« Une rose à Auschwitz » : un film sur la vie d’Édith Stein

Publié le 29 Avr 2023
Edith Stein

@Saje Distribution

Une rose à Auschwitz, c’est ainsi que se nomme le film de Joshua Sinclair qui retrace la vie étonnante autant qu’édifiante d’Édith Stein, jeune femme juive convertie au christianisme.

Édith Stein, jouée par Zana Marjanovic, est représentée comme une belle jeune femme, aux multiples facettes : brillante dans ses études, très attachée à sa famille, ayant du caractère.

Notre héroïne est la dernière d’une famille juive de 11 enfants, dont quatre mourront en bas âge. Le début du film montre son père réciter les prières juives au début du repas, père auquel elle était très attachée et qu’elle perdra très jeune. Ce deuil est le début de grands questionnements sur Dieu pour Édith, son père ayant eu pour elle en quelque sorte la figure du Père.

Cependant, son côté philosophe ne prend pas beaucoup de place dans le film : sa voix de narratrice dévoile ses doutes, on la voit écrire régulièrement dans son habit de religieuse, on rencontre également le personnage d’Husserl dont elle deviendra l’assistante. Mais aucune allusion à ses œuvres. En revanche, des scènes de discours prononcés pour les droits des femmes reviennent pour marquer son attachement à cette cause, et notamment à celle du droit de vote pour les femmes. Combat qui lui vaudra d’être éloignée de l’université où elle commençait à donner des cours.

Ses questions concernent en grande partie sa foi juive, qu’elle laissera de côté malgré la souffrance de sa mère. Sa conversion est illustrée par une scène qui peut sembler anodine pour des catholiques : Édith entre dans une cathédrale et voit arriver une femme avec son panier de courses. Celle-ci s’arrête un bref instant pour ses dévotions et repart, comme lors d’une visite. La jeune femme aurait été touchée par ce moment de prière tout simple qu’elle n’avait jamais vu à la synagogue, à laquelle on ne vient que pour les offices.

Le film met particulièrement l’accent sur l’histoire de cœur d’Édith Stein avec un soldat rencontré pendant la Première Guerre mondiale. Si Hans Lipps semble bien être devenu un de ses amis philosophes, qui lui demandera sa main par la suite, le récit insiste de son côté sur le combat intérieur qu’aurait vécu l’héroïne qui aurait renoncé à lui en persévérant dans sa vocation religieuse alors même qu’elle l’aurait aimé. On pourra s’interroger sur la véracité de cette relation.

Tout en songeant au Carmel – notamment après avoir lu sainte Thérèse d’Avila –, celle qui prendra le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix n’en reste pas moins juive. Elle écrira au Saint-Père pour lui demander de condamner un gouvernement allemand qui ne respecte pas la personne humaine tout en se disant chrétien.

Elle n’abandonnera jamais son peuple, tout comme sa sœur Rosa, convertie également au christianisme, qui refusera le plan d’évacuation montée par Édith pour la sauver : elles seront toutes les deux arrêtées et emmenée à Auschwitz, pour y mourir dans les chambres à gaz, scène qui n’est pas représentée à l’écran.

Toute l’histoire de cette religieuse canonisée en 1998 par Jean-Paul II est racontée à travers le prisme de l’enquête journalistique d’un certain Michael Praeger. Les allers-retours entre le temps de l’enquête et le temps d’Édith Stein sont assez fréquents : le journaliste rencontre notamment sa sœur Erna et son père spirituel qui lui confient tout ce qu’ils savent de cette personnalité si intrigante. On comprendra que le jeune Michael a croisé cette dernière dans un train bondé de juifs…

Bien que les images soient belles, ce film n’est pas à mettre devant tous les yeux : certaines scènes, notamment celle du trajet en train vers le camp de concentration, peuvent être trop émouvantes pour des enfants. Il s’agit cependant d’un beau film pour découvrir cette sainte étonnante dont la vie est riche d’enseignements. Le support cinématographique ne pouvant rendre compte de tout, il faudra simplement garder en tête que des approximations historiques peuvent être faites.

 

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