Le 22 juin dernier, les membres de la Fondation Jérôme Lejeune étaient à Rome pour le centenaire de la naissance du professeur. Ils ont été reçus en audience par Léon XIV, qui les a remerciés de leurs actions et les encouragés à poursuivre leur œuvre.
Alors que les débats sur le projet infâme de la loi sur l’euthanasie battent leur plein à l’Assemblée nationale, il est bon de méditer l’allocution que le Pape a adressé aux membres de la Fondation Jérôme Lejeune venus à Rome pour célébrer le centenaire de la naissance de celui qui est désormais vénérable.
Touché par la détresse des enfants porteurs de handicap, le Professeur Lejeune leur a consacré sa vie de chercheur. Sa plus fameuse découverte, celle de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21, fit de lui le précurseur de la génétique moderne, reconnu dans le monde entier ; la longue liste de ses titres honorifiques en témoigne. Il n’eut jamais cependant le prix Nobel, car il était pro vie. Eunice Kennedy, la sœur du Président américain dont nous citons avec plaisir le nom omis par le pape, l’avait prévenu dès 1968.
Médecin par vocation
Le Professeur Lejeune fut un médecin par vocation et n’eut de cesse de travailler pour trouver un traitement, afin de soulager la détresse de ses patients qu’il appelait les « pauvres parmi les pauvres ». Aussi, fidèle à son serment d’Hippocrate, il défendit ardemment la vie et la dignité des plus fragiles, fût-ce au prix de sa carrière. Il disait volontiers : « La médecine, c’est la haine de la maladie et l’amour du malade. »
Conscient de l’excellence académique du Professeur Lejeune et de son inlassable dévouement pour l’Église, saint Paul VI le nomma membre de l’Académie pontificale des Sciences. Par la suite, sa profonde amitié nouée avec saint Jean-Paul II et leur vision commune en faveur de la défense de la vie furent à l’origine de la création de l’Académie pontificale pour la Vie, le 11 février 1994, dont le Professeur Lejeune fut le 1er président éphémère, puisqu’il mourut le jour de Pâques 1994.
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Homme de science et de sagesse, Jérôme Lejeune a rapidement compris que sa découverte scientifique serait utilisée pour éradiquer les personnes porteuses de trisomie 21 avant leur naissance. Il n’hésita pas alors à se faire leur avocat, dénonçant ce nouvel eugénisme, qu’il qualifiait de racisme chromosomique. Ses prises de parole prophétiques le conduisirent à défendre la vie de toute personne humaine en référence à l’inviolable dignité qui a son origine dans l’acte créateur de Dieu. Il conseilla de nombreuses personnes, à commencer par le Roi Baudoin. Ce combat lui valut d’être malmené par beaucoup.
Le Professeur Lejeune était conscient que si la technique peut aider la médecine, elle ne saurait en revanche la remplacer. De plus, il savait que la technique peut être utilisée contre la médecine, ainsi que cela se vérifie lorsqu’elle échappe à tout contrôle éthique indispensable et que prévalent des calculs d’efficacité, de rentabilité ou d’utilité.
Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit. Jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ! Messieurs les députés : Que celui qui a des oreilles, entende.
L’action de la Fondation aujourd’hui
Le Pape se réjouit de la place que la Fondation occupe dans la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Il exprime ses encouragements dans leur engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine, et notamment auprès des pouvoirs publics. Il les remercie de développer la culture de vie à travers la Chaire internationale de bioéthique, qui délivre une formation académique aux différents acteurs en ce domaine.
Il les encourage à travailler pour garantir une éthique médicale au service de la dignité humaine et de la vie et à être des témoins au service de la recherche constante du bien commun, 1er grand principe de l’enseignement social de l’Église. Le bien commun n’exclut aucun de ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Le message et l’œuvre du vénérable Jérôme Lejeune reposent sur l’universalité de la raison et du cœur conjugués. Puisse-t-il inspirer à tous le courage de la vérité. Puisse-t-il nous aider tous à unir sans raideur, la raison et la foi, la parole et les actes, l’absence de jugement sur les personnes et le rejet du mensonge.
Le Pape confie les membres de la fondation à l’intercession de Marie en lui demandant de guider leurs pas, de soutenir leurs efforts et de répandre sa tendresse sur toutes les personnes fragiles et il n’oublie pas bien sûr les « chers protégés » de Jérôme Lejeune.
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