Discipline des sacrements, une mission périmée ?

Publié le 17 Fév 2023

Le dicastère gardien de la liturgie, créé par saint Pie X, a bien changé depuis 1908 : transferts de compétences, ignorance des abus liturgiques, relativisme, l’institution est sapée du dedans. Le pape François a nommé récemment un nouveau sous-secrétaire au Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements : Mgr Krzysztof Marcjanowicz. Il travaillera avec l’autre sous-secrétaire, l’évêque Aurelio García Macías. Cette nomination permet d’évoquer les compétences disciplinaires du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements pour « la liturgie renouvelée par le concile Vatican II » (art. 88 de Praedicate Evangelium). Le Dicastère est le gardien et le promoteur de la sainte liturgie selon le principe : « Lex orandi, lex credendi » (« l’Église croit comme elle prie »). Pendant les travaux de révision des statuts de la Curie romaine, qui ont abouti à Praedicate Evangelium (19 mars 2022), certains avaient suggéré une nouvelle dénomination, « Dicastère de la Sainte Liturgie », qui leur semblait plus conforme à sa praxis actuelle. Il est vrai que, si le buste du pape saint Pie X, qui en 1908, avait institué la Sacrée Congrégation pour la Discipline des Sacrements, accueille toujours les visiteurs à l’entrée des bureaux du Dicastère, et malgré aussi le principe énoncé dans l’art. 90 § 1 de Praedicate Evangelium (1), le caractère disciplinaire de cet organisme du Saint-Siège n’a cessé de s’appauvrir au long des années, du fait tout d’abord d’un certain nombre de transferts de compétences : en 2005, les dispenses des obligations cléricales à la Congrégation pour le Clergé, et en 2011, les procédures de dispense du mariage conclu et non consommé et les causes de nullité de l’Ordination sacrée à la Rote romaine. Et aussi – on serait tenté de dire surtout – à cause du moindre intérêt porté par le Dicastère à des abus liturgiques toujours aussi présents. Un indice permet de saisir la tendance actuelle : dans la revue officielle du Dicastère, Notitiae, on trouvait des réponses officielles à des questions liturgiques d’ordre disciplinaire présentées sous forme de dubia (doutes). Celles-ci ont pratiquement disparu. Autre exemple significatif : dans les années 2001-2005, la Congrégation pour le Culte divin fut saisie de la question de la bénédiction des divorcés remariés civilement en France ; les initiatives se multipliaient au niveau des paroisses et même de certains diocèses qui demandaient l’approbation de formulaires de bénédiction. Les pièces de cet…

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Abbé Thierry Blot , Docteur en droit civil et en droit canonique

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