La pause liturgique | Sanctus 13, Stelliferi Conditor orbis (Fêtes des saints)

Publié le 10 Jan 2026
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Messe Stelliferi Conditor orbis

 

Commentaire musical

Sanctus 13 Partition sanctus

 

Le Sanctus XIII n’est représenté que par deux sources : une anglaise en provenance de Norwich, datée du XV siècle ; et une française, de Paris, datée précisément de 1508. À cette époque, l’Université de Paris était encore en grande relation avec l’Angleterre. Il est donc probable que ce Sanctus répertorié pour la première fois à Norwich soit effectivement d’origine anglaise.

Il est pratiquement syllabique, à quelques exceptions près. L’accent des deux premiers Sanctus est doté d’un podatus ; de même la syllabe faible de Sábaoth ; l’accent du premier hosánna, le in et la première syllabe de excélsis ; l’accent de venit, celui de nómine ; les deux dernières syllabes du deuxième hosánna et la première syllabe de excélsis : en tout 13 syllabes sur 44 sont neumées, et très simplement.

Nous sommes en présence d’un 8 mode, ferme, bien appuyé sur sa tonique Sol sur laquelle s’achèvent toutes les phrases musicales. Il s’élève régulièrement jusqu’au Do, dominante du mode, qu’il dépasse une seule fois, sur son sommet mélodique qui lui fait atteindre le Ré sur l’accent de cæli et sur celui de terra, et même le Mi sur la finale de cæli. En dehors de cela, il évolue entre le Sol et le Do, descendant également dans la quarte inférieure Sol-Fa-Mi-Ré. Toute la composition se déploie autour du Sol.

C’est un 8 mode, mais son caractère majoritairement syllabique en fait certainement un des Sanctus grégoriens les plus légers, les plus enthousiastes. En fait il est assez contrasté, passant de l’élan bien marqué à une période beaucoup plus intérieure. Il a une forme déclamatoire qui le rend particulièrement apte à être chanté par une foule.

Les deux premiers Sanctus sont construits de manière identique ; un podatus d’accent et un punctum pointé, mais mélodiquement, le second est plus grave que le premier, et tandis que l’attaque des deux syllabes du premier se faitt sur la même note, Sol, l’accent du second est placé sur un Mi et la finale sur le Ré.

Le second Sanctus est donc en retrait par rapport au premier, il doit être chanté moins fort : question de nuance, car déjà, en fait, sur cette finale du second Sanctus, un crescendo léger s’amorce pour aller vers le troisième Sanctus qui, lui, est tout en élan vers la suite, remontant jusqu’au Sol pour s’envoler ensuite vers le Do de l’accent de Deus. La cadence de cette première phrase, après ce bel élan qui doit s’accompagner d’un crescendo, revient se fixer sagement sur le Sol, avec un appui sur la sous-tonique Fa (finale de Sáboth).

La deuxième phrase constitue le sommet de toute la pièce, et c’est sur le mot cæli qu’il est atteint de façon bien suggestive. Pleni sunt part du Sol en grand élan vers cæli, et après ce sommet, la courbe mélodique nous ramène vers le double Sol de tua. Toute cette seconde phrase est parfaitement syllabique, très légère.

Le premier hosánna plonge d’abord vers le grave, atteint le Mi, puis remonte sur in excélsis jusqu’au Si naturel et revient se fixer sur le Sol.

La phrase suivante ne reproduit pas l’élan de pleni sunt cæli et terra, elle part du Sol et y revient à la fin, mais entre les deux elle a tendance à se déployer vers le grave, autour du Mi, et même jusqu’au Ré grave. C’est donc un passage beaucoup plus doux, plus intérieur.

Par contre, le second hosánna jaillit à partir du Sol vers les deux Do, ultime petit sommet de ce Sanctus, avant un retour définitif à la tonique Sol.

Voilà un Sanctus facile et expressif que la foule peut aisément apprendre et chanter. Il représente assez bien ce que peut et doit être un Sanctus : un chant de louange et de reconnaissance.

 

>> à lire également : Notre quinzaine : des racines pour l’éternité

 

Un moine de Triors

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