Dédicace de Saint-Anselme : les monastères doivent être des « écoles du service du Seigneur »

Publié le 19 Nov 2025
Saint-Anselme

Mosaïque de l’église Saint-Anselme (Rome). © Simon Pi, CC BY-SA 4.0

Le pape Léon XIV a célébré la messe au monastère et collège Saint-Anselme le 11 novembre dernier, pour les 125 ans de la dédicace de l’église, le 11 novembre 1900.

 

Pour le 125 anniversaire de la dédicace de l’église de Saint-Anselme le 11 novembre dernier, le Pape s’est rendu à l’abbaye près de laquelle se trouve le Collège international voulu par Léon XIII, pour continuer à renforcer la présence bénédictine dans l’Église et dans le monde. L’Église et l’Europe doivent tant à saint Benoît. Dans son bref Pacis nuntius du 24 octobre 1964 proclamant saint Benoît patron de l’Europe, saint Paul VI avait reconnu que saint Benoît et ses fils avaient réalisé l’Europe chrétienne « par la Croix, le Livre et la charrue ».

Pour Léon XIV, le monachisme a été depuis ses origines une réalité de frontière, grâce à ses foyers de prière, de travail et de charité, dans des lieux souvent reculés et inaccessibles, transformant des régions incultes en zones agricoles et forestières riches. Que n’ont fait par exemple les fils de Citeaux en Scandinavie et en Europe centrale.

Les monastères ont toujours été des lieux de paix, d’hospitalité et d’unité. Pensons à saint Bernard, saint Grégoire VII et surtout saint Grégoire le Grand qui ont œuvré à l’unité de l’Église, gravement menacée de leurs temps.

De nos jours, les mêmes défis se présentent, accentués encore en raison des changements soudains et rapides dus à la technologie moderne, mais aussi à l’apostasie du monde souvent causée par celle-là, car l’humanité est vraiment retombée dans ce que saint Jean-Paul II appelait la métatentation des origines : « Vous serez comme des dieux. » Cela ne se réalisera que si, à l’école de saint Benoît et de saint Pierre, nous centrons tout sur le Christ.

Toute la vie du moine est une recherche de Dieu, dans la Liturgie, la lectio divina, le travail et même le repos, les fameux trois 8 pour décrire la journée bénédictine. Tous les monastères, à commencer par Saint-Anselme, doivent être des « écoles du service du Seigneur ».

Collège Saint-Anselme

Le Collège Saint-Anselme (Rome) a été fondé en 1887. © Simon Pi, CC BY-SA 4.0

Pour poursuivre son enseignement, le Pape commente alors les textes bibliques de la messe. La première lecture, tirée de la Torah d’Ézéchiel, nous présente l’image du fleuve qui jaillit du temple et qui s’harmonise parfaitement avec l’image du cœur pompant la lymphe vitale du sang dans le corps pour que chaque membre puisse en bénéficier. Il en va ainsi de tout le Corps mystique, selon l’image paulinienne.

Oui, l’Église est vraiment bâtie sur le roc qu’est le Christ, comme l’enseigne saint Pierre dans la deuxième lecture. Le Pape souhaite alors que Saint-Anselme soit le lieu duquel tout part et auquel tout revient pour trouver vérification, confirmation et approfondissement devant Dieu.

Le Pape termine en faisant l’éloge de la dédicace des églises. Les églises sont des édifices sacrés. Ils sont la maison de Dieu. Il cite alors le n. 2 de la Constitution conciliaire sur la liturgie, Sacrosanctum concilium, l’une des plus belles pages du Concile :

« Il appartient en propre à l’Église d’être à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l’action et occupée à la contemplation, présente dans le monde et pourtant étrangère. Mais de telle sorte qu’en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible, à l’invisible ; ce qui relève de l’action, à la contemplation ; et ce qui est présent, à la cité future que nous recherchons. »

Et je permets de rajouter la fin de ce n. 2 :

« Aussi, puisque la liturgie édifie chaque jour ceux qui sont au-dedans pour en faire un temple saint dans le Seigneur, une habitation de Dieu dans l’Esprit, jusqu’à la taille qui convient à la plénitude du Christ, c’est d’une façon étonnante qu’elle fortifie leurs énergies pour leur faire proclamer le Christ, et ainsi elle montre l’Église à ceux qui sont dehors comme un signal levé devant les nations, sous lequel les enfants de Dieu dispersés se rassemblent dans l’unité jusqu’à ce qu’il y ait une seule bergerie et un seul pasteur. » 

Que Marie nous aide à embellir le Temple du Saint-Esprit que nous sommes.

 

>> à lire également : La messe n’est pas dite : Zemmour réclame une bouée trouée

 

Un moine de Triors

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