Saint Gabriel : le Community Manager de Dieu qui nous dit comment être un apôtre

Publié le 24 Mar 2023
gabriel

La fête de l’archange Gabriel qui fit l’annonce à Marie de la demande de Dieu à donner au monde son fils Jésus-Christ nous invite à réfléchir à la façon dont on entend annoncer le Christ. Aujourd’hui. Et demain !

 

Par notre baptême, en tant qu’enfant du Père, frère de Jésus-Christ et temple du Saint-Esprit, nous sommes appelés à manifester la présence de Dieu autour de nous et à diffuser la bonne nouvelle de l’Evangile. Pour mener à bien cette mission, nous ne pouvons pas faire l’économie des modalités pratiques de cette prérogative.

La vérité de la doctrine du Seigneur, la pureté du message évangélique ne relève pas d’une réclame pour produits de lessive. Une authentique démarche missionnaire n’est pas affaire de recette de cuisine ou de slogan publicitaire.

Elle est l’objet d’une docilité à sa Parole, à l’Esprit-Saint et à l’enseignement constant de l’Eglise. Une triple disposition, une triple soumission. Nous n’annonçons pas notre message ou notre programme mais le message de Dieu en étant les serviteurs de ses desseins. D’un seul coup la perspective s’élargit pour celui qui l’ouvre pour la cause de Dieu.

Pour autant, on ne saurait faire l’économie de la forme. Cette dernière, rappelons-le, doit toujours se tenir au service du fond, au risque de s’apparenter à un mauvais vernis qui brille un temps mais fini, inévitablement par craqueler. Seul ce qui est de Dieu demeure. Soigner la forme de la diffusion du message de vie proclamé par le Christ implique donc une certaine exigence, une certaine discipline et un certain tact.

Erreur d’en faire une montagne : « Quand on vous conduira devant les synagogues, les magistrats, les autorités, ne vous mettez point en peine de la manière dont vous vous défendrez, ni de ce que vous direz ; car le Saint-Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire. » (Lc 12, 11-12)

Folie de l’ignorer : « Si j’annonce l’Evangile, ce n’est pas pour moi une gloire, c’est une obligation qui m’incombe » (I Co 9, 14).

Du reste, l’évangile contient en son sein suffisamment d’images/paraboles et de punchline/phrases chocs inspirantes pour qu’un fidèle, enthousiaste et attentif, ne puisse y trouver matière à réfléchir et modèles de support pour annoncer la bonne nouvelle du Christ autour de lui.

Quatre mises en garde seront néanmoins souhaitables à conserver dans son cœur pour se préserver d’une annonce défaillante, insuffisante voire consternante du saint Evangile.

  • Gardons-nous de succomber aux effets d’annonces, en préférant la forme au détriment majeur du fond. Tel prêtre ou tel organe de presse ou telle paroisse serait qualifié d’extraordinaire en fonction de critères mondains.
  • Gardons-nous de modifier l’essentiel du message à annoncer sous prétexte de le rendre plus « absorbable », plus « abordable ». Bien sûr, on ne saurait réduire la mission à l’importance de la fréquentation des sacrements, à la nécessité de l’assistance à la messe dominicale ou au respect de la morale conjugale. Mais on ne saurait aussi s’en exonérer ! L’argument pastoral a ses limites. A force de vouloir ne se fermer aucune porte, on finit par n’en franchir aucune. A force de chercher à toucher un plus grand nombre, le dénominateur commun se trouve si vidé de sa substance qu’il n’est plus en mesure de nourrir les âmes. Déjà, dans sa Lettre aux évêques de l’Eglise Catholique sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles du 1er octobre 1986, le cardinal Ratzinger avertissait : « Il convient de bien faire comprendre que s’écarter de l’enseignement de l’Eglise ou faire silence à son sujet, au motif d’une attention pastorale, n’est ni la marque d’un véritable attention ni celle d’un véritable sens pastoral. Seul ce qui est vrai peut finalement être pastoral. Ne pas prendre en compte la position de l’Eglise, c’est priver des hommes et des femmes homosexuels de l’attention dont ils ont besoin et qu’ils méritent. » Fermer le ban.
  • Gardons-nous de ne rien annoncer du message du Christ, ou d’annoncer habituellement des nouvelles terrestres comme le partage de notre quotidien sur les réseaux sociaux avec moult photos montrant nos derniers achats, les endroits paradisiaques où nous nous trouvons ou ce que nous venons de concocter dans notre assiette… Partageons-nous, avec un même souci, des textes, des prières, des intentions, des lieux saints à nos contacts ? La question mérite d’être posée, tout simplement parce que les réseaux sociaux peuvent constituer de formidables vecteurs de la vérité du Christ.
  • Gardons-nous enfin de diffuser « nos » messages : nos visions, nos sentiments, nos vues. Comme si nous étions des théologiens hors pair, des vaticanistes reconnus ou des spécialistes universitaires. Comme l’archange Saint Gabriel, transmettons le message de Dieu en étant des relayeurs. C’est-à-dire en répétant les vérités, soit celles déjà affirmées soit par la Tradition de l’Eglise, soit celles déjà attestées par l’exemple des saints.

Un baptisé avance le pas, joyeux et ferme, parce qu’il se sait habité d’un message grandiose et qu’il y a du sublime à le diffuser. Un peu de feu dans quelque coin du monde et tous les miracles de grandeur reste incontestablement possibles.

A nous de devenir, humblement et jour après jour, des âmes qui brûlent. De celles qui brûlent de la Force de Dieu pour annoncer le message de la grâce du Christ ! La « Force de Dieu », vraiment ? Oui, absolument ! C’est d’ailleurs la signification même du nom Gabriel, Archange du Très-Haut !

 

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Père Danziec +

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