Rosaires pour la vie : peut-on prier publiquement ?

Publié le 07 Oct 2022

Une des plus grandes batailles de notre époque reste certainement le respect de la vie de la conception à la mort naturelle. Dans plusieurs cathédrales de France ont lieu, tous les premiers samedis du mois depuis plus de vingt ans, des rosaires pour la vie. Les méditations des mystères étant chacune rédigée autour de différents thèmes : avortement, euthanasie, famille, etc. Une prière en réparation des offenses qui sont faites à Dieu par toutes les atteintes à la vie humaine et pour la conversion des âmes.

L’association “SOS tout-petits » propose quant à elle des rosaires publics depuis plus de 35 ans. Plusieurs chapelets sont organisés en région parisienne, notamment tous les samedis à 14 heures sur le parvis de Notre-Dame de Paris, mais aussi dans plusieurs villes de province comme Annecy, Bayonne ou Strasbourg. À l’initiative du docteur Xavier Dor, disparu en avril 2020, le mouvement œuvre toujours dans plusieurs villes et reste présent chaque année, en fin de cortège de la Marche pour la Vie.  Une pratique qui interroge souvent de nombreux catholiques. Peut-on prier publiquement pour des motifs sociétaux, n’est-ce pas la place de la sphère privée ?

La prière publique peut prendre plusieurs formes : dès lors qu’on ne prie pas que mentalement, c’est une prière publique. Il en est ainsi de toute société qui prie vocalement ensemble, et la prière publique la plus excellente est celle de l’Eglise, principalement la Messe évidemment.

L’Eglise nous invite depuis des siècles à faire des processions publiques de louange à Dieu pour de nombreuses fêtes : Fête-Dieu, le Sacré-Cœur, l’Immaculée Conception, les Rameaux, l’Assomption, etc. Il y a aussi les processions de demande ou de réparation, comme les Rogations pour bénir les récoltes à venir, les pèlerinages et les processions exceptionnelles pour supplier Dieu d’épargner le pays d’un grand mal comme la peste ou la guerre, ou encore les processions de réparation devant une grande injustice commise contre Dieu.b

Pie XI nous y encourage dans l’encyclique Miserentissimus Redemptor, publiée en 1928, sur notre devoir de réparation : « Le devoir de réparation et d’expiation s’impose en vertu d’un motif impérieux de justice et d’amour : de justice d’abord, car l’offense faite à Dieu par nos crimes doit être expiée, et l’ordre violé doit être rétabli par la pénitence ; mais d’amour aussi, car nous devons “compatir au Christ souffrant et saturé d’opprobres”, et lui offrir, selon notre petitesse, quelque consolation. (…) Dès les débuts, en réalité, la nécessité de cette expiation commune a été reconnue, puisque, cédant à un instinct naturel, les hommes se sont efforcés d’apaiser Dieu par des sacrifices même publics. »

La récitation des rosaires publics n’est donc pas un rassemblement politique, utilisée comme moyen de pression ou bien un outil de communication comme les autres mais bien une prière de demande et de réparation adressée au Ciel. Cependant, ces rosaires récités publiquement sont aussi souvent l’occasion de témoigner directement auprès des passants et peuvent devenir une manière d’évangéliser.

Pour aller plus loin sur le Rosaire et son histoire, lire le dossier de L’Homme Nouveau n°1768.

Maitena Urbistondoy

Ce contenu pourrait vous intéresser

A la uneChroniquesSociété

D’où vient l’autorité que l’on invoque aujourd’hui ?

C'est logique de François-marie Portes | Réagissant à une série de violences graves caractéristiques de la société française contemporaine, Gabriel Attal tentait récemment, sous l’œil des caméras, de démontrer son autorité devant des jeunes promis à un séjour en internat. Un exercice qui n’a pas enté couronné de succès. La notion claire de ce qu’est l’autorité permet de comprendre pourquoi. 

+

autorité auctoritas
Société

Les Maisons d’Alliance, des béguinages modernes

Initiative chrétienne | Au moment où le projet de loi sur la fin de vie promet de renvoyer les personnes âgées à leur poids financier sur la société, avec la possibilité de les euthanasier, des initiatives se développent pour leur permettre d’avancer sereinement vers la mort en restant autonomes aussi longtemps que possible, reliées aux autres et soutenues spirituellement. Entretien avec Frédéric Zack, directeur général de l’association « Maisons d'Alliance ».

+

maisons d'alliance
SociétéBioéthique

« La loi sur la fin de vie ne fait qu’aggraver le sentiment de culpabilité de certains handicapés. »

Entretien | La proposition de loi sur la fin de vie ayant été adoptée par les députés jeudi 16 mai, elle sera débattue au Sénat à partir du 26. Afin d'alerter sur les enjeux et conséquences de cette loi, l'Office Chrétien des personnes Handicapées (OCH) a publié lundi 13 mai, un communiqué intitulé « Fin de vie : Et les plus fragiles dans tout ça ? » et signé par une quinzaine d'associations et d'organismes du domaine de la santé engagés pour la vie des plus fragiles. Emmanuel Belluteau, président de l'OCH, nous éclaire sur les raisons de cette tribune et les enjeux de la proposition de loi.

+

old patient suffering from parkinson fin de vie
SociétéBioéthique

L’IA générative : rivale ou alliée de l’homme ?

Entretien | Devant les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle (IA), la question qui vient d’abord à l’esprit est celle de sa capacité à remplacer l’être humain. Mais au-delà des performances de plus en plus sidérantes des machines, la question reste celle de leur utilisation vertueuse et surtout de la puissance unique de l’intelligence humaine, seule ordonnée à la vérité. Analyse du Doyen de l’IPC, Emmanuel Brochier.

+

IA intelligence artificielle