L’aventure humaine

Publié le 19 Oct 2024
aventure humaines
> Carte blanche de Judith Cabaud

  En 2024, à la suite des Jeux olympiques et para-olympiques de Paris, nous sommes plongés dans une méditation sur l’être humain. L’énergie déployée par ces hommes et ces femmes défie la gravité, la pesanteur et la lenteur de la matière ; la performance des athlètes et leur envie de se surpasser suscitent l’admiration de tous. Combien de sacrifices et d’efforts dans une ascèse quotidienne sont-ils nécessaires à la préparation de tels exploits ? Le but poursuivi : être le meilleur pour soi-même ou pour les autres.   Dans la biosphère, la nature se surpasse aussi d’une manière analogue – la croissance de l’embryon, puis du fœtus, poursuit un processus aussi automatique qu’improbable. Par quel miracle une simple division cellulaire de départ aboutit-elle à un être humain ? Plus on explore la science, plus on se rapproche du Dieu créateur, disait Einstein. La recherche entreprise ici sur le chemin de la raison, me semble-t-il, est largement aussi enthousiasmante que la perspective d’une médaille d’or, d’argent ou de bronze. 

L’aventure de l' »humain »

Dans l’aventure humaine, on est créé homme ou femme, égaux en nombre selon la loi de la statistique. Sur la route de la Providence, on rencontre son semblable complémentaire et, bien que l’on ne se connaisse que depuis peu de temps, on s’engage à revivre la Création. C’est le plus grand pari du monde – le mariage ! On ne tarde pas à voir apparaître des ovnis – des petites créatures charmantes que l’on ne devinait pas auparavant, et qui viennent peupler le foyer du couple. Voilà donc où commence le défi contre la fatigue et la pesanteur : élever et éduquer des enfants est une performance en soi qui entraîne de l’ascèse et des sacrifices pour les parents, de vrais athlètes qui s’ignorent. Les applaudissements de la foule et les récompenses immédiates restent absents et, contrairement aux sportifs de haut niveau assumant le succès ou l’échec, on les critique plutôt. Les parents sont tenus pour responsables de tout ce qui ne va pas dans la société, alors que les spectateurs sont confortablement installés derrière leur écran de télé.   De nos jours, les pères et mères de famille sont dignes de louanges dans leur courage, car ils croient en l’avenir. La famille n’intéresse pas les politiciens au-delà des urnes. Elle est pourtant le creuset naturel…

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Judith Cabaud

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