Léon XIV : Renaître à la lumière à la suite de saint Étienne

Publié le 07 Jan 2026
Étienne
Pour l’Angélus du 26 décembre 2025, fête de saint Étienne, le pape Léon XIV a prononcé une allocution sur le premier martyr de l’Eglise, celui qui a tracé le chemin vers la lumière.

 

Le 26 décembre, c’est la Noël de saint Étienne, son dies natalis, comme le disaient les premières générations chrétiennes, certaines que l’on ne naît pas qu’une seule fois, comme l’avait déjà dit Jésus à Nicodème. Le martyre est en effet une naissance au Ciel. Même dans la mort violente qui est en elle-même un meurtre, un regard de foi ne voit plus seulement l’obscurité. Nous venons au monde sans le décider, mais nous traversons ensuite de nombreuses expériences qui nous demandent de manière toujours plus consciente de venir à la lumière, de choisir la lumière.

Que l’on relise ici la fin de l’entretien avec Nicodème : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal, hait la lumière, de peur que ses œuvres ne soient blâmées. Mais celui qui accomplit la vérité vient à la lumière, de sorte que ses œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu.

Le livre des Actes des Apôtres témoigne que ceux qui ont vu Étienne aller vers le martyre ont été surpris par la lumière de son visage et de ses paroles : « Tous ceux qui siégeaient au Conseil suprême avaient les yeux fixés sur Étienne, et ils virent que son visage était comme celui d’un ange. » C’est le visage de celui qui ne quitte pas l’histoire avec indifférence, mais qui l’affronte avec amour.

Tout ce qu’Étienne fait et dit représente l’amour divin apparu en Jésus, la Lumière qui brille dans nos ténèbres. De nos jours aussi, la lumière a été répandue par tous les martyrs des XXe et XXIe siècles. Un exemple : les bourreaux nazis ne pouvaient pas supporter le regard lumineux de saint Maximilien Kolbe.


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La naissance parmi nous du Fils de Dieu nous appelle à la vie de fils de Dieu qu’elle rend possible par attraction dès la nuit de Bethléem, grâce à l’humilité lumineuse de Marie, de saint Joseph et des bergers. Mais Siméon a dit aussi à Marie que son Fils serait un signe de contradiction. La vie de Jésus, dès sa naissance à Bethléem, et celle de ceux qui le suivent sont aussi une beauté rejetée qui devient également force d’attraction, suscitant la réaction de ceux qui craignaient pour leur pouvoir, de ceux qui étaient démasqués dans leur injustice, par une bonté qui révélait les pensées des cœurs.

Et jusqu’à aujourd’hui, aucune puissance n’a pu prévaloir sur l’œuvre de Dieu. Partout dans le monde, il y a eu et il y aura les deux cités : le clan de ceux qui choisissent la justice, même si cela leur coûte, qui font passer la paix avant leurs peurs et servent les pauvres plutôt qu’eux-mêmes ; et à l’opposé, le clan de ceux qui, sous la tutelle esclavagiste du prince de ce monde, servent la Trinité diabolique dépeinte dans l’Apocalypse, adonnés qu’ils sont à la triple concupiscence. D’un côté nous avons l’espérance qui germe avant d’éclore, de l’autre le désespoir qui peut mener au suicide, comme ce fut le cas pour Judas.

Dans les conditions d’incertitude et de souffrance du monde actuel, la joie semble impossible. Ceux qui croient aujourd’hui en la paix et ont choisi la voie désarmée de Jésus et des martyrs sont souvent ridiculisés, écartés du débat public et souvent accusés de favoriser les adversaires et les ennemis. Ils sont, comme on l’a dit récemment, des complotistes. Mais les chrétiens n’ont pas d’ennemis, ils ont des frères et sœurs, qui restent et resteront toujours tels.

Le mystère de Noël nous apporte cette joie : une joie motivée par la ténacité de ceux qui vivent déjà la fraternité, de ceux qui reconnaissent déjà autour d’eux, même chez leurs adversaires, la dignité indélébile des filles et des fils de Dieu. C’est pourquoi saint Étienne est mort en pardonnant, comme Jésus : « Père pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. »

La force des martyrs, semence de chrétiens, est plus vraie que celle des armes, car c’est une force gratuite, déjà présente dans le cœur de tous, qui se réactive et se communique de manière irrésistible lorsque quelqu’un commence à regarder son prochain différemment, à lui offrir attention et reconnaissance. C’est cela la renaissance promise à Nicodème, c’est cela venir à nouveau à la lumière, c’est cela notre Noël !

Que Marie, la toute puissance suppliante, bénie entre toutes les femmes qui sont au service de la vie et opposent la bienveillance à l’arrogance, la foi au découragement, nous porte dans sa joie qui fait disparaître toute peur et toute menace comme la neige fond au soleil.

 

>> à lire également : Notre quinzaine : des racines pour l’éternité

 

Un moine de Triors

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