au mythe de l’égalité. Il postule que cette « passion laide » contemporaine, destructrice de la famille, entre autres, ne sert en rien les intérêts d’une population, en montrant que seule l’inégalité, créatrice de richesses, encourage la production et par là-même augmente le niveau de vie et conditionne le progrès moral et scientifique. Entretien avec Jean-Louis Harouel sur son livre Les Mensonges de l’égalité. Ce mal qui ronge la France et l’Occident.

+

égalité mythe
SociétéEglise de France

Pandémie : un avant-goût de la restriction des libertés fondamentales ?

Entretien | Le colloque « Pandémie, Droit et Cultes » s’est tenu à Paris en mars 2022. Ses actes rappellent qu’entre 2020 et 2022, les prérogatives de l’État ont été augmentées de manière extraordinaire au détriment des libertés essentielles, dans un renversement complet de la hiérarchie des biens. Une situation dangereuse qui pourrait bien se reproduire sous des prétextes variés. Entretien avec Guillaume Drago, co-organisateur du colloque et professeur de droit public à l’université de Paris-Panthéon-Assas.

+

pandémie liberté de culte
A la uneSociétéBioéthique

Fraternité et euthanasie : un débat sciemment faussé

Faisant droit aux revendications anciennes et répétées de certaines associations, le président Macron vient d’annoncer une loi sur l’euthanasie. Mais en usant d’un registre lexical détourné qui évoque l'« aide à mourir », l’autonomie de l’individu, les « conditions strictes » et la « fraternité »... Toutes expressions trahissent le sophisme, l’influence des officines francs-maçonnes, la solution miraculeuse aux déficits et surtout la crainte d’un vrai débat.

+

fraternité euthanasie
SociétéBioéthique

50 ans de résistance à l’avortement (3/3) : Combat contre l’avortement et transition postdémocratique

Question disputée | Combattre à temps et à contretemps en faveur de la vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle, est une urgence née des lois mortifères mises en place par un système politique qui, loin d'être neutre, a rompu dès ses origines avec les exigences de la loi naturelle. Dès lors, n'est-il pas nécessaire de finaliser ce combat particulier en l'insérant dans une perspective plus large ?

+

AdobeStock 417378513 avortement