Y a-t-il une vie après la mort ?

Publié le 26 Juin 2017
Y a-t-il une vie après la mort ? L'Homme Nouveau

À Fatima, Notre Dame a rappelé tout l’enjeu de notre vie ici bas pour préparer notre éternité. Pourtant la question de la mort reste toujours en suspens, elle inquiète, et la fuire semble aujourd’hui l’antidote le plus courant. Le Père Jean-Marc Bot propose dans son ouvrage Les mystères de la vie éternelle, de s’y confronter. Il expose ainsi les mystères de l’enfer, de la fin du monde et du paradis. 

Chercher à percer les mystères de la vie éternelle n’est-il pas au-dessus de notre entendement ?

Jean-Marc Bot: Mon livre ne vise pas à « percer » les mystères mais à les exposer et les annoncer, dans le contexte de notre culture contemporaine. C’est ce que faisait Jésus en utilisant les paraboles. À propos du bon grain et de l’ivraie, il répond au questionnement de ses apôtres avant de leur offrir son interprétation : « C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous forme de paraboles » (Mc 4, 11 ; Mt 13, 11 ; Lc 8, 10). Ce qui est caché le plus souvent aux sages et aux savants est volontiers révélé aux touts petits qui n’ont aucune prétention théologique. Ma meilleure satisfaction est de savoir, par exemple, que Thérèse de Lisieux, à l’âge de 14 ans, a puisé dans la lecture du livre du père Charles Arminjon intitulé « Fin du monde présent et mystères de la vie future » l’une des plus grandes grâces de sa vie.

Peut-on désirer la mort, qui conduit vers Dieu, ou est-ce une fuite ?

Dans la mesure où l’on reste fidèle à sa vocation, le désir de la mort peut très bien représenter une tentation de fuite. C’est le combat intérieur de saint Paul dans sa lettre aux Philippiens, écrite depuis la prison où il est détenu : « Pour moi vivre c’est le Christ et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. De cela je suis convaincu. Je sais donc que je resterai, et que je continuerai à être avec vous tous, pour votre progrès et votre joie dans la foi » (Ph 1, 21-25).

Pourquoi Dieu a-t-il laissé le pouvoir de la mort au démon, avant l’arrivée du Christ ?

Dans ce qu’on appelle « le pouvoir de la mort » il faut distinguer la dimension physique de la dimension spirituelle. La mort physique est à la fois une loi naturelle et une conséquence du péché des origines. Ce qui veut dire que la vocation initiale de l’homme dépassait l’ordre naturel. Le rôle du démon dans la chute originelle est important mais second. Son pouvoir n’est pas directement lié à la mort physique mais au péché et à la mort spirituelle. La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère, mais nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment (Rm 8, 28). Selon son plan à long terme il fallait attendre l’accomplissement du mystère pascal pour que les hommes retrouvent l’accès au Ciel, de telle manière que Jésus soit le premier-né d’entre les morts et qu’il ait, en tout, la primauté.

Il y a des personnes en enfer. Comment expliquer le scandale de la liberté de l’homme ?

JMB : La liberté de l’homme est une merveille inouïe, comme celle de l’ange. Créer des minéraux, des végétaux, des animaux, à profusion, dans un univers immense, rien de plus facile pour Dieu. Mais créer des êtres libres, capables de lui échapper, voilà le plus grand des mystères. Il n’y a pas d’autre explication que le bon plaisir de Dieu, avec sa joie d’offrir aux anges et aux hommes une participation volontaire à sa plénitude éternelle. Le scandale vient seulement du choix obstiné de certains anges et de certains êtres humains. Du côté de Dieu on peut parler du mystère du risque. En ce sens, dès la fondation du monde, « les ténèbres couvraient l’abîme » et « l’agneau de Dieu était immolé ». Il importe de méditer ce mystère redoutable en évitant de prétendre l’expliquer et le comprendre intellectuellement (cf. Le combat de Jacob, du père Molinié).

Doit-on craindre la fin du monde ?

Oui, si c’est une crainte salutaire. On devrait prendre très au sérieux le sixième sceau de l’Apocalypse annonçant le grand jour de la colère (Ap 6, 15-17). La fin du monde présent est annoncée dans le Nouveau Testament comme une épreuve extrême. Ce sera l’accomplissement total de la justice divine, après que toutes les ressources de la miséricorde aient été répandues sur l’humanité. Jésus va jusqu’à dire que la détresse de ces derniers temps sera la pire de toute l’histoire humaine (Mc 13, 19).

L’attente finale est-elle inscrite dans le cœur de chaque être humain ?

Les mystere de la vie eternelle

La vision biblique du futur nourrit la vertu théologale d’espérance, propre aux chrétiens. Pourtant elle comble une attente universelle, consciente ou non, celle de la justice parfaite pour tous. C’est ce que disait le pape Benoit XVI : « Je suis convaincu que la question de la justice constitue l’argument essentiel, en tout cas l’argument le plus fort, en faveur de la foi dans la vie éternelle. » (Encyclique Spe Salvi, n. 43). C’est pourquoi nous annonçons, comme une excellente nouvelle, l’avènement final d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle où régneront justice et paix, vérité et amour.

Pour aller plus loin : Jean-Marc Bot, Les mystères de la vie éternelle, Éditions Artège, 217 p, 16, 90 €.

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