Sans humilité, nous ne serons jamais exaucés

Lors de la récitation de l’Angélus, dimanche 23 octobre, le Pape a commenté l’Évangile bien connu et si aimé des pécheurs repentis que nous sommes tous plus ou moins : celui du publicain et du pharisien. Nous devons recevoir le message d’humilité qui nous vient de cette parabole évangélique qui met en parallèle la prière d’un publicain et celle d’un pharisien, pour voir le chemin qu’il nous faut emprunter pour plaire à Dieu dans notre prière.

Le publicain pouvait peut-être avoir quelque justification aux péchés qu’il avait commis, de manière à diminuer sa responsabilité. Toutefois ce n’est pas à ces justifications qu’il s’arrête dans sa prière, mais à son indignité devant l’infinie sainteté de Dieu : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis » ! Le pharisien, au contraire, se justifie lui-même, trouvant sans doute une excuse et même une justification à chacun de ses manquements. Nous sommes ainsi confrontés à deux attitudes différentes de la conscience morale de l’homme de tous les temps. Le publicain nous présente une conscience pénitente sincère et vraie qui se rend pleinement compte de la fragilité de sa nature et qui voit dans ses manquements, quelles qu’en soient les justifications subjectives, une confirmation du fait qu’il a besoin de miséricorde et de Rédemption. Le pharisien, au contraire, nous présente une conscience satisfaite d’elle-même, qui est dans l’illusion de pouvoir observer la Loi sans l’aide de la grâce et possède la conviction de ne pas avoir besoin de la miséricorde. Ce n’est ni plus ni moins du pélagianisme. N’ayons donc jamais la témérité de cette arrogance pharisienne qui se vante d’être meilleur que les autres hommes. En fait, nous ne valons pas mieux que les autres. Le comte de Maistre disait justement que cela même qui présente l’apparence de bien chez l’honnête homme devrait déjà suffire à le faire rougir de honte. Restons toujours humbles et ne disons jamais : cela ne m’arrivera pas à moi. Faisons plutôt nôtre la prière de saint Philippe de Néri qui disait : « Seigneur méfiez-vous de Philippe » et n’ayons jamais la présomption de Pierre qui trahit son maître précisément en raison de cette présomption.

Le pape François remarque que cette parabole se situe entre deux mouvements opposés : la prière du pharisien suit un mouvement ascendant, à l’inverse de celle du publicain qui suit un mouvement descendant. Certes, pour aller vers Dieu, nous devons monter et jamais descendre. On sait ce que représente symboliquement la descente vers Jéricho : la descente vers le mal. Et nous l’avons sans doute expérimenté plus d’une fois. Mais nous devons monter tout en nous débarrassant du lourd fardeau de notre moi, et c’est ce que n’a pas su faire le Pharisien. Et de même qu’il y a une fausse montée, il y a aussi une fausse descente. S’il nous faut descendre, c’est de la seule descente qui ne nous procure aucun mal spirituel : la descente de l’humilité. Par elle, nous devenons capables de porter Dieu et donc de grimper. Sans humilité, nous ne serons jamais exaucés. Pire, nous n’obtiendrons jamais la miséricorde de Dieu. Imitons au contraire Marie. C’est parce qu’elle a été petite qu’elle a plu au Seigneur. Elle nous apprendra à nous méfier du narcissisme et du souci de paraître, fruits de l’égoïsme et de la vanité mondaine. Ne nous encensons jamais nous-mêmes. Nous serions trop ridicules. Là où il y a trop de moi, il est certain qu’il y a très peu de Dieu. L’humble servante du Seigneur que fut Marie nous rappellera toujours que « Dieu renverse les puissants de leurs trônes et relève toujours les humbles. »

Une moine de Triors

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