Foyers chrétiens (3/4) | La vie conjugale, chemin de sainteté

Publié le 26 Sep 2025
saints

Saints Priscille et Aquila, amis et soutiens de saint Paul, honorés par l’Église depuis les premiers siècles.

> DOSSIER « Les foyers chrétiens : modèles de sainteté »
De nombreux couples ont manifesté la fécondité spirituelle du mariage chrétien, voie ordinaire mais exigeante de sanctification. Entre joies et épreuves, leurs vies rappellent que le sacrement du mariage, souvent fragilisé aujourd’hui, est aussi une source de grâce et un appel partagé à la sainteté.

  Nous fêterons en octobre prochain les dix ans de la canonisation de Louis et Zélie Martin, parents (entre autres) de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la servante de Dieu Léonie Martin (en religion sœur Françoise-Thérèse). Cet événement sans précédent faisait suite à la béatification de Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, premier couple élevé conjointement sur les autels de l’Église par le pape Jean-Paul II en 2001.

Une nouveauté

Ces deux cas semblent introduire une nouveauté dans la pratique de l’Église, parfois saluée comme une reconnaissance indispensable, quoique tardive, de la légitimité et de la fécondité de la vocation au mariage. Nous voulons introduire ici un éclairage théologique appuyé sur le témoignage de vie de quelques couples saints (notamment ceux dont l’expérience est relatée dans l’ouvrage Couples de feu et de foi de Raphaëlle Simon [1]).  Dans la pratique des souverains pontifes récents qui ont tenu à honorer ensemble les époux Martin ou Beltrame Quattrocchi, qui seront peut-être un jour suivis par d’autres couples (Frédéric et Marie Ozanam, Félix et Élisabeth Leseur, Charles et Zita de Habsbourg, Baudouin et Fabiola de Belgique, Enrico et Chiara Petrillo…), il faut certainement voir une volonté explicite de manifester la dimension proprement spirituelle du sacrement de mariage et l’appel commun à la sainteté des foyers chrétiens.  Il importe cependant de rappeler que la canonisation est un acte magistériel qui concerne individuellement une personne. En effet notre vie spirituelle a pour siège le plus intime de notre âme, dont l’individualité est proprement irréductible, quoiqu’elle puisse être moralement unie, jusqu’à un degré très élevé, à celle d’un ami, d’un époux, et plus encore à Dieu lui-même. Ainsi la sainteté est une caractéristique propre de chaque personne, correspondant à l’intensité de la charité et de la grâce sanctifiante résidant en son âme.

Une gageure ?

Un doute peut donc s’élever quant à l’opportunité de canoniser conjointement des époux dont les existences, quoique liées par le sacrement, ont parfois été très différentes : que penser de Louis Martin, demeuré veuf dix-sept…

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Abbé Paul Roy, fssp

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