Le 13 mars a eu lieu le cours annuel sur le for interne dispensé par le Tribunal de la Pénitencerie depuis plus de 35 ans. Le pape Léon XIV y a prononcé une allocution insistant sur la nécessité de chrétiens repentis pour l’édification continue de l’Église.
Comme chaque année depuis Jean Paul II, le Tribunal de la Pénitencerie organise un cours sur le for interne. Benoît XVI avec sa sagesse théologique, ainsi que le pape François qui a toujours eu une grande attention pour le visage miséricordieux de l’Église, continuèrent à encourager les organisateurs, pour revaloriser le sacrement de pénitence ou de réconciliation, tant déprécié par beaucoup après le Concile, malgré les avertissements répétés de Paul VI.
Pour lutter contre l’éloignement du confessionnal, Jean-Paul II avait d’ailleurs convoqué sur ce sujet le Synode de 1983, à la suite duquel il publia l’exhortation Reconciliatio et paenitentia, qui mit les choses au point, concernant notamment les absolutions collectives.
Léon XIV entend poursuivre le service rendu par la Sacrée Pénitencerie, afin que le sacrement de la réconciliation soit toujours mieux connu et correctement célébré. Ce sacrement a connu dans l’histoire un développement important, tant dans la compréhension théologique que dans la forme de sa célébration. L’Église, mère et maîtresse, en a progressivement reconnu le sens et la fonction.
Pourtant, la possibilité de la confession fréquente n’a pas toujours été bien accueillie par les baptisés. Le trésor infini de la miséricorde de l’Église est malheureusement souvent resté inutilisé. Beaucoup de chrétiens préférèrent demeurer longtemps en état de péché plutôt que de s’approcher du confessionnal avec simplicité de foi et l’espérance d’accueillir le don de la miséricorde du Seigneur ressuscité.
Le IVᵉ Concile du Latran, en 1215 établit que chaque chrétien était tenu à la confession sacramentelle au moins une fois par an ; et le Catéchisme de l’Église catholique au n° 1457 et le Code de droit canonique au n° 989 ont confirmé cette règle : tout fidèle est tenu de confesser fidèlement ses péchés graves au moins une fois par an.
Saint Augustin affirmait que celui qui confesse ses péchés « agit déjà avec Dieu ». Reconnaître nos péchés signifie nous mettre d’accord avec Dieu. Ce sacrement est alors un laboratoire d’unité, car il rétablit l’unité avec Dieu, à travers le pardon des péchés et l’infusion de la grâce sanctifiante. Il rétablit aussi l’unité intérieure de la personne et l’unité avec l’Église. Le Pape se demande ce qui pourrait advenir si ceux qui portent de graves responsabilités dans les conflits armés avaient l’humilité et le courage de faire une sérieuse confession.
L’homme peut-il vraiment rompre l’unité avec le Créateur ? En réalité, le péché ne rompt pas l’unité entendue comme dépendance ontologique de la créature envers le Créateur, car le pécheur demeure totalement dépendant de son Créateur, ce qui peut ouvrir le chemin de la conversion. Mais le péché rompt l’unité spirituelle avec Dieu. Le pécheur tourne le dos à Dieu. C’est un drame aussi réel que le don de la liberté. Nier la possibilité que le péché rompe réellement l’unité avec Dieu signifie méconnaître la dignité de l’homme, qui demeure libre et responsable de ses actes.
Il faut prier Marie pour que les prêtres aient toujours une vive conscience de la très haute mission que le Christ lui-même, à travers l’Église, leur confie par le sacrement de la réconciliation. Combien de prêtres sont devenus saints dans le confessionnal ! Le Pape donne en exemple saint Jean-Marie Vianney, saint Léopold Mandić, saint Pio de Pietrelcina et le bienheureux Michał Sopoćko. Et je pense aux nombreuses confessions qui ont lieu depuis les années quatre-vingt dans les grands pèlerinages en particulier Medjugorje ou lors des rencontres des JMJ.
L’unité rétablie avec Dieu est aussi l’unité avec l’Église, corps mystique du Christ. L’Église, appelée à être maison de miséricorde, serait incompréhensible si l’on ne partait pas de la racine qu’est Jésus Christ ressuscité. L’Église accueille les personnes parce qu’elle accueille continuellement son Seigneur dans la Parole écoutée et proclamée et dans la grâce des sacrements. Dans la célébration de la confession, tandis que les pénitents sont réconciliés avec Dieu et avec l’Église, l’Église elle-même s’édifie, et est enrichie par la sainteté renouvelée de ses enfants repentants et pardonnés. Dans le confessionnal, le prêtre collabore à l’édification continue de l’Église, une, sainte, catholique et apostolique, et donne de nouvelles énergies à la société et au monde.
L’unité avec Dieu et avec l’Église est le présupposé de l’unité intérieure des personnes. Les promesses non tenues d’un consumérisme effréné et l’expérience frustrante d’une liberté détachée de la vérité peuvent se transformer, par la miséricorde divine, en occasions d’évangélisation. Dieu s’est fait homme pour nous sauver, et il le fait aussi en éduquant notre sens religieux, notre recherche irrépressible de vérité et d’amour, afin que nous puissions accueillir le Mystère en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être.
Celui qui dépose, avec l’aide maternelle de Marie, les armes de l’orgueil et se laisse renouveler par le pardon de Dieu, devient un artisan de réconciliation dans la vie quotidienne.
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