Seule l’humilité conduit à Dieu

Publié le 29 Déc 2021
Seule l'humilité conduit à Dieu L'Homme Nouveau

Comme chaque année, le Pape a réuni la Curie pour les vœux de Noël le 23 décembre.

Nous savons  que Noël est le mystère de Dieu venant dans ce monde par le chemin de l’humilité, la grande synkatabasis dont parlent les Pères après saint Paul. Aussi, cette année, le Pape insiste-t-il sur cette vertu essentielle, malheureusement peu appréciée de nos jours, l’américanisme du début du XXe siècle, qui méprisait les vertus dites passives, l’ayant presque ridiculisée. Pourtant, bien avant le pape François, Pie XII exaltait en ces termes l’humilité : « Toute vie humble, si elle est vécue en Dieu, est une semence de réalités sublimes ; une symphonie éternelle, que la mort ne brise pas, mais épanouit ; et, sur la terre où tout passe, elle est un message de vie immortelle ». Quant à Jean-Paul 1er, qui a pourtant passé peu de temps sur le siège de Pierre, il a placé cette vertu parmi les plus grandes, comme s’identifiant à la vérité, puisqu’elle n’admet ni mensonge, ni flatterie, ni surtout hypocrisie : on est devant Dieu comme on est devant les hommes. Jean-Paul 1er disait : « Même si vous avez accompli de grandes choses, dites : nous sommes des serviteurs inutiles. Nous avons une tendance toute contraire : nous voulons nous mettre en évidence. Humble, humble : c’est la vertu chrétienne qui nous concerne nous-mêmes. »

Le pape François, la veille même de son discours, avait déjà parlé de l’humilité en ces termes : « Seule l’humilité est le chemin qui nous conduit à Dieu et en même temps, précisément parce qu’elle nous conduit à lui, elle nous conduit aussi à l’essentiel de la vie, à son sens le plus vrai, à la raison la plus pure pour laquelle la vie vaut la peine d’être vécue. Seule l’humilité nous ouvre l’expérience de la vérité, de la joie authentique, de la connaissance qui compte. Sans humilité, nous sommes coupés, nous sommes coupés de la compréhension de Dieu et de la compréhension de nous-mêmes, que l’humilité a été la porte d’entrée du Roi des Rois et il nous invite nous tous à franchir cette porte. On ne peut aller de l’avant sans l’humilité et on ne peut aller de l’avant dans l’humilité sans humiliations. Et saint Ignace nous dit demander des humiliations. »

Il n’est pas facile de comprendre ce qu’est la véritable humilité, qui est le résultat d’un changement décisif que l’Esprit Saint lui-même opère en nous à travers l’histoire que nous vivons, comme cela est arrivé à Naaman le syrien. Cet exemple permet au Pape de rappeler à la Curie que chacun doit profiter de ce temps privilégié qu’est Noël pour enlever sa carapace et son armure égoïstes afin d’assumer sa propre humilité, en imitant Jésus, le Verbe de Dieu devenu un enfant fragile. Débarrassés de notre orgueil et de notre égoïsme, nous pourrons davantage prendre conscience de la radicalité de l’Évangile. L’humilité, en effet, nous permet d’habiter avec joie et réalisme la réalité de notre humanité de fils de Dieu, émergée des eaux du baptême. L’orgueil est le contraire de l’humilité et, comme le notait le prophète Malachie, il n’est en réalité que de la paille qui, une fois brûlée, devient cendre pour disparaître complètement. L’orgueil nous fait vivre sans racines et sans mémoire, car il nous enferme dans notre moi, avec le goût amer d’une tristesse qui envahit le cœur, pour permettre au démon de nous imposer son non serviam (je ne servirai pas).

Marie, qui a confié le Magnificat aux lèvres de l’Église en prière, nous apprend à aimer la vraie grandeur qui consiste à être humble et à mettre en pratique l’Évangile qui est la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres, c’est-à-dire aux humbles et aux purs de cœur.

Ce contenu pourrait vous intéresser

A la uneEgliseSynode sur la synodalité

La synodalité dans la tourmente

Le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode des évêques depuis 2019, se confiait le mois dernier sur le synode et les intentions du Pape pour ce dernier. Il s'est notamment exprimé sur les couples homosexuels et le diaconat féminin, rappelant l'attachement du pape François à la théologie du peuple.

+

synod
A la uneEgliseLiturgie

Pour la liberté entière de la liturgie traditionnelle, en vue du redressement de l’Église

Jean-Pierre Maugendre, Directeur général de Renaissance catholique, propose une campagne internationale pour la liberté entière de la liturgie traditionnelle. Malgré la déchristianisation croissante de la société et la crise de l'Église, il rappelle que celle-ci peut renaître par le biais de la liturgie traditionnelle, dont la sûreté doctrinale et la transcendance ont sanctifié ceux qui nous ont précédés pendant des siècles, et contribuent encore à de nombreuses conversions. À condition de lui redonner une liberté pleine et entière, et non pas seulement une tolérance restrictive. 

+

liturgie traditionnelle
ChroniquesEgliseLiturgie

La Pause liturgique : Sanctus 5, Messe Magnæ Deus potentiæ (Mémoires des Saints)

Ce Sanctus du 4e mode a quelque chose de mystique et de majestueux, dans sa simplicité. Il alterne heureusement les formules neumatiques et les passages syllabiques, les progressions par degrés conjoints et les intervalles de tierce, de quarte ou même de quinte, les élans vers l’aigu et les détentes vers le grave. Ce Sanctus a la particularité de n’être représenté que par une seule source manuscrite, allemande, datée de la toute fin du XIIe siècle.

+

sanctus
A la uneEgliseLiturgie

Confirmation : La chrismation chez les Orientaux (3/3)

Dossier : « Quelle place faut-il donner à la confirmation ? » 3/3 | Le sacrement de confirmation est conféré d’une façon bien différente dans les rites orientaux où il est n’est pas séparé du baptême. La cérémonie, proche de ce qui se faisait en Occident aux premiers siècles, revêt donc une forme spécifique et est accompagnée de prières faisant abondamment référence au baptême du Christ.

+

chrismation confirmation